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 PRESSAFRIQUE 27.04.05
CRIME CONTRE L'HUMANITE AU TOGO - MASSACRES SANS IMPORTANCE, LA FRANCAFRIQUE AU TOGO

 "La décennie qui vient de se dérouler semble promettre aux crimes de masse un grand avenir, et de lourdes tâches à l'ONU - à supposer qu'elle veuille un jour se départir de sa solide tradition démissionnaire ou complice. Mais ici, l'ordre de l'amnésie règne. A l'heure actuelle, donc, où la "communauté internationale" se retournerait sur ces "défaillances" en Bosnie et au Rwanda, elle a laisé faire au Congo-Brazzaville et au Timor. Rappelons que la haute direction de l'ONU connaissait l'existence du "plan B", dit "Opération Nettoyage Total" préparé de longue date en Indonésie, comme elle savait à l'avance ce qui allait se passer au Rwanda. La question qu'il faut se poser maintenant est : combien y a-t-il aujourd'hui de tels plans dans le monde? Ainsi , les fonctionnaires de l'ONU pourraient être prévenus et évacués à l'avance."
Catherine Coquio cité par Jean-Paul Gouteux in "Un génocide sans importance la françafrique au Rwanda"
 


Les évènements qui se déroulent actuellement au Togo relèvent du crime contre l'humanité et à ce titre demeurent imprescriptibles et passibles du droit international. En effet la notion de crimes contre l'humanité est définit par
l'article 7 du statut de Rome concernant la Cour Pénale Internationale

Cet article (Wikipédia)  "définit onze actes constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque  » :  meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement [.], torture, viol, esclavage sexuel [.], persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre racial, religieux [.], disparitions forcées de personnes , crime d'apartheid, autres actes inhumains [.]. Chaque terme est ensuite redéfini plus en détail, comme les termes extermination, déportation, etc. La notion de crime contre l'humanité est définitivement extraite de son contexte initial et définie rigoureusement.  la lumière de l'article 7 et des textes qui le précèdent, trois grands principes de droit international peuvent être dégagés qui régissent le crime contre l'humanité : il peut être commis en tout temps (en temps de guerre extérieure ou intérieure comme en temps de paix) ; il est imprescriptible ; personne ne peut échapper à la répression, des chefs de l'État aux exécutants (article 27 du Statut). On notera que le crime contre l'humanité consacre donc une certaine primauté du droit international sur le droit national par sa nature même, puisqu'il peut s'agir aussi bien d'agissements légaux qu'illégaux dans le pays concerné. Ce qui peut être déclaré légal par un certain régime peut devenir illégal compte tenu de la législation de la justice pénale internationale.



En suivant à la lettre la définition de l'article 7 de la CPI, ce qui se passe actuellement au Togo relève du crime contre l'humanité. Nous avons surligné en caractères gras les mots correspondant à ce qui se passe actuellement au Togo. En dépit de l'effort fourni par  la France et son vassal personnifié par la  CEDEAO,  pour minimiser les "incidents" qui  ont entravé le scrutin et qui l'ont suivi, la répression qui  s'abat sur la population togolaise est des plus atroce. Des militaires, des milices du RPT (parti de Faure Eyadéma) rentrent dans les maisons "pillent, violent, frappent et tuent" selon les propos de l'ancien secrétaire d'Etat Koffi YamgnaneKofi YAMGNANE : "Togo, Silence on tue....L'assourdissant silence de la France de Chirac". Le bilan  provisoire à Lomé s'élève pour le moment à plus de 20 morts et à une centaine de blessés par balles en l'espace de la seule  journée d'hier.  Cette répression s'est faite en trois phases : pendant le scrutin, dans la journée qui a suivi l'annonce des résultats et après le scrutin où l'on assiste  actuellement à une véritable opération de nettoyage des régions hostiles au régime d'après les informations glanées ici et là. 

Pendant le scrutin
Les violences qui ont émaillé le scrutin ont fait au moins 7 morts et plusieurs dizaines de blessés par balles le jour du scrutin. Ils furent qualifiés par le quai d'Orsay "d'incidents" et l'on est en droit de penser que l'Elysée était en lien direct avec Lomé pour connaître en temps réel ce qui se passait réellement dans sa néocolonie où il dispose de nombreux électrons libres et d'autres beaucoup plus stables.
L'AFP a signalé un certain nombre d'exactions pendant le scrutin.

AFP 24.04.05
Les jeunes opposants togolais craignent qu'on leur vole leur victoire

"...Ils accusent les militaires d'être arrivés dans le quartier et d'être entrés dans les cours "sans raison". Selon plusieurs témoignages, les soldats ont tiré sur des civils, certains endormis dans leur chambre.

