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CANARD ENCHAINE
13.04.11 L'assaut contre Gbagbo en
tenue
camouflée Quelle frustration ! Sarko,
chef des armées, vient de gagner une guerre, et
il doit tout faire pour éviter les lauriers.
Même si cela ne trompe personne, de Juppé à
l'état-major, chacun y est allé de son couplet
faussement modeste : ce sont les troupes de
Ouattara qui ont arrêté Gbagbo. Les Français -
pardon, l'ONU, avec l'aide française - ont juste
apporté leur soutien. Dernièrement, Sarko avait
demandé aux forces françaises d'intervenir
militairement mais en évitant, autant que
possible, de donner l'impression que
c'étaient-elles qui permettaient à Ouattara de
l'emporter. Et on en a vu les effets au cours de
la conquête du sud du pays et de l'entrée dans
la ville d'Abidjan. En réalité, lors de
l'assaut final contre la résidence du président
déchu, toute la logistique (hélicos, blindés,
troupes) était française. Nos forces spéciales
étaient prêtes à investir le bunker, et toutes
les opérations menées par les «forces
républicaines » ou par l'ONU ainsi que les
transmissions étaient gérées par Licorne. Le
commandement a fait savoir à Gbagbo que, s'il ne
se rendait pas aux troupes de Ouattara, il
serait contraint de se rendre aux Français. Une humiliation
supplémentaire, paraît-il. Depuis des jours, Sarko
répétait qu'il était essentiel que Gbagbo soit
pris vivant pour ménager les chances d'une
réconciliation. Et qu'il fallait éviter à tout
prix de se mettre en avant, ce qui aurait pour
effet de transformer Ouattara en créature de
l'Occident en général et de la Françafrique en
particulier. Les consignes ont été
suivies. Mais la ficelle est tellement grosse
que le tir de barrage sur le thème « C'est pas
nous, c'est Ouattara » n'a été pris au sérieux
par personne. Cette petite guerre de
communication, elle, a été perdue...
------------------------------------------------------------ CANARD ENCHAINE 06.04.11
Comment Sarko a appuyé
l'offensive anti-Gbagbo L'entrée en guerre
de la France contre les forces de Gbagbo, le 4
avril, a sonné comme une revanche personnelle de
Sarkozy. Avec la bénédiction de l'ONU, Paris n'a
laissé à personne d'autre le soin de bombarder
la présidence ivoirienne ainsi qu'un camp
militaire qui abritait aussi des familles...
Selon plusieurs témoignages d'offciers
supérieurs au "Canard", la France a appuyé la
conquête du sud du pays par les forces de
Ouattara. L'un
deux, proche de l'ELysée, se félicite de
" notre efficacité dans
l'organisation de la descente sur
Abidjan".Il est vrai qu'en moins de
quatre jours les Forces républicaines de Côte
d'Ivoire (FRCI) ont parcouru, sans grande
résistance, la moitié du pays. Un autre galonné,
membre des services de renseignement, confie :
" On a fourni des conseils
tactiques aux FRCI", mais aussi "des munitions
et des Famas (fusils d'assaut)"
... A 19h30, quatre hélicos
Puma, soutenus par des MI 24 de l'ONUCI,
commencent leur pilonnage, frappant au passage
des objectifs aussi stratégiques que le CHU
(Centre Hospitalio-Universitaire) et un
supermarché du quartier de Cocody.
Pour la seconde
fois en sept ans, "l'ancienne puissance
coloniale" bombardait des soldats et des
populations ivoiriennes ...
En contact téléphonique
permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait
le soutenir au nom de la protection des civils,
devra ramer dur pour faire publier les exploits
de certains chefs de guerre. Et pour transformer
cette intrusion meurtrière en victoire de la
démocratie.
LE BANCO 13.08.10 « Les armes des rebelles
sont encore cachées au Burkina Faso » [...] Après sa sortie de
prison au Mali, Abdoulaye Traoré alias AB,
ex-chef de guerre de Man, a regagné Abidjan.
Dans cet entretien il dénonce les pratiques
mafieuses de Guillaume Soro, Alassane Ouattara
et du facilitateur, Blaise Compaoré dont le seul
but est de faire tomber le Président Laurent
Gbagbo. Il dénonce la complicité de certains
pays.[...] Les Français ont mis la pression sur
Blaise Compaoré. On lui demande de s'arranger
pour qu'Alassane prenne le pouvoir. Il ne faut
pas que les élections aient lieu. Blaise
Compaoré veut se représenter aux présidentielles
prochaines. Alors que la constitution de son
pays ne le permet pas. Il veut avoir la caution
de la France pour la tripatouiller. Ce qui a été
fait. En retour, il doit satisfaire aux
exigences de Sarkozy par rappore à la Côte
d'Ivoire. Alassane Ouattara a
toujours nié la paternité de la
rébellion.Il ne peut tenir de tels
propos. Il faut qu'il soit sincère. C'est lui
qui a payé les armes pour nous. Nous disposons
de quels moyens pour les payer. Chaque fin du
mois, il déboursait la somme de 25 millions Fcfa
pour notre nourriture. Alassane Ouattara ne dit
pas la vérité. Nous sommes prêts à faire un
débat avec lui. Nous avons les preuves. Ce
monsieur montre qu'il est poltron. Il n'a pas
les couilles pour assumer. Il nous a armés.
Maintenant il fuit ses responsabilités. Ce sont
les armes qui ont fait qu'il est devenu candidat
exceptionnel. Le moment viendra où nous allons
tout déballer. On le comprend il a peur d'aller
au Tribunal pénal international. Dans tous les
cas, il va répondre de ses actes un jour. Nous
avons intégré la rébellion avec bon nombre de
jeunes pour la cause d'Alassane Ouattara. Nous
avons eu plusieurs réunions avec lui-même à
Ouagadougou avant les attaques du 19 septembre
2002. Quelques fois, il nous faisait venir
certains de ses émissaires. Il s'agit de Hamed
Bakayoko, Amon Tanoh, Aly Coulibaly, Amadou
Gon.Tout le monde sait que c'est Ouattara qui
nous a mis dans cette situation. Pour nous
préparer, il a pris attache avec les autorités
du Bukina Faso et du Mali pour qu'on soit logé
et entraîner dans un camp militaire. Ce dernier
a accepté. Ce qui a facilité notre attaque. On
se rappelle quant le général français Joana est
venu nous voir à Man. Il nous a demandé de faire
tout pour qu'Alassane Ouattara arrive au
pouvoir. Et qu'ils sont prêts à nous apporter un
soutien logistique. Puisque la France veut que
ce soit lui le nouveau Président de la Côte
d'Ivoire pour remplacer Laurent Gbagbo. Il a
tenu parole. Nous avons reçu du matériel, des
treillis. Nos hommes ont été entraînés. En plus,
l'armée française nous servait d'éclaireur. Ce
sont les soldats de la Licorne qui nous donnait
la position des Forces loyalistes. Si nous
devons allés devant les tribunaux pour répondre
de nos actes, Alassane Ouattara ne va pas
échapper. On connait ceux qui ont fait le
recrutement des hommes pour intégrer la
rébellion.[...] |