RETOUR A LA FACE CACHEE...
La Face cachée de la politique africaine de la France
Aux lendemains des indépendances, la France dans ses anciennes colonies sous la houlette du président-Général de Gaulle a mis en place des gouverneurs locaux censés s'assurer que les ressources naturelles et géopolitiques de ces pays bénéficieraient toujours à l'ancienne puissance coloniale. Lorsque ces états eurent la possibilité d'élire démocratiquement leur représentant comme au Togo ou en Centrafrique, ceux-ci furent renversés ou/et assassinés avec l'aide de l'armée française ( Sylvanus Olympio, Abel Goumba à la suite de Boganda, Mehdi Ben Barka, Outel Bono, Ruben Um Nyombé, Félix Moumié); des pions aux mains de Foccart-De Gaulle (Eyadéma, Bongo, Déby, Bokassa...) furent portés à la tête de ces nouveaux états « indépendants » dont bon nombre sont issus des services secrets français ou de l'armée française. Ces kleptocrates dictateurs mandatés par la France ont obtenu avec le temps (pour ceux qui ont réussi à se maintenir) une certaine autorité et autonomie au regard de la France et sont régulièrement réélus grâce à des élections présidentielles truquées sous le guidage de leurs parrains français. C'est ce que nous appellerons des ''gouverneurs à peau noire'' pour reprendre l'expression de François-Xavier Verchave .
UNE NEO-cOLONIE NOMMEE TOGO- GOUVERNEUR : EYADEMA
Le 27 avril 1958, le Togo accédait à l'indépendance. Sylvanus Olympio, est le premier président démocratiquement élu. Ce résultat contrarie les autorités françaises qui soutenaient un autre candidat, Nicolas Grunitzky. De plus, le nouveau gouvernement cherche à s'émanciper de la tutelle de l'ex-métropole... La réaction ne se fera pas attendre ! Le 13 janvier 1963, des militaires franco-togolais rentrés de la guerre d'Algérie font un putsch au cours duquel l'un d'entre eux, le sergent Eyadéma, assassine Sylvanus Olympio .
Assassinat de Sylvanus Olympio : monsieur X raconte... Retranscription de l'émission de RFI 2002
P. Pesnot : Est-ce bien le Président Eyadéma qui a tué Sylvanus Olympio le 13 janvier 1963 ?
Le fait semble presque avéré. Ainsi je lis ceci dans le magazine Jeune-Afrique du 22 janvier 1990 : l'hebdomadaire français Paris-match du 26 janvier 1963 rapportera de ce tragique et absurde événement, la version de l'adjudant-chef Etienne Eyadéma. Il admettra avoir tiré sur Olympio qu'il entendait seulement faire prisonnier parce que celui-ci ne voulait pas avancer. [1]
Pourtant Sylvanus Olympio avait été un compagnon de la libération incarcéré pour ses convictions favorables à la France libre, il avait été décoré par le général de Gaulle à la libération. Cela n'a pas empêché le général de Gaulle via son bras droit Jacques Foccart d'assurer son remplacement par la force pour conserver la main mise sur l'ancienne colonie.
L'assassinat d'Olympio a été préparé sous l'incitation et avec la complicité d'officiels français. Le commandant Georges Maîtrier, un officier français, était alors chef de la gendarmerie nationale et conseiller du Président pour la sécurité dans le cadre de la coopération militaire franco-togolaise. Cet homme de Jacques Foccart, dont le poste était décidé par l'Elysée et qui traitait Olympio d' "intellectuel", a été le maître d'oeuvre de l'arrestation puis de l'assassinat du président togolais. De même, l'ambassadeur français en poste au Togo, Henri Mazoyer a, en quelque sorte, supervisé tout le déroulement de ce tragique
événement, en étant en liaison avec les assaillants du président Olympio, et n'ignorant rien des événements durant toute la nuit du drame.[2] Ayant conquis le Togo par l'assassinat du président élu, Sylvanus Olympio, et la faveur de Jacques Foccart, l'homme des basses ouvres du gaullisme, Étienne Gnassingbé Eyadéma s'est instauré un régime lui permettant de gouverner à vie.
