Débat des Cahiers d'histoire

Revue d'histoire critique :  
"le négationnisme en histoire coloniale" 
et
la loi du 23 février 2005   

Mardi 29.03.05, Espaces Marx
64 Bd Auguste-Blanqui 75013 PARIS

 Programme :
L'intégralité des textes originaux des auteurs sera publiée dans les Cahiers d'histoire


- Marcel Dorigny, historien : Négationnisme et histoire de l'esclavage (le cas d'Haïti)

- Frédéric Régent, historien : le rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe, mémoire, histoire et "révisionnisme".

- Jean-Luc Einaudi , historien : le 17 octobre 1961

- Alain Ruscio, historien : Autour d'un cinquantenaire : Dien Bien Phu en 2004

- Catherine Coquio , professeur de littérature, présidente d'
Aircrige (Association Internationale de Recherches sur les Crimes contre l'Humanité et les Génocides)  et porte-parole de la Commission d'Enquête Citoyenne : L'implication et le révisionnisme français dans le génocide rwandais.


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Raphaël Granvaud , professeur de Français, membre de l'association Survie : Colonisation et décolonisation de l'Afrique dans les manuels scolaires aux alentours de l'an 2000. 
 



 « Colonisation et décolonisation de l'Afrique dans les manuels scolaires aux alentours de l'an 2000 »
Intervention de Raphaël Granvaud (29.03.05)


La petite étude que je vais vous présenter est intitulée « Colonisation et décolonisation de l'Afrique dans les manuels scolaires aux alentours de l'an 2000 ». Je commencerai pas solliciter votre indulgence, car il ne s'agit pas d'un travail universitaire, et l'histoire n'est pas ma discipline de formation. Il s'agit d'une étude réalisée pour le compte de l'association Survie, encore incomplète dans la mesure où elle ne porte que sur les manuels de collège, l'étude des manuels de lycée n'étant pas terminée. Elle concerne la douzaine des manuels de collèges les plus utilisés, conformes à la dernière version des programmes, donc postérieurs à 1998 pour le niveau 4ème et 1999 pour le niveau 3ème. Il s'agissait très simplement de confronter le contenu de ces manuels avec quelques travaux facilement accessibles, comme les contributions rassemblées dans Le Livre Noir du colonialisme[1], les ouvrages publiés par l'association Survie, notamment les livres de F. X. Verschave[2], ou encore ceux du CADTM[3].

Tous les manuels commencent par l'étude des causes : parmi celles évoquées, la « mission civilisatrice » est présentée la plupart du temps comme une volonté philanthropique bien réelle et non comme un discours de justification. De la même manière, les explorations sont mises uniquement sur le compte d'initiatives individuelles ou de la curiosité scientifique de l'époque. Plusieurs manuels incluent parmi les causes de la colonisation la question du peuplement, présentant l'émigration comme volontaire ou comme signe positif d'un dynamisme démographique, alors qu'il s'agissait surtout de déporter les indésirables, ainsi que le rappelle Marc Ferro.

A l'étude des causes, succède celle des formes de la colonisation. La plupart des manuels se contentent de lister les différents systèmes d'administration (assimilation, administration directe ou indirecte). Un seul[4] signale qu'ils répondaient à une même logique et que concrètement les choix adoptés furent finalement très proches.

Plusieurs autres points sont généralement traités dans cette rubrique : le pillage des ressources est mentionné par tous les manuels, mais sous des appellations diverses. On parle tantôt d'« exploitation » des richesses et tantôt de « mise en valeur », là où Marc Ferro parle de pays « saignés à blancs ». Les termes de « pillage », de « vol » ou des équivalents ne sont jamais utilisés. Aucun manuel ne mentionne les monopoles imposés par les métropoles, et une minorité seulement parle de la confiscation des terres et de ses effets, certains préférant mettre l'accent sur « le développement des cultures. » Tous les manuels indiquent que les métropoles imposent leurs produits manufacturés, ce qui est parfois présenté sous la forme d'un échange. Un seul manuel4 explique que cela « ruine l'artisanat local et empêche la naissance d'une industrie. » Le travail forcé est la plupart du temps mentionné, mais là aussi de manière très inégale et le plus souvent euphémisée. Le seul manuel[5] qui mentionne « les déplacements massifs de population » et se risque à chiffrer les victimes les compte « parfois par milliers ». Constatation surprenante : aucune des synthèses n'évoque ce phénomène en relation avec l'esclavage. Enfin, les répercussions démographiques de la première phase de conquête et d'exploitation ne sont abordées par aucun manuel. Il s'agit pourtant d'un indicateur spectaculaire du choc colonial pour les populations colonisées puisque avec les épidémies et les famines, certaines régions voient leur population diminuer de moitié, d'autres du tiers.

