Retour page d'accueil

 PRESSAFRIQUE 25.04.05
Black Out sur le Togo.
Demain jour de tous les dangers - Accord pour un gouvernement d'union nationale ?- fraudes électorales massives - Hier au moins 5 morts et 20 blessés à Lomé - inconséquences sémantiques de Barnier  - Patrick de Saint-Exupéry expulsé avec l'aval de Paris. 

 

Malgré la décision de Faure Eyadéma et de Gilchrist Olympio de constituer un gouvernement d'unité nationale quelque soit le résultat sortant des urnes, demain reste le jour de tous les dangers! (Ajout du 26.04.05 : Gilchrist Olympio dément avoir signé un accord avec Faure Eyadéma pour la création d'un gouvernement d'union nationale quelque soit les résultats des élections!)

La CENI doit publier les résultats des élections présidentielles et il est fort à parier qu'ils  risquent de susciter de nombreux mécontentements populaires. Tous les sondages, tous les résultats partiels (
ADIP, UFC...) collectés par la société civile donnent Emmanuel  Akitani Bob avec plus de 75% des voix. Or comme en Centrafrique des fraudes massives ont été constatées par de nombreux observateurs issus des médias, de la société civile et de correspondants étrangers ( soutien togo ).    Ainsi la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme évoque une "mascarade électorale confirmée".

 LTDH 25.04.05
Togo-LTDH: "Une mascarade électorale confirmée"
"
La LTDH dénonce l'immixtion violente et frauduleuse de l'armée dans le processus électoral en vue d'en fausser les résultats ainsi que la complicité criminelle de la CEDEAO aux ordres de la France.

La LTDH exhorte le peuple français à se désolidariser de la position honteuse du président Jacques Chirac."



Mais la junte militaire au pouvoir ne l'entend pas de cette oreille. Soutenue par les plus hautes autorités françaises et par le président de la république française, elle se sent légitimée dans sa  répression des opposants. Etat de fait qui ne semble pas inquiéter  outre mesure la communauté internationale.  Le régime du fils Eyadéma a quadrillé Lomé et placé ses militaires et les milices du RPT dans les fiefs de l'opposition. Des hélicoptères survolent les quartiers de Bé,  des mitrailleuses sont installées au coin des rues selon l'UFC.


Hier soir cette répression a fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. Les victimes sont tombées sous les balles car elles refusaient que des hommes armées volent les urnes dans les fiefs de l'opposition. Un acte héroïque et dramatique qui s'est soldé par la mort d'au moins cinq personnes aux dernières nouvelles selon Libération.

 LIBERATION 25.04.05
Des heurts dans les rues de Lomé hier soir à la clôture du scrutin présidentiel.
Togo: la succession d'Eyadéma entachée de violences

"Depuis les violences de dimanche soir qui auraient fait au moins cinq tués, le processus de dépouillement a été perturbé dans plusieurs zones de la capitale."


  Ces faits particulièrement graves ont été qualifiés par le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier,  "d'incidents " :

"Lundi, le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a déclaré que le scrutin s'était déroulé dans des "conditions globalement satisfaisantes malgré un certain nombre d'incidents". Selon lui, il s'agit d'un "succès" qui doit être confirmé lors du dépouillement pour lequel il a appelé au calme."

Ce nombre d'incidents correspond sans doute en langage diplomatique au nombre de morts. Dérive sémantique, s'il en est,  montrant le peu de cas fait par les hautes autoritsé politiques de notre pays   des vies humaines en Afrique. Avec toujours ce mépris pour masquer de graves compromissions que n'ont pas manqué de signaler les partis d'opposition.  Ainsi 
le Parti socialiste français dénonce le silence complaisant des plus hautes autorités françaises et du Président Chirac  à l'instar de l'ancien secrétaire d'état à l'immigration Koffi Yamgnane qui avait dénoncé "l'assourdissant silence de la France (du président Jacques) Chirac qui reçoit à l'Elysée (...) la brochette de généraux mafieux qui ont décidé, y compris en défiant le monde entier, d'amener le peuple togolais à s'écraser sur le mur de leur folie", il a aussi mis "en garde le gouvernement français qui semble avoir décidé d'exposer 3.000 compatriotes vivant au Togo". "Le Togo ne doit pas devenir une autre Côte d'Ivoire". 


 HUMANITE 25.04.05
Un désastre français
"...Cette attitude de la France relève de la stratégie à court terme. Loin d'avoir pris la leçon d'une crise ivoirienne, Paris semble prêt à commettre les mêmes erreurs. Le soutien sans faille à un régime dictatorial dans le refus du dialogue politique, l'utilisation à usage privé des richesses du pays, la violence et l'instrumentalisation de la question ethnique portent les germes du conflit et de l'éclatement. Au risque de mettre en danger ses ressortissants installés sur place et, à plus long terme, ses intérêts et sa présence dans la région.".



En dépit du calme apparent à Lomé aujourd'hui, de nombreuses violences ont été signalées. On dénombre ainsi une dizaine de blessés dont trois par balles selon l'AFP.