Au terme d'élections truquées, marquées par le trafic des listes et des cartes d'électeurs, par le bourrage et la confiscation des urnes, le dictateur ubuesque est régulièrement "réélu" pour un nouveau mandat [3].Le président Chirac, qui lui a ménagé un choeur d'observateurs complices, a chaleureusement félicité son confrère et ami. Il a salué " la volonté que vous avez exprimée de tendre la main à toutes les forces politiques de votre pays " - c'est-à-dire de convier les inévitables adeptes de la " politique du ventre " à partager les miettes du pillage national. Une technique éculée. Jacques Chirac a aussi exprimé son " espoir de voir le Togo renforcer ses échanges avec la communauté internationale et renouer une relation de confiance avec l'Union européenne ". Ce sera un peu plus difficile, car l'Union n'a même pas daigné envoyer des observateurs à cette parodie d'élection[4].
Le peuple togolais subit la dictature du général Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis plus de quarante ans et avec le soutien sans faille de son mentor français. Dans les années 1990, M. Eyadéma s'est opposé au processus de démocratisation pour se maintenir en place dans un climat de répression et de terreur. Suite aux élections présidentielles truquées de 1993 et 1998, le Chef d'Etat togolais s'était engagé à respecter la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Mais le Parlement a supprimé cette disposition afin d'ouvrir la voie au dictateur pour le scrutin de 2003. Réélu une nouvelle fois en 2003 avec les bénédiction françaises et par l'éviction de l'élu des Togolais le fils de Sylvanus : Gilchrist Olympio, Eyadéma règne à la façon d'un gouverneur sur cette néo-colonie française.
Togo : L'arbitraire comme norme et 37 ans de dictature (FIDH 07/06/2004)
Paris, le 7 juin 2004 - A la suite d'une mission internationale d'enquête effectuée à Lomé du 7 au 14 février 2004, la FIDH publie un rapport « Togo : l'arbitraire comme norme et 37 ans de dictature ».
Ce rapport présente un bilan alarmant de la situation des droits de l'Homme au Togo : torture systématique dans les commissariats en toute impunité, justice aux ordres du pouvoir, prisons surpeuplées, opposants et presse sous étroite surveillance, élections tronquées . La violence est omniprésente au Togo, érigée en véritable système de gouvernement. [5]
UNE NEO-COLONIE NOMMEE GABON. GOUVERNEUR : OMAR BONGO
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« Omar Bongo.est pour moi un ami de longue date et qui a témoigné de sa fidélité à nos idéaux communs et à notre engagement commun pour une certaine idée franco-africaine. » Jacques Chirac, allocution à Libreville le 22 juillet 1995.
« Les flots d'argent qui se déversaient dans les sables d'une Afrique nominalement indépendante, loin d'assécher l'ancienne métropole, l'irriguaient, voire arrosaient du ''beau monde''. Une bonne partie des quartiers chics de Paris vivaient alors sur le miracle des liquidités repartant parfois souterrainement, aux sources.Pour les happy fews, le taux de retour de l'aide au développement ''tartinée'' sur la rente, déjà bien onctueuse, du pétrole et des produits tropicaux, était mirifique. A la limite de l'écoeurement.» (Antoine Glaser et Stephen Smith, L'Afrique sans Africains, Ed. Stock, 1994).
Omar Bongo Odimba qui dirige le Gabon sans partage depuis décembre 1967, ne s'est pas fait prier pour changer la constitution en 2003. Ce qui lui confère désormais la possibilité de diriger ce pays pendant de longues années encore, au grand dam de l'écrasante majorité des Gabonais plutôt "fatigués de la même personne depuis quarante ans".[6]
Omar Bongo en 7 dates, 30 décembre 1935 : Naissance officielle à Lewaï, Haut-Ogooué ; 1952 : Certificat d'études à Brazza ; 1953 : Jeunesses SFIO ; 1958 : Service de renseignement de l'armée ; 1959 : Le Gabon demande à devenir un département français ; 1966 : Vice-président du Gabon aux côtés de Léon M'ba ; 1967 : Il devient président de la République du Gabon.
Pour un peu plus d'un million d'habitants, le Gabon dispose de richesses exceptionnelles : pétrole, uranium, bois, manganèse, lithium... Dès la pseudo-indépendance du 17 août 1960, la France signe des accords de coopération qui laissent à Paris le droit de s'accaparer les richesses minières du Gabon. Léon M'Ba président vassal de la françafrique n'hésite pas à promouvoir un article faisant du Gabon une véritable chasse gardée de la France, un réservoir français de matières premières .
