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"La décennie qui vient
de se dérouler semble promettre aux crimes de masse un grand avenir, et de
lourdes tâches à l'ONU - à supposer qu'elle veuille un jour se départir de
sa solide tradition démissionnaire ou complice. Mais ici, l'ordre de
l'amnésie règne. A l'heure actuelle, donc, où la "communauté
internationale" se retournerait sur ces "défaillances" en Bosnie et au
Rwanda, elle a laisé faire au Congo-Brazzaville et au Timor. Rappelons que
la haute direction de l'ONU connaissait l'existence du "plan B", dit
"Opération Nettoyage Total" préparé de longue date en Indonésie,
comme elle savait à l'avance ce qui allait se passer au Rwanda. La
question qu'il faut se poser maintenant est : combien y a-t-il aujourd'hui
de tels plans dans le monde? Ainsi , les fonctionnaires de l'ONU
pourraient être prévenus et évacués à l'avance." Catherine Coquio
cité par Jean-Paul Gouteux in "Un génocide sans importance la
françafrique au Rwanda"
Les évènements qui se déroulent actuellement au Togo
relèvent du crime contre l'humanité et à ce titre demeurent
imprescriptibles et passibles du droit international. En effet
la notion de crimes contre l'humanité est définit par l'article 7 du statut
de Rome concernant la Cour Pénale Internationale.
| Cet article (Wikipédia) "définit onze actes constitutifs
de crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis
« dans le cadre d'une attaque généralisée ou
systématique dirigée contre toute population civile et en
connaissance de l'attaque
» :
meurtre, extermination, réduction en
esclavage, déportation ou transfert forcé de
population, emprisonnement [.],
torture, viol, esclavage sexuel [.], persécution
de tout groupe ou de toute collectivité
identifiable pour des motifs d'ordre racial, religieux [.],
disparitions forcées de personnes
, crime d'apartheid, autres actes
inhumains [.]. Chaque terme est ensuite redéfini plus en détail,
comme les termes extermination, déportation, etc. La notion de crime
contre l'humanité est définitivement extraite de son contexte
initial et définie rigoureusement. la lumière de l'article 7 et des
textes qui le précèdent, trois grands principes de droit
international peuvent être dégagés qui régissent le crime contre
l'humanité : il peut être commis en tout temps (en temps de
guerre extérieure ou intérieure comme en temps de paix) ; il
est imprescriptible ; personne ne peut échapper à la
répression, des chefs de l'État aux exécutants (article 27 du
Statut). On notera que le crime contre l'humanité consacre donc une
certaine primauté du droit international sur le droit national par
sa nature même, puisqu'il peut s'agir aussi bien d'agissements
légaux qu'illégaux dans le pays concerné. Ce qui peut être déclaré
légal par un certain régime peut devenir illégal compte tenu de la
législation de la justice pénale
internationale. |
En suivant à
la lettre la définition de l'article 7 de la CPI, ce qui se passe
actuellement au Togo relève du crime contre
l'humanité. Nous avons surligné en caractères gras les mots correspondant à ce qui se passe
actuellement au Togo. En dépit de
l'effort fourni par la France et son vassal personnifié
par la CEDEAO, pour minimiser les "incidents" qui ont
entravé le scrutin et qui l'ont suivi, la répression qui
s'abat sur la population togolaise est des plus
atroce. Des militaires, des milices du RPT (parti de Faure Eyadéma)
rentrent dans les maisons "pillent, violent, frappent et tuent" selon les
propos de l'ancien secrétaire d'Etat Koffi YamgnaneKofi YAMGNANE : "Togo, Silence on
tue....L'assourdissant silence de la France de Chirac". Le
bilan provisoire à Lomé s'élève pour le moment à plus de 20 morts et
à une centaine de blessés par balles en l'espace de la seule journée
d'hier. Cette répression s'est faite en trois phases : pendant le
scrutin, dans la journée qui a suivi l'annonce des résultats et après le
scrutin où l'on assiste actuellement à une véritable opération de
nettoyage des régions hostiles au régime d'après les informations
glanées ici et là.
