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Malgré la décision de Faure Eyadéma et de Gilchrist
Olympio de constituer un gouvernement d'unité nationale quelque soit
le résultat sortant des urnes, demain reste le jour de tous les dangers!
(Ajout du 26.04.05 : Gilchrist Olympio dément avoir
signé un accord avec Faure Eyadéma pour la création d'un gouvernement
d'union nationale quelque soit les résultats des élections!)
La CENI doit publier les résultats des élections
présidentielles et il est fort à parier qu'ils risquent de susciter
de nombreux mécontentements populaires. Tous les sondages, tous les
résultats partiels (ADIP, UFC...) collectés par la société civile
donnent Emmanuel Akitani Bob avec plus de 75% des voix. Or
comme en
Centrafrique des fraudes massives ont été constatées par de nombreux
observateurs issus des médias, de la société civile et de
correspondants étrangers (
soutien
togo ). Ainsi la Ligue
Togolaise des Droits de l'Homme évoque une "mascarade électorale
confirmée".
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LTDH
25.04.05 Togo-LTDH: "Une mascarade
électorale confirmée"
"La LTDH dénonce l'immixtion
violente et frauduleuse de l'armée dans le processus électoral en
vue d'en fausser les résultats ainsi que la complicité criminelle de
la CEDEAO aux ordres de la France.
La LTDH exhorte le peuple
français à se désolidariser de la position honteuse du président
Jacques Chirac." |
Mais la junte militaire au pouvoir ne l'entend pas de cette
oreille. Soutenue par les plus hautes autorités françaises et par le
président de la république française, elle se sent légitimée dans
sa répression des opposants. Etat de fait qui ne semble pas
inquiéter outre mesure la communauté
internationale. Le régime du fils Eyadéma a quadrillé Lomé et
placé ses militaires et les milices du RPT dans les fiefs de
l'opposition. Des hélicoptères survolent les quartiers de Bé, des
mitrailleuses sont installées au coin des rues selon l'UFC.
Hier soir cette répression a fait plusieurs
morts et des dizaines de blessés. Les victimes sont tombées sous les
balles car elles refusaient que des hommes armées volent les urnes
dans les fiefs de l'opposition. Un acte héroïque et dramatique qui s'est
soldé par la mort d'au moins cinq personnes aux dernières nouvelles selon
Libération.
Ces faits particulièrement graves ont été
qualifiés par le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier,
"d'incidents
" :
"Lundi, le ministre français
des Affaires étrangères, Michel Barnier, a déclaré que le scrutin s'était
déroulé dans des "conditions globalement satisfaisantes malgré un certain
nombre d'incidents". Selon lui, il s'agit d'un "succès" qui doit être
confirmé lors du dépouillement pour lequel il a appelé au calme."
Ce nombre d'incidents correspond sans doute en langage
diplomatique au nombre de morts. Dérive sémantique, s'il en est,
montrant le peu de cas fait par les hautes autoritsé politiques de
notre pays des vies humaines en Afrique. Avec toujours ce
mépris pour masquer de graves compromissions que n'ont pas manqué de
signaler les partis d'opposition. Ainsi le Parti socialiste français
dénonce le silence complaisant des plus hautes autorités françaises et du
Président Chirac à l'instar de
l'ancien secrétaire d'état à l'immigration Koffi Yamgnane
qui avait dénoncé "l'assourdissant silence de la France (du président
Jacques) Chirac qui reçoit à l'Elysée (...) la brochette de généraux
mafieux qui ont décidé, y compris en défiant le monde entier, d'amener le
peuple togolais à s'écraser sur le mur de leur folie", il a aussi
mis "en
garde le gouvernement français qui semble avoir décidé d'exposer 3.000
compatriotes vivant au Togo". "Le Togo ne doit pas devenir une autre Côte
d'Ivoire".
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HUMANITE 25.04.05 Un désastre français "...Cette attitude de la France relève de la stratégie
à court terme. Loin d'avoir pris la leçon d'une crise ivoirienne,
Paris semble prêt à commettre les mêmes erreurs. Le soutien sans
faille à un régime dictatorial dans le refus du dialogue politique,
l'utilisation à usage privé des richesses du pays, la violence et
l'instrumentalisation de la question ethnique portent les germes du
conflit et de l'éclatement. Au risque de mettre en danger ses
ressortissants installés sur place et, à plus long terme, ses
intérêts et sa présence dans la
région.". |
En dépit du calme apparent à Lomé aujourd'hui, de nombreuses
violences ont été signalées. On dénombre ainsi une dizaine de blessés dont
trois par balles selon l'AFP.
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AFP 25.04.05 Les jeunes
opposants togolais craignent qu'on leur vole leur
victoire
"...Ils accusent les militaires d'être arrivés
dans le quartier et d'être entrés dans les cours "sans raison".
Selon plusieurs témoignages, les soldats ont tiré sur des civils,
certains endormis dans leur chambre.