Le grand frère d'Antoine, un enseignant de 28 ans, "dormait quand les militaires ont cassé la porte, il a essayé de se cacher sous le lit mais ils lui ont tiré dessus directement".

Hospitalisé au CHU de Tokoin, cet homme, Kokou Azianblé a reçu quatre balles. "Son état est stable mais on doit encore extraire les balles", précise un médecin.

Dans les "vons", les ruelles non goudronnées et boueuses perpendiculaires aux grandes artères de Lomé, des militaires à bord de véhicule tout terrain patrouillent, mais changent de position dès qu'ils constatent la présence de journalistes....Là, les gens se terrent, les coups de sifflet des guetteurs résonnent dès qu'une voiture approche. Après leur passage, les portes s'ouvrent: "ils sont entré ici, ils ont frappé cette femme" affirme un vieil homme en désignant le bras meurtris d'une jeune fille. "S'il m'avaient vu, ils m'auraient tué", ajoute-t-il, encore effrayé.

Dans une maison, le propriétaire raconte comment les militaires sont entrés dans une chambre et ont tiré sur une femme qui a été gravement blessée. Un peu plus loin, un médecin de quartier soigne avec les moyens du bord deux jeunes hommes qui ont reçu des éclats de grenades.

Ces violences lundi ont fait de sources médicales une dizaine de blessés, dont trois par balle."



Des victimes sont tombées sous les balles car elles refusaient que des hommes armés volent les urnes dans les fiefs de l'opposition.  D'autres part les infractions massives durant le scrutin ont amené un cortège d'associations et de partis politiques français à demander l'annulation de cette élection. De même la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme a dénoncé "l'immixtion violente et frauduleuse de l'armée dans le processus électoral en vue d'en fausser les résultats ainsi que la complicité criminelle de la CEDEAO aux ordres de la France. La FIDH a elle aussi évoqué une "mascarade électorale" en dénonçant des exactions nombreuses lors du scrutin. Face à toutes ces exactions  dénoncées bien avant et pendant le scrutin  "La France "prend note avec satisfaction de ce que l'élection présidentielle au Togo s'est déroulée dans des conditions satisfaisantes, même si on a dû constater des incidents isolés", a déclaré lundi le ministère des Affaires étrangères. Le Parti socialiste quant à lui, à la suite de Koffi Yamgnane, a dénoncé les graves exactions qui ont émaillé le scrutin (Le Parti socialiste français dénonce le silence complaisant des plus hautes autorités françaises et du Président Chirac) de même que le parti des verts isolant un peu plus le gouvernement actuel dans sa gestion de la crise au  Togo.


 
Après le scrutin, une véritable opération de répression et de nettoyage a été lancée sur les manifestants de l'opposition. 
La première partie a consisté à déployer des militaires et des miliciens ressemblant à s'y méprendre à des "escadrons de la mort" pour tirer à balles réelles sur les manifestants.  Des pillages, des viols et des tueries ont été organisées pour mener la contre-insurrection face à des manifestants armés de baton et de gourdin. Sur le pays entier on déplore plus de 100 morts et des centaines de blessés par balles. (Depuis hier, on avoisine les 100 morts dans tout le Togo TOGOELECTIONS 27.04.05).

 LE TOGOLAIS.COM 26.04.05
Togo-présidentielles : Des « escadrons de la mort » lâchés sur la population à Lomé.

« Nous les avons vus arriver par camions entiers et se mettre en place peu avant que les résultats des élections soient annoncés » raconte Laurent AKPOVI, enseignant à Lomé et résident à Nyékonakpoè, un des fiefs de l'opposition dans la capitale togolaise. Lourdement armés et massivement positionnés aux points stratégiques du quartier, les groupes de militaire n'ont pas hésité à tirer à balles réelles aussi bien sur les passants que sur les poches de manifestants qui commençaient par se constituer dès l'annonce des résultats. « Ils attendaient vraisemblablement un ordre et dès que les résultats ont été annoncés, ils ont commencé par tirer sans sommation sur tout ce qui bougeait », confie, en larmes, Komlanvi, un membre de la Ligue togolaise des droits de l'homme(LTDH) joint au téléphone en début d'après-midi. Selon diverses sources concordantes, plusieurs blessés graves jonchaient les rues de ce quartier périphérique de Lomé pendant que les escadrons de militaires pourchassaient certains partisans de l'opposition jusque dans des habitations où ils avaient trouvé refuge.


 LE TOGOLAIS.COM 27.04.05
Habemus dictateur Gnassingbé 2: Tous au front !!!!
"...Les escadrons de la mort sont dans la rue ; ils tuent froidement des civils qui ne font que manifester leur indignation face à la mascarade dont le clan Gnassingbé vient une fois de plus de nous gratifier."

 

Selon les sources de l'AFP en date du 27.04.05 90% des blessés le sont par balle.


