UNE IDEOLOGIE COLONIALE

 

 

 

Exterminons la race indigène

Systématiquement spoliées de leurs terres, subissant les ravages commis par le bétail des colons qui divaguent dans leurs cultures, exaspérées par les corvées incessantes... certaines tribus kanak de Nouvelle-Calédonie entrent en révolte, le 25 juin 1878, et attaquent des fermes de colons faisant une trentaine de morts. Le gouverneur Olry note : « L'exaspération des colons est portée au paroxysme. Ils ne réclament rien moins que l'extermination en masse par tous les moyens de la race indigène. » L'armée intervient, aidée par des membres de « tribus alliées », mais aussi par des bagnards communards, désireux de « défendre la civilisation contre les sauvages »...

 Jean-Baptiste Olry donne l'ordre de ne faire aucun prisonnier. « À chaque rencontre, on en a tué quelques-uns, on n'en a jamais pris vivants [...] On a brûlé tous leurs villages, détruit toutes leurs cultures [...] Les femmes ont été données aux tribus alliées. » Au bout d'un an, la révolte est écrasée et les Kanak survivants seront déportés pour libérer des terres pour la colonisation.
D'après le Réseau Volaire



 

La glorieuse campagne de pacification de Bugeaud et Pelissier

Pour la conquête totale de l'Algérie, le général-gouverneur Bugeaud mène à partir de 1841 une « guerre de ravageur » fondée sur la razzia et la dévastation systématique des régions insoumises. En 1845, l'insurrection reprend un peu partout dans les « régions pacifiées » à l'appel des confréries d'Abou Maza, le mahdi envoyé du Prophète. Outre la consigne de ne faire aucun prisonnier, d'empoisonner les puits et de donner les femmes en esclaves aux supplétifs, Thomas Bugeaud conseille à ses subordonnés : « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, enfumez-les à outrance comme des renards ». La répression est rapide et rigoureuse : le colonel Pélissier n'hésite pas à asphyxier plus de 1 000 personnes, hommes, femmes et enfants de la tribu des Ouled Riah, réfugiés dans la grotte de Ghar-el-Frechih : « Il faut détruire leurs petits, comme les renards ». Interpellé par l'opposition à l'Assemblée, Aimable Pélissier répond : « La peau d'un seul de mes tambours avait plus de prix que la vie de tous ces misérables ». Encore aujourd'hui, il existe en France une centaine de rues Bugeaud ou avenues Pelissier.
Réseau Voltaire
  
 


 

 

 



EXTERMINEZ TOUTES CES BRUTES : UNE IDEOLOGIE COLONIALE AU COEUR DE L'OCCIDENT.


Relégués aux oubliettes de l'Histoire, les massacres à caractère génocidaire ont pourtant été le lot commun de la pacification coloniale. Dans le Congo (Belge) de Léopold II , Adam Hoschild (les fantômes du roi Léopold un holocauste oublié. Ed. Belfond)  en s'appuyant sur des chiffres démographiques et sur les travaux d'historiens spécialistes du sujet estimait que le nombre de morts avoisinait les dix millions soit l'équivalent de la moitié de la population du Congo avant la mission civilisatrice et exterminatrice de Léopold II . Même constat dans l'Oubangui-Chari français selon Stephen Smith et Géraldine Faes ( Bokassa Ier, un empereur français ). Oui l'histoire de la pacification coloniale en Afrique noire est une succession de massacres à caractère génocidaire, lorsqu'il ne s'agissait pas tout simplement du recours à la solution finale et aux camps de concentration par les troupes du Kaiser Guillaume II en Namibie, véritable préfiguration de la Shoah (Le peuple Héréro, le premier génocide du XXè siècle ).  Mais il en fut de même en Afrique du nord à en croire les nombreux travaux d'historiens faisant référence sur la question.
Lounis Aggoun et Jean-Baptiste  dans leur livre " Françalgérie, crimes et mensonges d'états " évoque le chiffre de 700.000 morts lors de la pacification coloniale de l'Algérie par les troupes de Bugeaud et Pélissier au service de l'empire. Ci-contre on trouvera des exemples de l'idéologie règnante au sein de la coloniale : « Exterminez toutes ces brutes ». Une idéologie coloniale fondée sur un discours sur la race qui ne tardera pas à se retourner contre l'Occident. Oui le colonialisme a  quelquechose à voir avec le fascisme, le viol, le pillage et les crimes contre l'humanité ! Et le néocolonialisme n'en est que sa prolongation évidente. Penser que les Africains en sont sortis indemnes et que ces évènements du passé n'ont  aucun impact sur la réalité actuelle de ces pays relève d'une imposture cultivée ici par certains  négrophobes. De la construction du réel et de la falsification de l'histoire, du refus de penser au déni de réalité : une longue généalogie du crime constamment réactualisée (Cameroun, Biafra, Rwanda, Angola , Tchad, Congo ...) avec à la clé la fabrique de l'opinion publique .