Le racisme qui structure la vision coloniale est le plus souvent estompé et euphémisé. Un seul manuel4 consacre un paragraphe spécifique à cette question et tente de montrer qu'il résulte d'une construction sociale nourrie de mises en scènes et de nombreux discours institutionnels.

Le terme d'atrocité ne figure que dans deux manuels[6]. Une caricature d'époque évoque la question des amputations, mais sans précision sur l'ampleur du phénomène. Arrestations arbitraires, crimes, prises d'otages et pratiques quotidiennes de la torture et de l'esclavage sexuel, y compris des enfants, ne sont jamais mentionnés. Aucune photographie n'illustre vraiment la réalité de la violence coloniale et aucun des manuels ne se risque à avancer des chiffres susceptibles de nourrir une vision d'ensemble. Les formulation de synthèse pour un bilan de la violence coloniale sont peu nombreuses et très fortement euphémisées. Par exemple : « l'impérialisme est parfois critiqué et mécontente les populations » ou encore les conquêtes sont « souvent violentes ». La formulation la plus dure définit la colonisation comme un « système d'exploitation que les populations dominées ont durement subie dans leur vie quotidienne »4. Un seul manuel utilise le terme de « répression » et en propose une illustration photographique.4 Si tous les manuels présentent un ou plusieurs documents dénonçant la colonisation[7], c'est également le seul à donner la parole à des auteurs africains.

Au nombre des oublis, on pourrait également rapidement mentionner les stratégies coloniales de division, de réinvention des traditions, de création de l'ethnisme et d'introduction des oppositions raciales au sein des populations, les formes spécifiques d'oppression des femmes ainsi que la question importante des résistances à la colonisation, minimisées et laissées dans le flou. Les procédés colonialistes ayant été qualifiés, en 2001, par la Conférence de Durban, de « crimes contre l'humanité », on pourra s'étonner  enfin que ce terme ne figure pas au moins dans les manuels parus après cette date, pas plus que les termes de « massacre », de « système totalitaire », ou de « génocides », certains, comme celui des Héréros, ayant pourtant été reconnus au plan international.

En revanche, tous les manuels sauf un4 mettent en balance les aspects « positifs » et les aspects « négatifs » de l'entreprise coloniale, posant de manière tantôt explicite, tantôt implicite la question du bilan de la colonisation. Ils entonnent, avec plus ou moins de nuances, et documents iconographiques à l'appui, le refrain de la « mission civilisatrice », généralement déclinée en trois sous-thèmes : les progrès sanitaires et médicaux, l'éducation, les constructions d'infrastructures, dont le bilan positif viendrait contrebalancer les aspects critiqués. Ainsi le Hachette 1998 explique : « La colonisation est souvent violente, mais elle apporte aussi aux colonies le progrès médical, l'instruction, les routes, les voies ferrées. ».

Il convient donc de rappeler que les constructions d'infrastructures, si elles étaient bien financées et réalisées par les populations locales, ne leur étaient pas précisément destinées. En outre, la théorie de la mise en valeur d'une « terre vierge » de tout système d'exploitation, de production, d'instruction ou de tout système institutionnel, éducatif ou sanitaire relève de la contre-vérité historique et la période de conquête coloniale présenta souvent une terrible régression sur chacun de ces plans. Il faut rappeler aussi que le système éducatif colonial n'a jamais scolarisé qu'une part infime de la population. Pour le reste, précarité, clientélisme, indigence matérielle et pédagogique ont toujours caractérisé, quand il existe, le système éducatif colonial, qui n'avait pas pour fonction l'élévation de l'instruction, jugée dangereuse, mais la transmission de valeurs de respect et d'obéissance à l'homme blanc.

Le thèmes des progrès sanitaires et médicaux est également présent dans presque tous les manuels, comme pendant de la conquête, voire même la précédant. Cette présentation ne tient aucun compte de la chronologie, puisque les premières mesures sanitaires qui dépassent (à peine) le stade du symbolique, sont observées des décennies après la phase de conquête qui fut dévastatrice. Les campagnes médicales furent très limitées, très tardives, très inégalitaires et très violentes, surtout à l'égard des femmes. Enfin, lorsque après la première puis la seconde guerre mondiale, les investissements sanitaires sont plus importants, il s'agit avant tout de légitimer la présence coloniale face au regain de revendications démocratiques et/ou indépendantistes. Les progrès sont donc bien davantage à mettre au crédit  de la lutte anti-coloniale que du colonialisme lui-même. Toutefois, l'espérance de vie ne dépassait pas 35 ans en Afrique française en 1955.