Pendant le scrutin Les violences qui
ont émaillé le scrutin ont fait au moins 7 morts et plusieurs dizaines de
blessés par balles le jour du scrutin. Ils furent qualifiés par le
quai d'Orsay "d'incidents" et l'on est en droit de penser que l'Elysée
était en lien direct avec Lomé pour connaître en temps réel ce qui se
passait réellement dans sa néocolonie où il dispose de nombreux électrons
libres et d'autres beaucoup plus stables. L'AFP a signalé un certain
nombre d'exactions pendant le scrutin.
AFP 24.04.05 Les jeunes opposants togolais craignent
qu'on leur vole leur victoire
"...Ils accusent les militaires d'être arrivés
dans le quartier et d'être entrés dans les cours "sans raison".
Selon plusieurs témoignages, les soldats ont tiré sur des civils,
certains endormis dans leur chambre.
Le grand frère d'Antoine, un enseignant de 28
ans, "dormait quand les militaires ont cassé la porte, il a essayé
de se cacher sous le lit mais ils lui ont tiré dessus directement".
Hospitalisé au CHU de Tokoin, cet homme,
Kokou Azianblé a reçu quatre balles. "Son état est stable mais on
doit encore extraire les balles", précise un médecin.
Dans les "vons", les ruelles non goudronnées
et boueuses perpendiculaires aux grandes artères de Lomé, des
militaires à bord de véhicule tout terrain patrouillent, mais
changent de position dès qu'ils constatent la présence de
journalistes....Là, les gens se terrent, les coups de sifflet des
guetteurs résonnent dès qu'une voiture approche. Après leur passage,
les portes s'ouvrent: "ils sont entré ici, ils ont frappé cette
femme" affirme un vieil homme en désignant le bras meurtris d'une
jeune fille. "S'il m'avaient vu, ils m'auraient tué", ajoute-t-il,
encore effrayé.
Dans
une maison, le propriétaire raconte comment les militaires sont
entrés dans une chambre et ont tiré sur une femme qui a été
gravement blessée. Un peu plus loin, un médecin de quartier soigne
avec les moyens du bord deux jeunes hommes qui ont reçu des éclats
de grenades.
Ces
violences lundi ont fait de sources médicales une dizaine de
blessés, dont trois par
balle." |
Des victimes sont tombées sous les balles car elles
refusaient que des hommes armés volent les urnes dans les fiefs de
l'opposition. D'autres part les infractions massives durant le
scrutin ont amené un cortège d'associations et de
partis politiques français à demander l'annulation de cette élection.
De même la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme a dénoncé "l'immixtion violente et frauduleuse de l'armée dans le
processus électoral en vue d'en fausser les résultats ainsi que la
complicité criminelle de la CEDEAO aux ordres de la France. La FIDH a
elle aussi évoqué une "mascarade électorale" en dénonçant des exactions
nombreuses lors du scrutin. Face à toutes ces exactions dénoncées
bien avant et pendant le scrutin "La France
"prend note avec satisfaction de ce que l'élection présidentielle au
Togo s'est déroulée dans des conditions satisfaisantes, même si on a dû
constater des incidents isolés", a déclaré lundi le ministère des
Affaires étrangères. Le Parti socialiste quant à lui, à la suite de Koffi
Yamgnane, a dénoncé les graves exactions qui ont émaillé le scrutin (Le Parti socialiste français dénonce le
silence complaisant des plus hautes autorités françaises et du Président
Chirac) de même que le parti des verts isolant un peu
plus le gouvernement actuel dans sa gestion de la crise
au Togo.