La seconde partie a lieu actuellement et constitue une véritable opération de nettoyage des fiefs de l'opposition. Ainsi  à Sokodé, depuis la proclamation de l'élection de Faure, des militaires et miliciens du RPT sont en train de se livrer à des massacres sur la population civiles de Sokodé : "Des gens ont été égorgés, des maisons détruites, beaucoup sont arrêtés" selon TOGOELECTIONS 27.04.05 Sokodé est à feu et à sang  . Une véritabe chasse à l'homme aurait été organisée par les milices du RPT selon l'opposition : "La chasse à l´homme se poursuit et la nuit promet d´être cauchemardesque. Selon un témoin,les milices du RPT ont juré qu´ils continueront ce massacre jusqu´à ce que l´on entende plus parler d´opposant à Sokodé". Toujours selon les mêmes sourcesTOGOELECTIONS, "on denombrerait plusieurs morts dans le grand Kloto. L'Eglise catholique locale qui a contribué à secourir plusieurs blessés, serait menacée par les responsables du RPT sur place". A Aného des opposants politiques sont enlevés et disparaissent tels que Le Chef Togbui Zankli Lawson VIII  * . Une partie de la population a fui au Bénin voisin.

Sans aucun doute cette répression suivie d'un nettoyage des fiefs de l'opposition constitue un crime contre l'humanité qu'essaye de minimiser la France et son bras séculier la CEDEAO. Cette répression prend par certains aspects les marques d'une "guerre antisubversive" avec la présence d'escadrons de la mort et de milices chargés d'accomplir le sale boulot et de terroriser les populations. La répression ressemble à s'y méprendre à  une guerre dirigée contre la population Togolaise. Pour construire sa dynastie il faut faire table rase de l'opposition et des fortes têtes. Il est dommage que Patrick de Saint-Exupéry n'ait pu se rendre sur place pour apprécier dans quelle mesure on ne rejouait pas au Togo les méthodes de la guerre antisubversive.  De ce qui suit, le régime de Faure Eyadéma peut être traîné devant la cour pénale internationale. Les massacres perpétrés par le fils de l'ami personnel du président ne relèvent pas du génocide pour l'instant mais demeure un crime contre l'humanité qui reste imprescriptible.

La question de la préméditation reste posée. Les journalistes ont été triés sur le volet avant les élections ainsi Patrick de Saint-Exupéry fut expulsé. Le pays a coupé toutes les communication téléphoniques notamment les réseaux mobiles et a en prévision des émeutes, avant même les élections, fermé toutes les frontières. Le pays s'est retrouvé coupé du monde permettant à la répression de débuter de manière impitoyable.  Enfin, le ministre de l'intérieur, dur du régime s'il en est, avait annoncé à l'avant-veille du scrutin, que l'on pouvait s'attendre à une répression terrible et à "un bain de sang" évoquant des centaines de morts si les élections avaient lieu comme prévu. Il avait évoqué aussi un risque de clivage au sein de l'armée et un risque de guerre civile.

  Déclaration de Koffi  Yamgnane à l'AFP (Soutien Togo) :

"Au Togo, quand on est au pouvoir, on est là pour la vie, ceux qui s'opposent on les tue. C'est ce que les autorités françaises font semblant de ne pas comprendre"

"Je [François Esso Boko, ndlr] l'ai eu de très bonne heure au téléphone. Il m'a dit : si je suis intervenu, c'est parce que mes services (de renseignement) m'ont dit que si cette élection a lieu dimanche, dès le soir déplorera au moins deux cent morts", a ajouté l'ancien secrétaire-d'Etat."

"Il est allé ensuite expliquer ça au président (par intérim). Quand il est arrivé, il y avait des +généraux faucons+. Quand il a fini son exposé, tout de suite il a compris. Un des généraux a dit : 'il y aura 200 morts, et alors ? C'est pas nous qui mourrons, c'est les autres. Tu peux dégager !'. Il a compris qu'il fallait qu'il se planque", a poursuivi M. Yamgnane."




Or à ce jour la population civile est seule face à un régime criminel ayant décidé de lui faire la guerre. La communauté internationale a une fois de plus déserté. La Françafrique, après avoir incendié son pré-carré, se présente en grand réconciliateur tout en sachant qu'actuellement on assassine massivement ceux qui contestaient sa suprématie sur les terres du Togo.

Quant aux médias?
Demain à la Une de La Croix "Airbus 320, gros porteurs d'emplois", de Libération : "L'Europe s'en voit en l'air", du Figaro "les ailes de l'Europe" ; L'Humanité "Raffarin ne voit pas le jour", etc. Business as usual...


* celui-ci a fini par être libéré le lendemain le 28.04.05 (ajout du 28.04.05)




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