Cette semaine, Le
Canard
Enchaîné ,
revient sur la crise en Côte d'Ivoire avec deux articles brûlants.
Le
premier en page 4 : "La mystérieuse virée de trois barbouzes tricolores
en Côte d'Ivoire", fait état de l'arrivée de trois barbouzes quelques
jours avant la tentative de coup d'état contre Gbagbo en septembre
2002 et s'interroge sur leur mission délétère éventuelle dans ce pays
françafricain. Ces trois barbouzes selon le Canard circulaient avec de vrais
passeports à de faux noms. Sont publiés dans cet article, des extraits
des notes de renseignement de la DGSE et la la note confidentielle défense
de la DSPD (ex-sécurité militaire) au ministère de la défense pour
signaler la bévue. Car les barbouzes se sont fait repérer et le
gouvernement de Gbagbo a demandé des renseignements complémentaires au ministère
de la défense du côté de chez MAM. Selon Le Canard, ces barbouzes
françaises étaient chargées de mettre en place auprès du ministère de la
défense ivoirien : un service de renseignement et de sécurité. Découverts
par les autorités ivoiriennes, ces hommes en service commandé(?)
auraient été exfiltrés vers l'ancienne colonie peu avant le pustch
raté contre Laurent Gbagbo qui allait mettre à feu et à sang la Côte d'Ivoire.
S'agit-il d'une simple élucubration du Canard à partir de quelques notes
confidentielles marquées du secret défense qu'un journaliste
aurait malencontreusement trouvé sur son passsage ou bien s'agit-il
de l'une des pièces manquantes permettant de reconstituer l'implication
française dans la tentative de coup d'Etat contre Gbagbo en septembre 2002?
Toujours est-il que le ministère de la défense, selon Le canard, a refusé
de donner une quelconque explication sur ces notes de la DGSE et
du DPSD exhumé du placard. Un éclaircissement sur ce sujet éviterait
quelque peu les divagations d'esprits mal tournés.
Le deuxième en page 3
: "Dix jours de dérapage en Côte d'Ivoire"
revient sur la colère du général Bentégeat face au peu
de protection dont disposait le camp militaire français de Bouaké. Contrairement
aux camps militaires français d'Abidjan, celui-ci n'aurait pas disposé de
défense anti-aérienne. Le Canard s'interroge sur la neutralité plus que
bienveillante de Jacques Chirac à l'égard des bombardements de Gbagbo sur
les camps des rebelles et sur sa soudaine décision de représailles
jugées humiliantes pour les forces loyalistes. Plus grave selon Le Canard,
seul le Sukkhoi piloté par le Biélorusse aurait bombardé le camp français,
tandis que celui piloté par un ivoirien n'aurait pas obtempéré en prétextant ce
"n'est pas notre mission". Gildas Le Lidec aurait transmis à l'Elysée cette
version racontée par Gbagbo pour se dédouaner(?). En somme il y aurait eu
mésentente entre les deux pilotes. Le Canard revient ensuite sur la position particulièrement
dangereuse dans laquelle s'est retrouvée la communauté française de Côte
d'Ivoire suite aux représailles massives à l'encontre des forces loyalistes et
de citer le témoignage de français qui ne semblent pas avoir apprécié cette
démonstration de force Chiraquienne qui a généré semble-t-il des pogroms anti-français :
"Il veut nous faire tuer ou quoi?" et l'autre revenant sur le soudain
plébiscite de Jacques Chirac en faveur de la démocratie en Afrique : "Depuis
le temps qu'il soutient des régimes où règnent la torture, les massacres de
villageois ou la ségrégation tribale, c'est une bonne nouvelle." En citant
ce témoignage, le Canard fait-il allusion au soutien sans réserve de Paris aux
démocratures françafricaines ou bien à la guerre civile du Congo-Brazzaville ou
bien aux deux?
Autre temps, autres moeurs? Toujours est-il que le bilan
des exactions a fait "62 morts du côté ivoirien, selon la présidence ivoirienne"
tandis que "les médias reçus en Côte d'Ivoire (presse écrite, TV5 et, sous
certaines conditions RFI) n'y accordent qu'une très faible attention, ce qui
exacerbe encore les rancoeurs".