Après le scrutin, une véritable
opération de répression et de nettoyage a été lancée sur les manifestants
de l'opposition. La première partie a consisté à déployer
des militaires et des miliciens ressemblant à s'y méprendre à
des "escadrons de la mort" pour tirer à balles réelles sur les
manifestants. Des pillages, des viols et des tueries ont
été organisées pour mener la contre-insurrection face à des
manifestants armés de baton et de gourdin. Sur le pays entier on
déplore plus de 100 morts et des centaines de blessés par balles. (Depuis hier, on avoisine les 100
morts dans tout le Togo TOGOELECTIONS 27.04.05).
LE TOGOLAIS.COM 26.04.05 Togo-présidentielles : Des « escadrons de la
mort » lâchés sur la population à Lomé. « Nous les avons vus arriver par
camions entiers et se mettre en place peu avant que les résultats
des élections soient annoncés » raconte Laurent AKPOVI, enseignant à
Lomé et résident à Nyékonakpoè, un des fiefs de l'opposition dans la
capitale togolaise. Lourdement armés et massivement positionnés aux
points stratégiques du quartier, les groupes de militaire n'ont pas
hésité à tirer à balles réelles aussi bien sur les passants que sur
les poches de manifestants qui commençaient par se constituer dès
l'annonce des résultats. « Ils attendaient vraisemblablement un
ordre et dès que les résultats ont été annoncés, ils ont commencé
par tirer sans sommation sur tout ce qui bougeait », confie, en
larmes, Komlanvi, un membre de la Ligue togolaise des droits de
l'homme(LTDH) joint au téléphone en début d'après-midi. Selon
diverses sources concordantes, plusieurs blessés graves jonchaient
les rues de ce quartier périphérique de Lomé pendant que les
escadrons de militaires pourchassaient certains partisans de
l'opposition jusque dans des habitations où ils avaient trouvé
refuge. |
LE TOGOLAIS.COM 27.04.05 Habemus dictateur Gnassingbé 2: Tous au front
!!!! "...Les escadrons de la mort sont dans la rue ;
ils tuent froidement des civils qui ne font que manifester leur
indignation face à la mascarade dont le clan Gnassingbé vient une
fois de plus de nous gratifier." |
Selon les sources de l'AFP en date du 27.04.05 90% des
blessés le sont par balle.
La seconde partie a lieu
actuellement et constitue une véritable opération de nettoyage des fiefs
de l'opposition. Ainsi à Sokodé, depuis la proclamation de l'élection de Faure, des
militaires et miliciens du RPT sont en train de se livrer à des massacres
sur la population civiles de Sokodé : "Des gens ont été égorgés, des
maisons détruites, beaucoup sont arrêtés" selon TOGOELECTIONS 27.04.05 Sokodé est à feu et à
sang . Une véritabe chasse à l'homme aurait été
organisée par les milices du RPT selon l'opposition : "La chasse à l´homme
se poursuit et la nuit promet d´être cauchemardesque. Selon un
témoin,les milices du RPT ont juré qu´ils continueront ce massacre jusqu´à
ce que l´on entende plus parler d´opposant à Sokodé". Toujours
selon les mêmes sourcesTOGOELECTIONS, "on denombrerait
plusieurs morts dans le grand Kloto. L'Eglise catholique locale qui a
contribué à secourir plusieurs blessés, serait menacée par les
responsables du RPT sur place". A Aného des opposants politiques sont
enlevés et disparaissent tels que Le Chef Togbui Zankli Lawson VIII * .
Une partie de la population a fui au Bénin voisin.
Sans aucun doute
cette répression suivie d'un nettoyage des fiefs de l'opposition
constitue un crime contre l'humanité qu'essaye de minimiser la France et
son bras séculier la CEDEAO. Cette répression prend par certains
aspects les marques d'une "guerre antisubversive"
avec la présence d'escadrons de la mort et de milices chargés d'accomplir
le sale boulot et de terroriser les populations. La répression ressemble
à s'y méprendre à une guerre dirigée contre la population Togolaise.
Pour construire sa dynastie il faut faire table rase de l'opposition
et des fortes têtes. Il est dommage que Patrick de Saint-Exupéry
n'ait pu se rendre sur place pour apprécier dans quelle mesure on ne
rejouait pas au Togo les méthodes de la guerre antisubversive.