L'incapacité plus ou moins marquée à se détacher du regard colonial est encore plus flagrante dans les études de documents. C'est d'autant plus problématique que la méthodologie historique proprement dite, à laquelle on devrait initier les élèves, exige me semble-t-il, une distanciation qui n'est pas toujours à l'ouvre.

Ainsi, quand on propose aux élèves, à partir d'une couverture du Petit Journal de « dresser la liste des richesses que la France est censée apporter au Maroc », la voix du rédacteur du Petit Journal et celle du rédacteur du manuel ne se confondent pas. De la même manière, quand on demande à propos d'une caricature parue dans l'Assiette au beurre : « D'après cette caricature, quelles sont les réalités vécues par les populations indigènes des colonies ? », la distance critique est respectée.

Malheureusement, les exemples inverses sont fréquents et cohabitent souvent avec les premiers. Ainsi à propos d'un document présentant l'explorateur Savorgnan de Brazza au Congo : « Qui libère-t-il ? » au lieu de « Qui prétend-il libérer ? ». Ou encore : « Quel aspect de la mission civilisatrice de l'Europe est évoqué par ce document ? » Ou encore une illustration du Petit Journal  intitulée « Les bienfaits de la colonisation française au Maroc ». Ou encore à propos d'un discours de Ferry la question « Pourquoi la France doit-elle participer à l'expansion coloniale ? ».  Etc.

Passons à la « décolonisation ». Les Instructions Officielles de 1999 présentent le cadre et les enjeux. Il s'agit d'une étude comparative entre la décolonisation anglaise en Inde et la décolonisation de l'Afrique française. Ce dernier cas doit montrer que « la France a rompu avec son passé colonial ». Deux cas de figure sont opposés : celui de l'Afrique Noire où la rupture s'est faite «  progressivement et sans conflit sanglant », et l'Algérie, où elle s'est faite « difficilement » et où « l'affrontement s'est accompagné d'un drame national. »

On peut tout d'abord remarquer l'apparition du terme de « colonialisme » dans les manuels de 3ème, absent des manuels de 4ème. Seconde constatation : on observe beaucoup moins de variations d'un manuel à l'autre. Le plan proposé, les informations développées, les documents sélectionnés ou même le vocabulaire utilisé sont très souvent identiques.

Tous les manuels commencent par une étude de cartes dont la comparaison est assez surprenante : le nombre de guerres d'indépendance en Afrique varie de 3 à 9 et ne concerne pas toujours les mêmes pays. Pour ce qui concerne les colonies françaises, seule l'Algérie est concernée les autres pays paraissent particulièrement calme au regard des « troubles » mentionnés pour d'autres pays. Ainsi le terme le plus fréquemment employé pour qualifier la décolonisation de l'Afrique noire est celui de « pacifique ». On trouve également les termes de « négociation » et même de « douceur ». Au chapitre des décolonisations dites « pacifiques », et à titre d'exemple des douceurs dont l'armée française est capable, on pourrait au moins citer le cas de deux pays : Madagascar et le Cameroun. Les guerres d'indépendance nationale qu'ils connurent sont encore aujourd'hui niées et les terribles massacres coloniaux dont les populations de ces pays furent victimes restent encore particulièrement occultés. Ils suffisent pourtant à eux seuls à invalider totalement la thèse d'une décolonisation, qui, à l'exception de l'Algérie, se serait déroulée « sans conflit sanglant ».

Deux manuels seulement signalent que « la contestation grandit car les métropoles refusent d'appliquer les réformes promises pendant la guerre »[8] ou qu'elles ont « souvent promis l'émancipation à leurs colonies en échange de leur participation au conflit »[9]. Alors que les manuels mettent majoritairement l'accent sur la responsabilité du FLN pour le déclenchement de la guerre en Algérie, c'est en revanche à la France, au général de Gaulle et à Defferre en particulier que reviendrait le mérite d'avoir préparé la décolonisation de l'Afrique noire, en lui apprenant progressivement le fonctionnement de la démocratie. Rappelons qu'au contraire, les autorités politiques françaises (PC inclus) n'entendaient nullement remettre en cause « la France en tant que puissance » ; que la France n'a accepté des réformes que contrainte et forcée, toujours le plus tard possible, non pour préparer l'indépendance, mais au contraire pour l'éviter, et éviter un embrasement généralisé. L'historien Jean-Luc Einaudi résume ainsi la période d'après guerre : « Au sortir de la deuxième guerre mondiale, la France est entrée dans des guerres de reconquête coloniale. Soit des guerres comme l'Indochine, soit des opérations de répression de masse (.) La France a été en guerre de 1945 à 1962 contre les colonisés. »[10]

