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PRESSAFRIQUE 04.01.07
L'invasion éthiopienne de la Somalie soutenue par l'Américafrique. Retour vers le chaos ?

 

Il ne fait plus aucun doute pour personne que comme au Liban les USA ont soutenu les forces d'invasion qui ont envahi la Somalie soit disant pour restaurer le gouvernement de transition et chasser les tribunaux islamistes considérés comme un réservoir d'Al-Quaïda. Les troupes éthiopiennes ont lancé leur troupe dans une « blietzkrieg » qui leur a permis de balayer les forces soutenants les tribunaux islamistes. Un scénario assez proche de celui que l'on a pu voir en Irak et au Liban avec pour l'instant beaucoup plus de succès. En effet en quelques jours, les colonnes de tanks, les armadas d'hélicoptères et les dix milles soldats déployés par l'Ethiopie ont fait une percée spectaculaire en atteignant leur objectif et en occupant à présent la capitale de la Somalie. Les forces éthiopiennes auraient promises de rester plusieurs semaines sur le territoire somalien pour soutenir le gouvernement de transition acquis à leur cause et à celle de la communauté internationale. Cette guerre éclair aurait été responsable de milliers de morts et de blessés. Aux premiers jours du conflit, l'Ethiopie annonçait avoir tué plus de 3000 miliciens soutenants les tribunaux islamistes. Un véritable carnage dont peu de médias se sont fait l'écho tandis que peu d'ONGs ont pu rester sur le terrain pour essayer de panser les plaies de ce carnage au nom de la raison impériale et de la géopolitique américano-éthiopienne.

Selon Yahoo (03.01.07 Le blitz éthiopien en Somalie, un cadeau pour Washington), de source militaire occidentale, on confirme que les USA « ont fourni tous les moyens de renseignement et de surveillance nécessaires pour assurer le succès de la marche des troupes éthiopiennes sur Mogadiscio ». « Les Américains en ont assez des interventions à l'étranger. Donc, ce qui s'est passé en Somalie va maintenant devenir leur stratégie favorite : utiliser des alliés régionaux comme catapulte » fait valoir un professeur de l'Indiana. Cette stratégie d'intervention indirecte peut-être particulièrement désastreuse pour les populations vivant dans la région tant sur le plan humain, économique et politique comme on l'a vu lors de l'invasion rwando-ougandaise de la RDC. Une stratégie qui  plutôt que de favoriser le dialogue et la concertation a décidé résolument de recourir à la guerre comme politique étrangère. L'Américafrique après avoir soutenu les chefs de guerre qui pillaient la Somalie, soutient à présent des forces d'occupation qui risquent de semer le chaos dans toute la région. En effet, de nombreux observateurs craignent la recrudescence d'actes terroristes et qu'une situation similaire à celle de l'Irak se produise, sans compter sur l'effet délétère sur l'économie éthiopienne. Celle-ci ne pourra pas supporter longtemps une occupation de la Somalie car ce pays à ce jour contrairement à la RDC ne contient nulle richesse susceptible de payer l'armée. On risque d'avoir deux pays africains déjà très pauvres se retrouver exsangue par la politique belliciste et destructrice menée par Washington. La solution prônée par l'Ethiopie et la communauté internationale qui s'est rangée très vite du côté des agresseurs est d'envoyer des troupes africaines d'interposition notamment kenyannes et ougandaises. Il n'est pas sûr que cela permettra d'améliorer durablement la situation en Somalie et le Kenya et l'Ouganda pourraient très vite se retrouver les dindons de la farce. Les Tribunaux islamistes avaient, en dépit de leur discorde, fédéré une grande partie de la population jusque là divisée autour d'eux tandis que le gouvernement de transition semble plus une émanation de la communauté internatinonale avec un président ancien chef de guerre qui a depuis longtemps rallié l'Ethiopie lorsqu'il devait battre en retrait. A peine les tribunaux islamistes dissous que déjà, les chefs de guerre font leur réapparition dans les villes tombées aux mains du gouvernement de transition. Au sud-ouest de Baïdoa, l'hôpital de Dinsor géré par MSF a été attaqué et pillé après la reprise de la ville par les forces éthiopiennes (L'HUMANITE 02.01.07 Fin de partie pour les islamistes somaliens). Les milices islamistes refusent de désarmer, la situation est tendue.

Retour vers le chaos en Somalie ? Est-ce là la stratégie américafricaine ?