Article 5 :
« La République française est tenue informée des programmes et projets concernant l'exploitation hors du territoire de la République Gabonaise des matières et produits stratégiques.
« En ce qui concerne les matières premières et produits, la République gabonaise réserve par priorité leur vente aux Etats de la Communauté après satisfaction des besoins de sa consommation intérieure et s'approvisionne par priorité auprès de ces Etats ». Affaires africaines, p.43, [7]
En février 1964 Léon M'Ba est démis suite à un coup d'état. Mais le 19 février 1964, les parachutistes français rétablissent par un putsch Léon M'Ba, le président déchu, dans ses fonctions. Bongo est nommé aux affaires étrangères, puis au cabinet du président Léon Mba. Très vite Bongo est dans les petits papiers du ''seigneur des néocolonies'' françaises : Jacques Foccart, tandis que le président-général Charles de Gaulle le décrit comme un « type valable ». A tel point que Jacques Foccart, conseiller de Charles de Gaulle, songe à lui pour succéder à Mba, miné par un cancer. Voilà comment, en1967, après le décès de Léon M'Ba, et suite à un bricolage constitutionnel, le «type valable» de 32 ans devient le plus jeune chef d'Etat du monde. C'est d'ailleurs à Paris, dans l'enceinte de l'ambassade du Gabon, que l'élu des Français prête serment.Albert Bongo est une pure création néocoloniale mis en place à la tête du Gabon par Jacques Foccart sous la bénédiction du général de Gaulle pour assurer le relai militaire français dans la guerre du Biafra qui fera 1 à 2 millions de morts. Dès lors la France peut accélérer ses livraisons d'armes au Biafra via Libreville avec le soutien d'Houphouët Boigny. Durant cette période comme le souligne Pierre Péan dans son livre, Affaires Africaines, Albert-Bernard Bongo n'est qu'une marionnette dépendant des services de Foccart. Si Albert Bongo vient à faire une déclaration erronée concernant le Nigéria et la sécession Biafraise, celle-ci est aussitôt rectifiée par les services du SDECE ou/et de Jacques Foccart (Affaires Africaines [7], p.81-82).
Par la suite Bongo ne cessera d'être réélu par la fraude électorale cautionnée par ses mentors de la Françafrique et fera assassiner ses opposants politiques comme Germain M'Ba assassiné par Bob Denard le 18 septembre 1971, selon Pierre Péan dans Affaires Africaines ([7]p.13). Le Gabon sera considéré par Foccart et ses successeurs comme une plate-forme pétrolière, militaire et financière. « Les troupes françaises au Gabon sont constituées des 600 hommes du 6ème BIMa (Bataillon d'Infanterie de Marine, ex-coloniale) et d'une compagnie tournante de l'armée de l'Air. Créée par Bob Maloubier la garde présidentielle est encadrée par des militaires français plu sou moins détachés, tels les généraux Roland Meudec puis loulou Martin. Equipée de blindés légers, renforcée par des éléments marocains, c'est la meilleure unité combattante du pays. Quant à la DGSE, elle dispose bien évidemment d'un chaperon auprès du président local. » (Noir Silence, [8] p.197).
« Le Gabon a été une excroissance de la République dirigée conjointement par Jacques Foccart, le parti gaulliste et Elf.En 1993,.le président Bongo s'est maintenu au pouvoir grâce à un ''coup d'état électoral'', opéré avec la bienveillante neutralité du gouvernement français ». (Pierre Péan, Audition par la mission d'Information sur le rôle des compagnies pétrolières. Pétrole et éthique, rapport cité, t.I, p.158-159. cité par F.X Verschave dans Noir Silence, p.198).
Selon l'ancien directeur de la DGSE Pierre Marion ([8], p.201), Omar Bongo après plus de trente années de règne va devenir le plus ancien homme politique françafricain et influencer en retour la politique française par de nombreux pots de vins et moyens de pression :
« Les subsides de Bongo servent à tout le monde lors des élections françaises et créent un sorte de colonialisme à l'envers ».
