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La
justice aura-t-elle fini par obtenir le dernier mot face à la tentative de
musellement dont elle a été l'objet par le pouvoir exécutif lors de
l'instruction de l'affaire des disparus du Beach ?
Pour mémoire :
le 1er avril 2004, alors qu'il est dans
l'hexagone en villégiature à Meaux, Jean-François N'Dengue accusé de
crimes contre l'humanité est arrêté et placé en garde à vue à
Paris à la demande du juge de Meaux, Jean Gervilié qui instruit l'affaire.
Jean-François N'Dengue est suspecté d'avoir
participé aux tortures et au massacre de plus de 350
réfugiés du Beach en mai 1999 (
Affaire des disparus du
Beach ), à l'intérieur du port de
Brazzaville. Pourtant,
deux jours plus tard le 3 avril au matin, il est aussitôt
relâché. Selon la presse française (Le Canard Enchaîné,
l'Express
) c'est à
l'instigation du Château qu'il aurait été tout simplement élargi. En
effet malgré les pressions, le juge d'instruction
avait envoyé N'Dengue directement à la prison de la Santé
mais Sassou N'Guesso, président du Congo (mandaté par ELF-TOTAL) et
ami de longue date serait entré en jeu et aurait fait jouer ses
relations :
« que dirait-on, grince en substance le président africain, si
je faisais arrêter l'attaché militaire de l'ambassade de France ? Ou
si je menaçais les intérêts de Total et ses dirigeants sur place ? Ce
chantage sur les (puissants) intérêts pétroliers français au Congo
emporte-t-il la décision ? Toujours est-il que Chirac, avant de s'envoler pour
Moscou, demande à Villepin de régler la question dans la nuit. Résultats
le 3 avril, à 2 heures du matin, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris décide -
sans motiver son juge- de libérer le captif . A 4 heures, N'dengue
quitte la Santé.» (Canard Enchaîné du 7 avril, Chirac
se met en quatre pour un policier
Congolais).
Dès le 13 avril
2004, le syndicat de la magistrature ainsi que le juge d'instruction
n'avait pas hésité à exprimer leurs plus vives protestations et la Cour de
cassation avait été saisie.
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EXTRAIT :
Syndicat de la
magistrature Paris le 13 avril 2004 Messieurs et
Mesdames les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature M. Jean
Gervillié, juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance de
Meaux a saisi votre conseil d'une demande d'audition. Ce magistrat
en charge de l'instruction ouverte contre X pour crimes contre
l'humanité, commis entre avril et juillet 1999 à Brazzaville (
République du Congo) indique en effet que cette procédure a fait
l'objet d'interventions de nature à compromettre gravement le
déroulement serein et indépendant de l'information en
cours.Les circonstances du déroulement de la
garde à vue de M. N'DENGUE et celles de l'audience du magistrat de
la chambre d'instruction de Paris sur le référé-liberté diligenté
par le procureur de la République près le Tribunal de Grande
Instance de Meaux, nous conduisent à vous saisir d'une demande
d'avis sur d'éventuelles pressions attentatoires aux principes de
l'indépendance de la magistrature et de la séparation des
pouvoirs.
Nous vous prions de bien vouloir agréer,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Supérieur de la
Magistrature, l'assurance de notre très haute considération Pour le bureau du Syndicat de la
Magistrature Aïda Chouk,
Présidente. |
Aujourd'hui, la Cour de
cassation française a cassé la décision annulant la procédure du
« Beach Brazzaville » devant les juridictions françaises. Dans
un arrêt prononcé hier, la Chambre criminelle de la Cour de cassation
française a décidé de casser et annuler la décision de novembre 2004 de
la Chambre de l'instruction
de la Cour d'appel de Paris qui avait annulé l'intégralité de la procédure
des « Disparus du Beach » de Brazzaville. L'instruction de
l'Affaire des disparus du Beach va pouvoir se poursuivre en France en
dépit des tentatives d'obstruction de la part de l'exécutif. Vive la
justice française indépendante du pouvoir exécutif, vive la séparation des
pouvoirs et vive la démocratie ! En un mot comme en cent :
Bravo ! Dommage qu'entre temps les présumés criminels aient filé à la
Françafricaine dans la Françafrique congolaise et ses méandres mafieux.
A lire chez Pressafrique :
22.09.06 Congo, pétrole, Françafrique et
Chiraquie
25.01.06 Quand des
kleptocrates congolais pillent les richesses de leur pays avec le soutien
de la Françafrique
21.07.05 Procès des
disparus du Beach - Une mascarade Françafricaine
17.04.04.
L'Affaire Ndengue. Les menaces de Sassou envers
Chirac. Quand la Françafrique fait dérailler la justice
française.
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