AFP 25.04.05
Les jeunes opposants togolais craignent qu'on leur vole leur victoire

"...Ils accusent les militaires d'être arrivés dans le quartier et d'être entrés dans les cours "sans raison". Selon plusieurs témoignages, les soldats ont tiré sur des civils, certains endormis dans leur chambre.

Le grand frère d'Antoine, un enseignant de 28 ans, "dormait quand les militaires ont cassé la porte, il a essayé de se cacher sous le lit mais ils lui ont tiré dessus directement".

Hospitalisé au CHU de Tokoin, cet homme, Kokou Azianblé a reçu quatre balles. "Son état est stable mais on doit encore extraire les balles", précise un médecin.

Dans les "vons", les ruelles non goudronnées et boueuses perpendiculaires aux grandes artères de Lomé, des militaires à bord de véhiculent tout terrain patrouillent, mais changent de position dès qu'ils constatent la présence de journalistes....Là, les gens se terrent, les coups de sifflet des guetteurs résonnent dès qu'une voiture approche. Après leur passage, les portes s'ouvrent: "ils sont entré ici, ils ont frappé cette femme" affirme un vieil homme en désignant le bras meurtris d'une jeune fille. "S'il m'avaient vu, ils m'auraient tué", ajoute-t-il, encore effrayé.

Dans une maison, le propriétaire raconte comment les militaires sont entrés dans une chambre et ont tiré sur une femme qui a été gravement blessée. Un peu plus loin, un médecin de quartier soigne avec les moyens du bord deux jeunes hommes qui ont reçu des éclats de grenades.

Ces violences lundi ont fait de sources médicales une dizaine de blessés, dont trois par balle."



Ce soir, les réseaux  téléphoniques cellulaires mobiles ont été interrompus, des journalistes ont déja été refoulés dès leur arrivée à Lomé avec l'aval de Paris. Ce fut le cas du journaliste  Patrick de Saint-Exupéry, envoyé spécial du Figaro qui fut refoulé dès son arrivée vendredi à l'aéroport pour cause de fermetures des frontières. Reporter Sans Frontières dénonce le sort qui a été fait au journaliste du Figaro par les autorités politiques de Lomé. Mais visiblement Paris et Lomé sont sur la même longueur d'onde. 

 NOUVEL OBS.COM 25.04.05
Journaliste refoulé : Paris soutient Lomé
S'agissant du point particulier concernant l'envoyé spécial du Figaro, je vous rappelle que les autorités togolaises avaient notifié la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes à compter de vendredi", a déclaré à la presse la porte-parole adjointe du ministère, Cécile Pozzo di Borgo
...Tous les medias privés togolais ont reçu l'interdiction de couvrir l'élection présidentielle du 24 avril, perturbée par des violences qui ont fait 3 tués et 20 blessés.

Demain les Togolais seront seuls, les médias n'ayant pas jugé que leur cause valait la peine. Quant à la communauté internationale elle laisse oeuvrer l'ancienne puissance coloniale dans son pré-carré comme bon lui semble.

 SURVIE 25.04.05. 

Le peuple togolais sera-t-il abandonné par la communauté internationale ?
 

    Dans l'après-midi du 24 avril 2005, jour du scrutin présidentiel togolais, les moyens de communication avec le Togo, Internet, téléphone mobile, ont été coupés. On ne peut imaginer signe plus clair de la nécessité pour le pouvoir d'opérer une vaste opération de fraude nocturne pour sortir « vainqueur » des urnes.
 

    Des témoignages de truquage des urnes sont parvenus à Paris dans la journée de dimanche, jusqu'à ce que la possibilité de communiquer avec le Togo ait été coupée. Ce lundi, il n'est possible de joindre que des postes fixes. Grâce à l'un de ces postes, nous savons que des militaires ont envahi des zones favorables à l'opposition, où ils ont brûlé des urnes. Des affrontements ont suivi, faisant 3 morts et des blessés...

...Le ministre de l'Intérieur, François Boko, a mis en garde, dans la nuit du 22 avril, contre un « processus électoral suicidaire ». Aussitôt limogé, il s'est réfugié à l'ambassade d'Allemagne, qui ne partage pas la satisfaction française devant ce braquage électoral. Que fera l'Allemagne pour muscler les « préoccupations » de l'Union européenne (UE) face à cette mascarade ? Bailleur de l'envoi d'observateurs du scrutin de la CEDEAO, l'UE serait justifiée à demander des comptes à cette dernière, qui ne semble rien avoir remarqué de particulier. Le Secrétaire général des Nations-unies s'est félicité de l'élection présidentielle togolaise tenue dimanche. Que dira-t-il de ce déni d'établir une démocratie une fois qu'il aura mieux fait le tour de la situation ? Les États-Unis exprimeront-ils plus que leur « trouble » devant ce déni ?

Nous avons appelé le Président de la République à renoncer à soutenir la dictature togolaise. Nous faisons notre deuil d'une réponse en ce sens. Nous nous reportons sur le reste du monde, qu'il fasse mieux que le pays qui n'en finit plus d'oublier qu'il a été perçu comme celui des droits de l'Homme.