Le grand frère d'Antoine, un enseignant de 28 ans, "dormait quand
les militaires ont cassé la porte, il a essayé de se cacher sous le
lit mais ils lui ont tiré dessus directement".
Hospitalisé au CHU de Tokoin, cet homme, Kokou Azianblé a reçu
quatre balles. "Son état est stable mais on doit encore extraire les
balles", précise un médecin.
Dans les "vons", les ruelles non goudronnées et boueuses
perpendiculaires aux grandes artères de Lomé, des militaires à bord
de véhiculent tout terrain patrouillent, mais changent de position
dès qu'ils constatent la présence de journalistes....Là, les gens se
terrent, les coups de sifflet des guetteurs résonnent dès qu'une
voiture approche. Après leur passage, les portes s'ouvrent: "ils
sont entré ici, ils ont frappé cette femme" affirme un vieil homme
en désignant le bras meurtris d'une jeune fille. "S'il m'avaient vu,
ils m'auraient tué", ajoute-t-il, encore effrayé.
Dans une maison, le propriétaire raconte
comment les militaires sont entrés dans une chambre et ont tiré sur
une femme qui a été gravement blessée. Un peu plus loin, un médecin
de quartier soigne avec les moyens du bord deux jeunes hommes qui
ont reçu des éclats de grenades.
Ces violences lundi ont fait de sources
médicales une dizaine de blessés, dont trois par
balle." |
Ce soir, les réseaux téléphoniques cellulaires
mobiles ont été interrompus, des journalistes ont déja été refoulés dès
leur arrivée à Lomé avec l'aval de Paris. Ce fut le cas du journaliste
Patrick de Saint-Exupéry, envoyé spécial du Figaro qui fut
refoulé dès son arrivée vendredi à l'aéroport pour cause de
fermetures des frontières. Reporter Sans
Frontières
dénonce le sort qui a été fait au
journaliste du Figaro par les autorités politiques de Lomé.
Mais visiblement Paris et Lomé sont
sur la même longueur d'onde.
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NOUVEL OBS.COM
25.04.05 Journaliste
refoulé : Paris soutient Lomé S'agissant du point particulier concernant l'envoyé spécial
du Figaro, je vous rappelle que les autorités togolaises
avaient notifié la fermeture des frontières terrestres, maritimes et
aériennes à compter de vendredi", a déclaré à la presse la
porte-parole adjointe du ministère, Cécile Pozzo di
Borgo...Tous les medias
privés togolais ont reçu l'interdiction de couvrir l'élection
présidentielle du 24 avril, perturbée par des violences qui ont fait
3 tués et 20 blessés. |
Demain les Togolais seront seuls, les médias
n'ayant pas jugé que leur cause valait la peine. Quant à la communauté
internationale elle laisse oeuvrer l'ancienne puissance
coloniale dans son pré-carré comme bon lui semble.
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SURVIE 25.04.05.
Le peuple togolais sera-t-il abandonné par la
communauté internationale ?
Dans l'après-midi du 24 avril 2005, jour du
scrutin présidentiel togolais, les moyens de communication avec le
Togo, Internet, téléphone mobile, ont été coupés. On ne peut
imaginer signe plus clair de la nécessité pour le pouvoir d'opérer
une vaste opération de fraude nocturne pour sortir « vainqueur » des
urnes.
Des témoignages de truquage
des urnes sont parvenus à Paris dans la journée de dimanche, jusqu'à
ce que la possibilité de communiquer avec le Togo ait été coupée. Ce
lundi, il n'est possible de joindre que des postes fixes. Grâce à
l'un de ces postes, nous savons que des militaires ont envahi des
zones favorables à l'opposition, où ils ont brûlé des urnes. Des
affrontements ont suivi, faisant 3 morts et des
blessés...
...Le ministre de l'Intérieur, François Boko, a
mis en garde, dans la nuit du 22 avril, contre un « processus
électoral suicidaire ». Aussitôt limogé, il s'est réfugié à
l'ambassade d'Allemagne, qui ne partage pas la satisfaction
française devant ce braquage électoral. Que fera l'Allemagne pour
muscler les « préoccupations » de l'Union européenne (UE)
face à cette mascarade ? Bailleur de l'envoi d'observateurs du
scrutin de la CEDEAO, l'UE serait justifiée à demander des comptes à
cette dernière, qui ne semble rien avoir remarqué de particulier. Le
Secrétaire général des Nations-unies s'est félicité de l'élection
présidentielle togolaise tenue dimanche. Que dira-t-il de ce déni
d'établir une démocratie une fois qu'il aura mieux fait le tour de
la situation ? Les États-Unis exprimeront-ils plus que leur
« trouble » devant ce déni ?
Nous avons appelé le Président de la République à
renoncer à soutenir la dictature togolaise. Nous faisons notre deuil
d'une réponse en ce sens. Nous nous reportons sur le reste du monde,
qu'il fasse mieux que le pays qui n'en finit plus d'oublier qu'il a
été perçu comme celui des droits de
l'Homme. |
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