LE CANARD ENCHAINE DU 08.12.04 N°4389
Cette semaine dans le canard, on retrouve trois articles particulièrement
intéressants sur les évènements du début novembre en Côte
d'Ivoire.
En page 3 un long article intitulé : "L'armée recule sur le
front des chiffres".
Toujours en page 3, un petit encart
revient sur la censure exercée à l'encontre du reportage de Canal
Plus au sujet de la répression des manifestations antifrançaises
par l'armée française. Article intitulé :
"Images indésirables sur Canal Plus"
Enfin en
page 1 :
un article intitulé "Défiance de rire" revient sur l'impunité accordée à nos
militaires par nos tribunaux et l'absence complet de contre-pouvoir dans notre
pays sur ce sujet.
Nous revenons sur le premier
article riche en informations assez saisissantes. Selon Le Canard, une enquête
interne commanditée officieusement en haut lieu et menée par des gendarmes à Paris et en Côte
d'Ivoire concluerait à un bilan similaire à celui donné par le régime de Gbagbo.
Il y aurait eu à Abidjan une cinquantaine de morts ivoiriens lors de la
répression des manifestations antifrançaises mettant ainsi à mal la thèse
de la légitime défense. Et Le Canard de rapporter les propos d'un officier
français enfonçant encore un peu plus le clou :
"Il ne s'agissait pas,
comme on nous demande de le dire, de légitime défense au sens strict du
terme, précise un officier, mais plutôt d'envoyer ce message :
'Ca suffit. On arrête de jouer'. Et ça a marché. On a tenu les points
stratégiques d'Abidjan, ceux qui nous permettaient l'accès au port et à
l'aéroport en vue de l'évacuation de nos ressortissants. On savait qu'on devait
tenir ce carré-là. Nos soldats ont limité le nombre de morts en faisant des tirs
ciblés. Et si on s'était vraiment lâchés, il y aurait eu des centaines de
morts".
Après que Le Monde ait relayé le point de vue officiel de
l'armée notamment des propos du Général Bentégeat, le Canard s'interroge sur le
sort d'une enquête qui pourrait mettre en cause certains galonnés du COS dont le
général Poncet.
Et le Canard de poursuivre que les 78 militaires
français blessés annoncés par ''la pauvre MAM'' relevaient tout simplement d'une
intoxication médiatique coordonnée par l'équipe du COS. "En fait de
''blessés'', ce chiffre de 78 correspond au nombre recensé de consultations des
militaires ce jour-là, petites blessures comprises. Et encore, on ne compte pas
les blessures d'amour-propre".
Le Canard revient sur le
soutien logistique israëlien accordé (cf
Canard du 01.12.04
) au régime de
Gbagbo et évoque un rapport de la DGSE.
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Notre questionnement : s'agit-il encore une fois d'une
guerre que se livre français et américains par africains interposés dans un
territoire où tous les coups sont permis et où les droits de l'homme n'ont
pas le droit de citer ?
Notre réflexion : on se souviendra que le coup d'état contre le régime
xénophobe de Gbagbo, disposant malgré tout d'une certaine légitimité démocratique, a été lancé à
partir du territoire du très françafricain dictateur Blaise Compaoré dans un
contexte où Gbabgbo ouvrait le marché ivoirien à d'autres acteurs
économiques que ceux de l'ancienne puissance coloniale (lire dans BILLETS
D'AFRIQUE nov 2002 par F.X. Verschave :
Paris pas
blanc
ou dans LE MONDE DIPLOMATIQUE
Aout 2004 par C. Braeckman : La grande fatigue des
ivoiriens).