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PRESSAFRIQUE
08.05.05 | |||
Les Elections qui doivent
avaliser le coup d'état de Bozizé en Centrafrique ont commencé ce
matin. Cette mascarade électorale qui se prolonge de manière surprenante
par un second tour aboutira à la légitimation d'un pouvoir
centrafricain à fort tropisme françafricain. Alors que tout était prévu
pour un passage en force de Bozizé au pemier tour, l'évolution vers un
second tour serait due selon la La Lettre Du Continent et Le Confident à
la nécessité de petits arrangements entre "frères de lumières" à
savoir entre les deux membres de la grande loge française. Plaçant Jacques
Chirac dans l'embarras de se prononcer sur son candidat
françafricain préféré, tous deux congénères de la loge .
De tous temps la France [1-2] fait la pluie et le beau temps sur son porte-avions françafricain en orientant fortement le choix de l'élu qui dirigera la néocolonie centrafricaine. Ce fut le cas pour Bokassa Ier qui comme Eyadéma vient de l'armée coloniale française, puis de Dacko, puis de Kolingba. Mais l'on doit bien dire qu'Ange-Félix Patassé, en dépit de son passé de ministre de Bokassa, fut au départ un ovni démocratique venu au pouvoir par un scrutin démocratique non contesté et autorisé par la France dans le courant des années 1990 ; avant de sombrer dans un pouvoir despotique et tyrannique soutenu par les amis de la françafrique et critiqué par d'autres. Selon Le Confident [3 ]: "On se souvient qu'à l'époque de l'ancien président Patassé Ange Félix, les chiraquiens ont joué un rôle flou durant les neuf années du pouvoir. Certains étaient pour une certaine fragilisation de son fauteuil sans toutefois l'évincer. C'est fort de cela qu'on aura vu mutineries et coups d'Etat se succéder. Objectif fixé : amener Patassé à faire plus de concessions. Une demande pas du tout gratuite, d'autant que le ''barbu'' commençait à taper du poing sur la table, à trop brandir ses relations avec la Libye de Kadhafi et la Chine Populaire !". Indéniablement ces pressions françafricaines ont fortement contribué à durcir le régime de Patassé avec de nombreuses dérives criminelles. Un procédé qui n'est pas sans rappeler les pressions françafricaines et la tentative de coup d'état venu de l'allié françafricain Campaoré à l'encontre du président Laurent Gbagbo [4-5 ], car celui-ci était soucieux d'ouvrir son marché à des entreprises n'étant pas alliées de l'ancienne puisance coloniale. Paris, d'une stratégie directe de soutien à gouverneurs néocoloniaux, est passée à un soutien plus discret et opaque mais tout aussi pressant comme au Togo. La collusion entre les candidats en lice au second tour et "les frères de lumière" françafricains aurait été un élément déterminant dans la constitution d'un second tour selon la Lettre Du Continent. La LDC [6] tiendrait ses sources directement de Charles Massi, candidat du FODEM, qui aurait négocié, pour son ralliement à Bozizé, l'obtention d'un poste comme ministre aux mines.
Il semble qu'entre les deux tours de nombreux accords ont été signés entre les partis exclus du second tour et les partis des Bozizé et Ziguélé. Premier accroc? Kolingba n'a pas assuré son soutien à Bozizé parce que celui-ci ne lui donnait pas de garanties financières suffisantes selon Le Monde [7 ]. Le premier tour entaché de fraudes massives et de l'absence d'observateurs en nombre suffisants a marqué une régression par rapport à l'expérience démocratique centrafricaine en la matière d'élections. Le peu d'observateurs internationaux hormis ceux de l'OIF n'ayant pas accès à la liste des électeurs ni au dépouillement ne donne aucunes garanties démocratiques ni de transparence pour ces élections[8 ]. Ainsi on a constaté l'exclusion des délégués de l'UFVN de certains bureaux de votes. Selon l'opposition [8] : - les Présidents des Centres de dépouillement ont systématiquement refusé de délivrer les procès - verbaux aux représentants dûment mandatés des Candidats violant ainsi les dispositions du Code électoral: - A la Coordination nationale de la CEMI, les enveloppes contenant les procès verbaux sont décachetées hors la présence des représentants des Candidats et les résultats directement envoyés à la saisie; Des milliers de fausses cartes d'électeurs ont été saisies sur des personnes dans l'enceinte des centres de vote; les responsables de ces actes, arrêtés et détenus par la Police, ont été libérés par la suite, après intervention de la Garde rapprochée du candidat BOZIZE ; La découverte d'une quarantaine d'urnes à l'école KOUDOUKOU où il n' y avait que 22 bureaux de vote. Ces urnes ont servi à des bourrages, expliquant les résultats "favorables" au Candidat BOZIZE dans la circonscription. Une mascarade électorale qui ressemble à s'y méprendre à celle qui l'a suivie au Togo, mais la constitution d'un second tour a sans doute contribué à appaiser les esprits tout en mettant en pôle position les trois candidats françafricains : Bozizé, Ziguélé (considéré par beaucoup comme un "faux-nez de Patassé") et Kolingba (ayant déja servi les intérêts français avant d'être battu démocratiquement par Patassé[1 ]), avec respectivement 43, 28 et 16% des voix environ. Les autres candidats ayant été laminés. L'Union des Forces Vives de la Nation rassemblant l'ensemble de l'opposition à la veille du premier tour s'est retrouvée profondément divisée et le peu qu'il en reste s'est rangé au côté de la candidature de Ziguélé. l'UFVN dénonce déja les nombreux cas de fraudes électorales et atteintes au bon déroulement du processus électoral au second tour :
Compte tenu de son score confortable au premier tour, on est en droit de se demander pourquoi Bozizé recourerait à de tels procédés d'intimidations et de pressions si les élections étaient transparentes et démocratiques. Sans doute encore une affabulation de l'UFVN? Bozizé n'a pas hésité de sa propre initiative à différer la date du second tour au 8 mai alors que celui-ci devait se tenir initialement le 1er mai. Sans doute pour peaufiner en toute quiétude les petits arrangements entre amis et éviter la proximité avec les élections togolaises qui s'annonçaient des plus explosives? Le candidat qui sortira des urnes Bozizé ou Ziguélé sera béni par la françafrique. Intervenant à la radio nationale le 23 avril dernier, M. Joseph Bendounga, président du Mouvement démocratique pour le renouveau de Centrafrique (MDREC), dont la candidature à la présidentielle a été invalidée en janvier dernier pour défaut de versement de la caution de 5 millions F CFA, a été limogé pour avoir déclaré que le choix entre ces deux candidats relevaient de choisir entre "la peste et le choléra". Il a été sanctionné par Bozizé et consors pour incitation à la "haine tribale". Tout comme le vice-président, Abel Goumba, licencié de manière anticonstitutionnelle après avoir déclaré, au lendemain du premier tour, que celui-ci fut marqué par des fraudes massives. 1. L'HUMANITE 12.03.05 L'histoire mouvementée du "porte-avions" français 2. PRESSAFRIQUE 12.03.05 MASCARADE ELECTORALE EN CENTRAFRIQUE 3. LE CONFIDENT 28.04.05 (ICICEMAC) BOZIZÉ OU ZIGUÉLÉ: La France dans l'embaras 4. LE
MONDE DIPLOMATIQUE (Anglais) Avril 2005 |