« A l'issue de ces années   d'horreur, l'Algérie a perdu le quart de sa population : de 1830 à 1849, sur une population estimée à 3 millions d'habitants à l'arrivée des Français, la conquête fait 700.000 morts .  »
Françalgérie, crimes et mensonges d'états , p.24

«J'ai souvent entendu en France des hommes que je respecte mais que je n'approuve pas trouver mauvais qu'on brûlat les moissons, qu'on vidât les silos et enfin qu'on s'emparât des hommes dans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre.  Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l'époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant des razzias et qui ont pour objet de s'emparer des hommes ou des troupeaux » .
Alexis de Tocqueville. Travail sur l'Algérie, in Ouvres Complètes, Paris, Gallimard,
Bibliothèque de la Pléiade, 1991, p.704-705.

 

 

28 juillet 1885: Jules Ferry: « Les races supérieures ont un droit sur les races inférieures »

« La première forme de la colonisation, c'est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante.[...]  Mais il y a une autre forme de colonisation, c'est celle qui s'adapte aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.[...] Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux.[...] Dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d'une colonie, c'est la création d'un débouché.[...] Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai! Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures [...][Remous sur plusieurs bancs à l'extrême gauche] parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[...]


24 janvier 1845: Bugeaud: « Je brûlerai vos villages et vos moissons »
« Entouré d'un horizon de flammes et de fumée qui me rappelle un petit Palatinat en miniature, je pense à vous tous et je t'écris. Tu m'as laissé chez les Brazes, je les ai brûlés et dévastés. Me voici chez les Sindgads, même répétition en grand, c'est un vrai grenier d'abondance... Quelques-uns sont venus pour m'amener le cheval de soumission. Je l'ai refusé parce que je voulais une soumission générale, et j'ai commencé à brûler. » (Ouarsenis, octobre 1842). « Des tas de cadavres pressés les uns contre les autres et morts gelés pendant la nuit! C'était la malheureuse population des Beni-Naâsseur, c'étaient ceux dont je brûlais les villages, les gourbis et que je chassais devant moi.  » (Région de Miliana, 1843)   « J'ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés . »
(
Petite Kabylie, mai 1851)

 

 

 

 

 

« La colonisation du Congo fût la plus infâme ruée sur un butin ayant jamais défiguré l'histoire de la conscience humaine »
Joseph Conrad. Heart of Darkness : An authoritative text, Background and Sources


 

  

 

« L'exploitation du Congo fut le plus grand crime contre l'humanité jamais commis dans l'histoire de l'humanité »
Sir Arthur Conan Doyle, Letters to the press, 1909.








 




 

 




AMNISTIA.NET 06.02.06

Histoire de femmes arborigènes
Sven Lindqvist consacre plusieurs chapitres de son ouvrage "Exterminez toutes ces brutes", à la disparition totale des habitants premiers de Tasmanie, une île australienne aussi étendue que l'Irlande où, au début du XIXe siècle, il était loisible de chasser les indigènes et les kangourous. La vie en réserve, la maladie, l'alcoolisme, parachevèrent le travail des armes, et le dernier Tasmanien disparut en 1869, précédant de sept années la dernière femme issue de ce peuple, Truganini. Son squelette fut longtemps exposé au Tasmanian Museum, à Hobart, avant que ses dernières volontés soient respectées et qu'un siècle après sa mort, en mai 1976, ses ossements rejoignent enfin l'océan. Sur le continent, les bagnards, les colons célibataires, qui formaient le gros du peuplement, assujettirent les femmes, donnant naissance à une population métisse dont l'importance numérique attira l'attention du gouvernement de Sa Majesté. En 1937, une Conférence du Commonwealth décida de son assimilation, son absorption, tandis que les rares Aborigènes de "race pure" étaient conduits dans des réserves afin d'y mourir "le plus lentement possible pour laisser aux anthropologues le temps de les étudier" comme le rappelle Fanny Duthil en se référant au Commonwealth of Australia de 1937...






 PRESSAFRIQUE 27.05.05
Massacres coloniaux : 100 ans d'aliénation et d'ignorance

Génocide en Namibie
(Vidéo BBC)


Il y a 100 ans, 75% de la population des Herero de la colonie germanique de Namibie furent tués, beaucoup dans les camps de concentration. Aujourd'hui, les descendants des survivants demandent réparations de la part du gouvernement Allemand. Ce film raconte pour la première fois cette histoire oubliée et ses liens avec les théories raciales germaniques.



«
 Je connais assez de tribus en Afrique. Elles se ressemblent toutes pour penser qu'elles ne céderont qu'à la force. Or, ma politique a toujours été d'exercer celle-ci par le terrorisme brutal, voire par la cruauté. J'anéantis les tribus insurgées dans des flots de sang et des flots d'argent.C'est la seule semence pour faire pousser quelque chose de nouveau qui soit stable. A l'intérieur des frontières allemandes, chaque Herero, avec ou sans fusil, avec ou sans bétail, sera fusillé. Je n'accepterai plus ni les femmes ni les enfants ; je les refoulerai vers leur peuple ou ferai tirer sur eux. Telle est la parole que j'adresse au peuple Herero.»Le Grand Général du Puissant Kaiser, Von Trotha