De ce qui suit, le régime de Faure Eyadéma peut être traîné devant
la cour pénale internationale. Les massacres perpétrés par le fils de
l'ami personnel du président ne relèvent pas du génocide pour l'instant
mais demeure un crime contre l'humanité qui reste imprescriptible.
La question de la préméditation reste posée. Les journalistes ont
été triés sur le volet avant les élections ainsi Patrick de
Saint-Exupéry fut expulsé. Le pays a coupé toutes les communication
téléphoniques notamment les réseaux mobiles et a en prévision des émeutes,
avant même les élections, fermé toutes les frontières. Le pays s'est
retrouvé coupé du monde permettant à la répression de débuter de
manière impitoyable. Enfin, le ministre de l'intérieur, dur du
régime s'il en est, avait annoncé à l'avant-veille du scrutin, que
l'on pouvait s'attendre à une répression terrible et à "un bain de sang"
évoquant des centaines de morts si les élections avaient lieu comme prévu.
Il avait évoqué aussi un risque de clivage au sein de l'armée et un risque
de guerre civile.
Déclaration de Koffi
Yamgnane à l'AFP (Soutien
Togo) :
"Au Togo,
quand on est au pouvoir, on est là pour la vie, ceux qui s'opposent
on les tue. C'est ce que les autorités françaises font semblant de
ne pas comprendre"
"Je [François Esso Boko, ndlr] l'ai eu de
très bonne heure au téléphone. Il m'a dit : si je suis
intervenu, c'est parce que mes services (de renseignement) m'ont dit
que si cette élection a lieu dimanche, dès le soir déplorera au
moins deux cent morts", a ajouté l'ancien
secrétaire-d'Etat."
"Il est allé ensuite expliquer ça au
président (par intérim). Quand il est arrivé, il y avait des
+généraux faucons+. Quand il a fini son exposé, tout de suite il a
compris. Un des généraux a dit : 'il y aura 200 morts, et
alors ? C'est pas nous qui mourrons, c'est les autres. Tu peux
dégager !'. Il a compris qu'il fallait qu'il se planque", a
poursuivi M. Yamgnane." |
Or à ce jour la population civile est seule face
à un régime criminel ayant décidé de lui faire la guerre. La
communauté internationale a une fois de plus déserté. La
Françafrique, après avoir incendié son pré-carré, se présente en grand
réconciliateur tout en sachant qu'actuellement on assassine massivement
ceux qui contestaient sa suprématie sur les terres du Togo.
Quant
aux médias? Demain à la Une de La Croix "Airbus 320, gros
porteurs d'emplois", de Libération : "L'Europe s'en voit en l'air", du
Figaro "les ailes de l'Europe" ; L'Humanité "Raffarin ne voit pas
le jour", etc. Business as usual...
* celui-ci a fini par être libéré le lendemain le
28.04.05 (ajout du 28.04.05)
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Demain jour de tous les dangers - Accord pour un gouvernement d'union
nationale? - fraudes électorales massives - Hier au moins 5 morts et 20
blessés à Lomé - inconséquences sémantiques de Barnier - Patrick de
Saint-Exupéry expulsé avec l'aval de Paris.
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24.04.05 Compte-rendu de la journée des élections
présidentielles Togolaises. Togo vers la guerre civile ? Climat
insurectionnel : plus de 3 morts ce soir à Lomé et des dizaines de blessés
après un scrutin relativement calme- nombreuses fraudes électorales selon
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23.04.05 Togo. Compte-rendu de la journée du 23.04.05
(J-1). Nicolas Lawson renonce à se présenter - L'UE, La CEDEAO derrière le
choix de la France - Irrégularités pré-électorales généralisées en faveur
du candidat de la junte militaire au pouvoir selon les médias parisiens -
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Le 24.04.05 jour des élections présidentielles...
PRESSAFRIQUE 22.04.05 Compte-rendu de la journée du 22.04 (J-2) : Le
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très gros
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