LIGUE TOGOLAISE DES DROITS DE L' HOMME
(LTDH) STRATEGIE DE LA TERREUR AU TOGO (II) «Un règne aussi court que sanglant » Violations des droits de l'Homme commises au
Togo depuis le coup d'État du 5 février
2005 REMERCIEMENTS Nous tenons particulièrement
à remercier toutes les personnes de bonne volonté qui,
par leurs contributions morale et matérielle, ont accepter de tisser la chaîne de solidarité qui a permis d'assurer la
publication de ce document. En raison de la poursuite de la
violation des Droits de l'Homme au Togo, nous ne pouvons malheureusement
les nommer ici. Mais, confiants en la victoire
finale de la cause des Droits de l'Homme au Togo, nous les assurons que,
le moment venu, leur contribution sera rendue publique. L'équipe chargée de la publication
: - Direction de la publication : Adote
Ghandi AKWEI - Rédacteur en chef : Ayayi Togoata
APEDO-AMAH - Equipe de conception
: · · · · - Avec la participation de
: · · · · · · __________________________________ Répression et impunité au Togo Depuis le 5 février 2005, date du coup d'État visant à
placer au pouvoir Faure Gnassingbé et maintenir le régime en place, le
peuple togolais vit dans une situation d'oppression. La Ligue togolaise
des droits de l'Homme (LTDH) était présente au cours de tous les
événements, recueillant les blessés et dénombrant les victimes chaque jour
plus nombreuses de la répression militaire. Relayées par la Fédération internationale des ligues des
droits de l'Homme (FIDH) et l'ensemble de la Coalition des ONG pour le
Togo, ces informations ont permis de prendre la mesure réelle de la nature
du nouveau régime. A l'image du son père, le défunt dictateur Général Eyadema,
Faure Gnassingbé a au cours de son bref règne opposé aux aspirations de
liberté et de démocratie du peuple togolais, la répression et la violation
des droits fondamentaux du peuple togolais. Ainsi, le 27 février 2005, les femmes de Lomé ont défilé par
milliers pour dénoncer le coup d'État monarchique du clan GNASSINGBE. A
l'encontre du droit de manifestation garantis par les instruments
internationaux des droits de l'Homme, les forces de sécurité ont usé à
leur encontre d'une force disproportionnée et de violences
inacceptables. Les 27, 28 février, 1er, 2 et 3 mars 2005, des militaires
ont pénétré dans des maisons du quartier Bè de Lomé et s'y sont adonnés à
des violences s'apparentant à des traitements inhumains, cruels et
dégradants : assassinats, viols, actes de torture et arrestations
arbitraires ont été recensés tout au long du mois de février 2005. Les
corps de trois personnes ont été repêchés dans la lagune du quartier Bè et
un autre décès a été recensé dans le même quartier. Dans le même temps, les autorités se sont efforcées de
limiter la liberté de la presse en fermant des stations de radios sous des
prétextes fallacieux, en confisquant leurs matériels, en menaçant et en
intimidant les journalistes. Les forces de l'ordre s'en sont également pris à des
ressortissants des pays membres de la CEDEAO dont les Chefs d'État avaient
ouvertement dénoncé le coup d'État, usant d'intimidations et de
violences. Les morts, les blessés par balles et les disparus dont la
liste s'allonge dangereusement illustrent la férocité de la répression
d'une armée qui considère la population comme l'ennemi. En recoupant les faits collectés par diverses sources avec
les témoignages des victimes et des rescapés, la LTDH est en mesure
d'établir formellement qu'il s'agit d'opérations militaires à caractère
politique, préméditées, minutieusement préparées et exécutées avec
l'intention délibérée de tuer et de blesser. C'est pourquoi la LTDH considère que les responsables en
place aux moments des faits, se sont rendus coupables de graves violations
des droits de l'Homme en privant de nombreux togolais des droits garantis
par les instruments internationaux de défense des droits de l'Homme dont
le Togo est partie : droit à la vie et à l'intégrité physique et morale,
droit de manifestation et d'opinion, droit d'informer librement et de
critiquer le gouvernement, etc. La Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH), lance un
cri d'alarme à l'opinion mondiale et à la communauté internationale et les
appelle à mettre l'actuel gouvernement togolais devant ses responsabilités
en matière de respects des droits de l'Homme et d'état de droit au risque
de voir le Togo se retrouver au ban de la communauté internationale. Attachée à la lutte contre l'impunité,
la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme (LTDH), demande, instamment et de
toute urgence, la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale
indépendante sur les crimes qui se perpétuent au Togo depuis le coup
d'État du 5 février 2005. Composée de personnalités et d'organisations
internationales de défense des droits de l'Homme connues pour leur
indépendance, elle aura à procéder aux
investigations approfondies et à établir un rapport rigoureux sur la
réalité et la gravité des actes criminels dont les autorités togolaises
actuellement en place se sont rendues coupables. Dans l'espoir que ces événements ne resteront pas impunis et
que les victimes obtiennent réparation, la LTDH a pris l'initiative de
collecter et d'établir rigoureusement les faits et d'élaborer le présent
Mémorandum afin de porter à la connaissance de l'opinion nationale et
internationale les graves violations des droits de l'Homme qui se
multiplient au Togo depuis la disparition de feu le président Eyadéma
Gnassingbé. Par ce document, la LTDH souhaite que chacun comprenne
l'urgence qu'il y a de se mobiliser pour exiger le respect des droits de
l'Homme au Togo, et afin que ne se répètent pas les 38 années de dictature
et d'oppression qui sont pour le peuple Togolais synonyme de peur, de
tortures, de meurtres et de violences.
Introduction
:
Ligue
togolaise des Droits de l'Homme (LTDH) - Mars 2005