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 PRESSAFRIQUE 11.01.07
Affaire des disparus du Beach, rebondissement judiciaire remettant en cause les obstructions de Nôtre bon Président

 

La justice aura-t-elle fini par obtenir le dernier mot face à la tentative de musellement dont elle a été l'objet par le pouvoir exécutif lors de l'instruction de l'affaire des disparus du Beach ?

Pour mémoire : le 1er avril 2004, alors qu'il est dans l'hexagone en villégiature à Meaux, Jean-François N'Dengue accusé de crimes contre l'humanité est arrêté et placé en garde à vue à Paris à la demande du juge de Meaux, Jean Gervilié qui instruit l'affaire. Jean-François N'Dengue est suspecté d'avoir participé aux tortures et au massacre de plus de 350 réfugiés du Beach en mai 1999 ( Affaire des disparus du Beach ), à l'intérieur du port de Brazzaville.  Pourtant, deux jours plus tard le  3 avril au matin, il est aussitôt relâché. Selon la presse française (Le Canard Enchaîné, l'Express ) c'est à l'instigation du Château qu'il aurait été tout simplement élargi. En effet malgré les pressions, le juge d'instruction avait envoyé N'Dengue directement à la prison de la Santé mais Sassou N'Guesso, président du Congo (mandaté par ELF-TOTAL) et ami de longue date serait entré en jeu et aurait fait jouer ses relations :

« 
que dirait-on, grince en substance le président africain, si je faisais arrêter l'attaché militaire de l'ambassade de France ? Ou si je menaçais les intérêts de Total et ses dirigeants sur place ? Ce chantage sur les (puissants) intérêts pétroliers français au Congo emporte-t-il la décision ?
Toujours est-il que Chirac, avant de s'envoler pour Moscou, demande à Villepin de régler la question dans la nuit. Résultats le 3 avril, à 2 heures du matin, la chambre
d'instruction de la cour d'appel de Paris décide - sans motiver son juge- de libérer le captif . A 4 heures, N'dengue quitte la Santé.
»
(Canard Enchaîné du 7 avril, Chirac se met en quatre pour un policier Congolais).


Dès le 13 avril 2004, le syndicat de la magistrature ainsi que le juge d'instruction n'avait pas hésité à exprimer leurs plus vives protestations et la Cour de cassation avait été saisie.

 EXTRAIT :

Syndicat de la magistrature
Paris le 13 avril 2004
Messieurs et Mesdames les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature M. Jean Gervillié, juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance de Meaux a saisi votre conseil d'une demande d'audition. Ce magistrat en charge de l'instruction ouverte contre X pour crimes contre l'humanité, commis entre avril et juillet 1999 à Brazzaville ( République du Congo) indique en effet que cette procédure a fait l'objet d'interventions de nature à compromettre gravement le déroulement serein et indépendant de l'information en cours.
Les circonstances du déroulement de la garde à vue de M. N'DENGUE et celles de l'audience du magistrat de la chambre d'instruction de Paris sur le référé-liberté diligenté par le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Meaux, nous conduisent à vous saisir d'une demande d'avis sur d'éventuelles pressions attentatoires aux principes de l'indépendance de la magistrature et de la séparation des pouvoirs.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature, l'assurance de notre très haute considération

Pour le bureau du Syndicat de la Magistrature
Aïda Chouk, Présidente.


Aujourd'hui, la Cour de cassation française a cassé la décision annulant la procédure du « Beach Brazzaville » devant les juridictions françaises. Dans un arrêt prononcé hier, la Chambre criminelle de la Cour de cassation française a décidé de casser et annuler la décision de novembre 2004 de la  Chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris qui avait annulé l'intégralité de la procédure des « Disparus du Beach » de Brazzaville.
L'instruction de l'Affaire des disparus du Beach va pouvoir se poursuivre en France en dépit des tentatives d'obstruction de la part de l'exécutif. Vive la justice française indépendante du pouvoir exécutif, vive la séparation des pouvoirs et vive la démocratie ! En un mot comme en cent : Bravo ! Dommage qu'entre temps les présumés criminels aient filé à la Françafricaine dans la Françafrique congolaise et ses méandres mafieux.



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