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 PRESSAFRIQUE 01.02.07
 Une ONG nigérienne dénonce le pillage de l'uranium au Niger par AREVA

 Pendant que certain animateur vedette du PAF trouve les modalités explicatives de la famine au Niger dans la "bite des noirs", pendant que France Télévisions couronne un négrophobe expliquant que le retard africain est lié à un atavisme culturel remettant au goût du jour le structuralisme surrané des anthropologues modernes, pendant que Nôtre bon Président s'évertue à faire comprendre à la population française que les "Africains sont joyeux par nature" et que certains de ses "amis personnels" sont des dictateurs kleptocrates à la solde de la Françafrique, pendant que l'on gave les Français de clichés racialistes et de mythes coloniaux, l'entreprise Areva continue de piller tranquillement le Niger en puisant allègrement l'uranium du Niger tandis que la radioactivité aux alentours des mines d'uranium est particulièrement élevée selon la CRIIRAD. Areva a été accusée dans un reportage de Canal Plus de l'émission 90 minutes de ne pas respecter les normes sanitaires françaises au Niger. Il a été évoqué par la CRIIRAD et Sherpa la contamination de l'eau potable et le non respect des normes de radioprotection pour les travailleurs nigériens (Le Monde 26.04.05).

Une ONG nigérienne, Alternatives Espaces citoyens, soutenue par deux ONGs françaises, entend s'inviter au débat de la campagne électorale française en faisant connaître aux citoyens français les manières dont l'entreprise Areva pille à bon compte l'uranium du Niger. Selon Alternatives Espaces citoyens : "En 36 ans d'exploitation de notre uranium, Areva a réalisé un bénéfice de 2.500 milliards de FCFA. Dans le même temps, le Niger est le dernier pays du monde en terme d'indice du développement humain (IDH) depuis 4 années consécutives. Il y a donc des choses qui ne vont pas dans les relations entre Areva et le Niger. Le peuple français doit le savoir afin d'exercer des pressions pour un autre type de relations entre la France et ses anciennes colonies".

En effet au travers de sa filiale, Cogema, le groupe français Areva contrôle 65% de la société minière nigérienne de l'Air (Somaïr) et 34% de la Compagnie minière d'Akouta. Cet uranium est transporté vers le Bénin par la route puis embarqué par voie maritime vers les usines de la Cogema à Narbonne en France. La fixation du prix de l'uranium nigérien sur le marché international est du ressort exclusif du groupe français en vertu d'une convention signée en 1967 entre le Niger et la France (Leader Africa 31.01.07. L'exploitation de l'Uranium nigérien par la France "est un véritable drame" pour les populations nigériennes).