Ainsi les partis politiques et les compagnies françaises telles que ELF s'enrichissaient sur le dos du peuple gabonais dont les conditions de vie étaient de plus en plus dramatique. Selon le PNUD ([8] p.194) : « On ne compte (au Gabon) que 19 médecins pour 100.000 habitants, l'espérance de vie n'est que de 52 ans, seulement 38% des enfants sont vaccinés contre la rougeolle-contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Un enfant sur sept meurt avant l'âge de 5 ans.le rang du Gabon à l'indicateur du développement humain (IDH) le fait reculer de 71 places par rapport à un classement seulement basé sur la production par habitant » (PNUD, 1999).
Les valises d'argent frais ont certes atterri au RPR et à l'UDF, mais aussi au PS. Et les amitiés maçonniques ont fait le reste. Pour apaiser le courroux du bienfaiteur, outré par un brûlot de Pierre Péan (2), la France rose lui dépêche tour à tour le défunt François de Grossouvre, Roland Dumas - «mon ami intime» - puis le Premier ministre Pierre Mauroy. On promet même au roi des Batéké, reçu avec faste l'année suivante, une centrale nucléaire. Il compte aujourd'hui parmi ses plus ardents avocats l'ex-ministre Catherine Tasca ou Michel Rocard. Bongo puise dans une fortune colossale, bâtie avec le concours d'Elf, de quoi huiler les rouages de son pouvoir .
A tous les coups il gagne. Réélu président, Omar Bongo peut compter sur la bienveillance d'une France à qui il doit tout et qui lui doit tant [10]
On ne s'étonnera pas de voir Bongo Odimba, le facétieux, être réélu grâce au trucage des élections made in France :
« Pour la Saint-Nicholas, on ressort la machine électorale made in France. La machine vote massivement Bongo. Le miracle informatique, rodé en maints pays d'Afrique, multiplie à volonté les électeurs et les votants, transforme une minorité en majorité, une défaite ou un ballottage en victoire. Avec 4 chiffres significatifs : 66,55%. Bingo pour Bongo ! Pourquoi lésiner ? [8], p.201.
UNE NEO-COLONIE NOMMEE TCHAD : GOUVERNEUR IDRISS DEBY
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« Le choix de N'Djamena comme base aérienne française a pour objectif l'efficacité militaire d'abord et ensuite le soutien au président Déby dans ses efforts dans la consolidation de la paix civile, le développement démocratique et le renforcement économique du pays ».
Ministre de la Défense, Alain Richard, 30.07.1997, cité par François-Xavier Verschave dans Noir Silence[8], p.167.
« La France soutient la position du président Deby qui a été élu démocratiquement et
par deux fois, elle salue le fait que l'Assemblée nationale, à une majorité supérieure
à celle qui d'habitude soutient le gouvernement, a approuvé la révision de la Constitution ».
(visite au Tchad de Xavier Darcos ministre de la Coopération et délégué à la francophonie, vendredi 28.05.2004, AFP).
Le Tchad est un pays d'Afrique du Nord créé de toutes pièces par la France à l'issu d'une véritable conquête militaire. Le régime d'Idriss Déby a été installé fin 1990 par la France,son armée et ses services secrets, sur fond d'enjeu pétrolier. Il s'est depuis signalé par lasystématisation de la terreur, la banalisation de la torture et du viol, la répétition desnettoyages et massacres ethniques - des crimes contre l'humanité avec la mansuétude des autorités politiques françaises. Idriss Déby a suivi les cours de l'Ecole de Guerre à Paris et obtient, à son retour, le poste de conseiller militaire du président Hissène Habré lui-même imposé à son peuple avec la mansuétude de la métropole. Hissene Habré sera chassé du pouvoir le1er décembre 1990 en raison de ses nombreux crimes contre l'humanité 1 et de son refus de mettre en place un multipartisme préconisé parFrançois Mitterrand au sommet de la Baule, mais surtout en raison de son intention ostensiblement avouée de renégocier les accords dits de coopération signés avec la France et de fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national. Pour la France cela est inacceptable et son ex-protégé doit quitter le pouvoir[10].
Idriss Déby prend donc le pouvoir avec l'aide de la France, qui maintient son dispositifmilitaire. Accompagné de l'officier de la DGSE Paul Fontbonne, il conquiert N'Djaména sans guère rencontrer de résistance. Hissène Habré s'enfuit avec les liquidités publiques. Idriss Déby après avoir été, jusqu'en 1989, l'un des piliers du régime d'Hissène Habré est donc porté au pouvoir par la France avec l'aide de la DGSE .
