Il ne
fait plus aucun doute pour personne que comme au Liban les USA ont soutenu
les forces d'invasion qui ont envahi la Somalie soit disant pour restaurer
le gouvernement de transition et chasser les tribunaux islamistes
considérés comme un réservoir d'Al-Quaïda. Les troupes éthiopiennes ont
lancé leur troupe dans une « blietzkrieg » qui leur a permis de
balayer les forces soutenants les tribunaux islamistes. Un scénario assez
proche de celui que l'on a pu voir en Irak et au Liban avec pour l'instant
beaucoup plus de succès. En effet en quelques jours, les colonnes de
tanks, les armadas d'hélicoptères et les dix milles soldats déployés par
l'Ethiopie ont fait une percée spectaculaire en atteignant leur objectif
et en occupant à présent la capitale de la Somalie. Les forces
éthiopiennes auraient promises de rester plusieurs semaines sur le
territoire somalien pour soutenir le gouvernement de transition acquis à
leur cause et à celle de la communauté internationale. Cette guerre éclair
aurait été responsable de milliers de morts et de blessés. Aux premiers
jours du conflit, l'Ethiopie annonçait avoir tué plus de 3000 miliciens
soutenants les tribunaux islamistes. Un véritable carnage dont peu de
médias se sont fait l'écho tandis que peu d'ONGs ont pu rester sur le
terrain pour essayer de panser les plaies de ce carnage au nom de la
raison impériale et de la géopolitique américano-éthiopienne.
Selon Yahoo (03.01.07 Le blitz éthiopien en Somalie, un cadeau pour
Washington), de source militaire occidentale, on confirme que les USA
« ont fourni tous les moyens de renseignement et de surveillance
nécessaires pour assurer le succès de la marche des troupes éthiopiennes
sur Mogadiscio ». « Les Américains en ont assez des
interventions à l'étranger. Donc, ce qui s'est passé en Somalie va
maintenant devenir leur stratégie favorite : utiliser des alliés
régionaux comme catapulte » fait valoir un professeur de l'Indiana.
Cette stratégie d'intervention indirecte peut-être particulièrement
désastreuse pour les populations vivant dans la région tant sur le plan
humain, économique et politique comme on l'a vu lors de l'invasion
rwando-ougandaise de la RDC. Une stratégie qui plutôt que de
favoriser le dialogue et la concertation a décidé résolument de recourir à
la guerre comme politique étrangère. L'Américafrique après avoir soutenu
les chefs de guerre qui pillaient la Somalie, soutient à présent des
forces d'occupation qui risquent de semer le chaos dans toute la région.
En effet, de nombreux observateurs craignent la recrudescence d'actes
terroristes et qu'une situation similaire à celle de l'Irak se produise,
sans compter sur l'effet délétère sur l'économie éthiopienne. Celle-ci ne
pourra pas supporter longtemps une occupation de la Somalie car ce pays à
ce jour contrairement à la RDC ne contient nulle richesse susceptible de
payer l'armée. On risque d'avoir deux pays africains déjà très pauvres se
retrouver exsangue par la politique belliciste et destructrice menée par
Washington. La solution prônée par l'Ethiopie et la communauté
internationale qui s'est rangée très vite du côté des agresseurs est
d'envoyer des troupes africaines d'interposition notamment kenyannes et
ougandaises. Il n'est pas sûr que cela permettra d'améliorer durablement
la situation en Somalie et le Kenya et l'Ouganda pourraient très vite se
retrouver les dindons de la farce. Les Tribunaux islamistes avaient, en
dépit de leur discorde, fédéré une grande partie de la population jusque
là divisée autour d'eux tandis que le gouvernement de transition semble
plus une émanation de la communauté internatinonale avec un président
ancien chef de guerre qui a depuis longtemps rallié l'Ethiopie lorsqu'il
devait battre en retrait. A peine les tribunaux islamistes dissous que
déjà, les chefs de guerre font leur réapparition dans les villes tombées
aux mains du gouvernement de transition. Au sud-ouest de Baïdoa, l'hôpital
de Dinsor géré par MSF a été attaqué et pillé après la reprise de la ville
par les forces éthiopiennes (L'HUMANITE 02.01.07 Fin de partie pour les islamistes
somaliens). Les milices islamistes refusent de désarmer, la situation
est tendue.
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