Il se maintiendra au pouvoir par le trucage des élections de 1996 puis de 2001 puis par la modification de la constitution afin d'envisager sa réélection en 2006 avec les mêmes mansuétudes françaises .
1958 (1er décembre) Proclamation de la République centrafricaine. Barthélémy Boganda est président.
1959 (16 février) Mort de Barthélémy Boganda dans un accident d'avion. Abel Goumba est président par intérim.
30 avril 1959, l'instituteur David Dacko, cousin éloigné de Bokassa, évince abel Goumba indépendantiste, avec l'appui des planteurs français du pays garantissant leurs intérêts.
1960 (13 août) Indépendance de la République centrafricaine.
1960 (14 août) David Dacko est élu à la présidence de la République (seul candidat en lice).
1960 (décembre) le principal parti d'opposition de Boganda et Goumba est interdit.
1962 suppression du multipartisme
1966 (1 janvier) Coup d'Etat militaire. Le colonel Jean-Bedel Bokassa prend le pouvoir.
1967-1970, Centrafrique : Bokassa craignant un coup d'Etat, la France lui envoie une compagnie de parachutistes.
1978 (1er août) , à Franceville, au Gabon, c'est l'entrevue dramatique avec Bokassa, qui s'accroche au pouvoir. Giscard a décidé que l'Empereur doit partir : le massacre des lycéens a fait déborder la coupe. Et c'est Journiac qu'il charge de cette délicate mission. « Cette fois, Monsieur, dit-il à l'Empereur, ça ne passera pas ! II faut vous en aller. » Bokassa, gris de rage, brandit sa canne d'ébène...
1979, Centrafrique : opération Barracuda. Deux compagnies de parachutistes aident David Dacko à renverser Bokassa.
Sources : Bokassa 1er un empereur Français Géraldine Faes et Stephen Smith. L'Express.Nous revenons ici sur la période de l'indépendance de la centrafrique et la manière dont Bokassa a été placé sur le trône de la centrafrique. Sans surprises, on retrouve le même mode opératoire que dans les néo-colonies françaises. Un militaire plutôt rustre sans grande éducation faisant partie de l'armée coloniale française est placé à la tête de l'état centrafricain, pure création coloniale française, anciennement dénommé Oubangui-Chari. C'est avec le rang de capitaine qu'il quitte l'armée française pour devenir chef d'état-major de la jeune république centrafricaine en 1964 à la faveur d'un coup d'état ayant reçu la bénédiction de Jacques Foccart : « Après tout Bokassa était un militaire très francophile ». Là encore le même mode opératoire un militaire devient président-général et chef d'état-major avec le soutien de la Vème république. Jean-Bedel Bokassa est l'homme de la situation, formé dans l'armée française, ancien de l'Indochine il sera toujours présent pour servir les intérêts français face au président David Dacko qui semble prendre quelque peu ses distances avec son mentor français en se rapprochant avec la Chine. D'autres part le pouvoir de Dacko semble partir en déliquescence et cela pour Paris, dans son pré-carré de choix, n'inaugure rien de bon. David Dacko est lui aussi une création néo-coloniale, il fut constamment entouré de conseillers militaires français.
Dacko a été porté au pouvoir par les riches planteurs français pour évincer le représentant du peuple Abel Goumba successeur de Boganda hostile aux intérêts français. Toujours conseillé par les militaires français, il interdit le parti de l'opposition de feu Boganda et de Goumba pourtant seuls à avoir été élu par le peuple puis interdit le multipartisme pour consacrer la politique du parti unique (mode opératoire retrouvé constamment dans les néo-colonies françaises). Une politique souvent préconisée par les conseillers français à leurs gouverneurs et poulains. Lorsqu'en 1964 Dacko finit par reconnaître la Chine populaire en appelant à une étroite collaboration entre Bangui et Pékin c'en est trop pour l'ancienne puissance coloniale qui le remplace par le tout jeune et inexpérimenté jean-Bedel Bokassa.
Bokassa, ce cher parent des présidents français. Bokassa se voulait le " papa "de tous les Centrafricains mais le fils de Charles De Gaulle. Il vénérait son " cher parent " Valéry Giscard d'Estaing qu'il couvrait de plaquettes de diamants à chacun de ses passages à Bangui. Si Jean-Bedel Bokassa, officier de l'armée française, maréchal président à vie, premier empereur de Centrafrique, était considéré par tous, comme le " bouffon nègre " de l'Afrique, c'est aller vite en besogne sur une chose : cette " bouffonnerie tropicale " a été soutenue, financée, organisée pendant treize ans par la France, trop soucieuse de perpétuer un siècle de présence en Centrafrique. De 1966 à 1979, treize ans de règne sanglant, de détournements financiers à peine maquillés, en somme une " dictature ordinaire " menée par un soudard mégalomaniaque et infantile. Pendant cette période, la France ne fera aucun commentaire sur le régime. Seules comptent la " santé financière de l'Etat, et celle, excellente à l'époque, des expatriés européens sur place ". [11]
Pour Géraldine Faes et Stephen Smith, Bokassa Ier n'est ni plus ni moins que l' " l'archétype de toute une génération de dirigeants dans les anciennes colonies françaises du continent ", " un satrape assez ordinaire de la Françafrique, ce continent fusionnel dont on parle tant depuis qu'il n'existe plus (sic) ". (Bokassa Ier, un empereur français.- Par Géraldine Faes et Stephen Smith- Éditions Calmann-Levy). Stephen Smith va jusqu'à qualifier le sacre de Bokassa Ier de « bouffonnerie française ».Il vaut donc mieux considérer ces pays comme inaptes à la démocratie car l'on pourrait finir par accuser certains décideurs au plus haut niveau d'instigation, de cautionnement ou de légitimation de crimes contre l'humanité (pillage, assassinats, tortures, soutien aux dictatures, instrumentalisation de l'ethnisme). Heureusement que tout cela vient de l'atavisme légendaire des africains et de leur archaïsme inscrit dans leur culture .
La Françafrique une longue généalogie du crime qui se maintient idéologiquement grâce au racialisme et au mépris des peuples africains, une idéologie d'extrême droite au co eur de la république .
Faut-il préciser qu'actuellement la Centrafrique est quasiment un protectorat français où un important dispositif militaire français est installé dans la région de Bangui ? Ces protectorats sont souvent dirigés en sous-main par des gouverneurs à « peau claire » comme le très influent Paul Barril. Selon Alison Desforges, le protectorat centrafricain aurait servi à entraîner nos amis génocidaires du Hutu power (ayant perpétré le génocide au Rwanda) en 1995 pour constituer une force supplétive au service de la France et de ses intérêts dans toute l'Afrique.
On peut chasser les gouverneurs noirs à l'aide de coup d'état, la constance et la continuité est assurée par leurs supérieurs de la métropole.
REFERENCES :2. Eyadéma-Olympio : le dernier rendez-vous . ¨ Par Jesse Anansi. Nouvelle Afrique-Asie. Septembre 1998
3. Le vrai visage du régime Eyadéma. UFC Togo .
4. TOGO : Touche pas à mon despote ! (suite) Eyadéma dictateur à vie, Chirac complice ! Survie. 10.06.03 .
5.Togo : L'arbitraire comme norme et 37 ans de dictature . FIDH 07/06/2004
6. Dérive autocratique la dictature se renforce en Afrique francophone. Par A Mbog Pibasso. La Nouvelle Expression . 02.06.04
7. Affaires Africaines, p.43, Pierre Péan, Ed. Fayard.
8. Noir Silence, François-Xavier Verschave.
9. L'Eternel Bongo de Bongo par Vincent Hugueux. L'Express. 10.12.98
10. Deby dans quel état se trouve le président Tchadien ? Alwihda. 24.07.04
11.La Françafrique mise à nu : Bokassa Ier un empereur français . Par Esther del Pinto. Afrik.com.06.07.2000.
Pressafrique1 La Commission d'enquête sur ses crimes et exactions, présidée par le magistrat Mahamat Hassan Abakar, dénombrera 40 000 personnes tuées ou disparues de 1982 à 1990. Une grande partie des
troupes d'Hissène Habré ayant participé au massacre furent dirigées personnellement parl'actuel Président Idriss Déby alors chef d'Etat major des armées.