Mais dans tous les manuels, un seul exemple est systématiquement proposé comme exemple de « décolonisation pacifique » en Afrique noire : celui du Sénégal, avec un document sur Senghor, tantôt présenté, à tort, comme un militant indépendantiste, tantôt comme ne souhaitant pas une rupture avec la France. Il s'agit du seul leader d'Afrique noire présenté dans les manuels pour représenter « Les aspirations des colonisés en 1945 », à l'exception d'un manuel[11] qui évoque Patrice Lumumba dont le pays n'est pas - encore - une colonie française.

Concernant les causes de la guerre d'Algérie, presque tous les manuels commencent en 1954, occultant les grands massacres de l'après-guerre, sans lesquels on ne peut pas comprendre le choix de la lutte armée. Un seul manuel[12] signale un soulèvement en 1945 « durement réprimé ». Les formulations utilisées donnent le plus souvent l'impression, d'une part que les revendications indépendantistes naissent à cette période et, d'autre part, que l'usage de la violence par les Algériens, parfois appelés « musulmans », précède la répression coloniale. Aucun manuel ne signale la véritable nature des réformes électorales, ni le trucage systématique et violent des élections. Enfin la plupart des manuels évacuent les explications de nature économique (rentes pétrolière et gazière entre autres) ou géostratégique (champ d'expérimentations nucléaires dans le désert), pour retenir seulement que l'Algérie est une colonie de peuplement.

Si certains manuels prennent soin de signaler comme tel le vocabulaire colonial, comme « maintien de l'ordre » ou « pacification », d'autres l'utilisent sans distance. L'usage de la torture est mentionné, mais sans en préciser l'ampleur et la systématicité. A l'exception d'un manuel[13], militaires et colons d'un côté, algériens de l'autre, sont renvoyés dos à dos dans l'utilisation de la violence. Les documents iconographiques sont assez peu représentatifs de l'extrême violence vécue par toute une population. Ni les meurtres de masse, ni l'entreprise de quadrillage, de déportation et d'internement, ni les autres rouages importants de la lutte anti-subversive théorisée par l'Ecole de Guerre française ne sont mentionnés. En outre, aucun manuel ne fournit de bilan chiffré de la guerre d'Algérie. Et si un manuel parle à deux reprises d'« une guerre longue et coûteuse », ces adjectifs se rapportent bien sûr à la nation française. Ne sont pas non plus mentionnées les responsabilités politiques et juridiques en France. Enfin pour terminer, aucun manuel ne signale les massacres du 17 octobre 1961 à Paris.

Revenons sur le cas de la décolonisation de l'Afrique noire. Dans la plupart des manuels, les liens dits de « coopération » avec la métropole, et les coups d'Etat et des années 60-70 sont mentionnés, mais le rôle réel de la France reste soigneusement occulté. Pour tous les manuels, il ne fait aucun doute qu'« en 1960, tous les pays de l'Afrique noire française deviennent indépendants »[14] et que « l'Afrique noire (.) est presque totalement décolonisée au début des années 60 »[15]. La nature de cette indépendance n'est pas questionnée.

L'indépendance formelle ne sera pourtant accordée qu'après avoir brisé par les armes une série de révoltes populaires et contrôlé les élites : il s'agit bien d'établir des régimes indigènes à la dévotion de l'ex-métropole, relayant la politique coloniale auprès des masses et partageant les mêmes intérêts de classe que les élites métropolitaines, bien que plus bas dans la hiérarchie économique.

Sur le plan économique, comment parler d'indépendance quand de 1960 à 1965 au moins, les anciennes colonies françaises n'ont même pas de Trésor public propre, indépendant du Trésor français ; quand, par la suite, le carcan du franc CFA et le système paritaire des banques centrales privent ces pays de toute autonomie monétaire et économique ? Sans parler des systèmes de corruption par l'Aide publique au développement par exemple, de la dépendance organisée par le biais de la dette, parfois directement gérée par Elf comme au Congo-Brazzaville, ou du détournement pur et simple des matières premières ou de leurs rentes. La France conserve bien l'essentiel du contrôle de l'économie de ses « anciennes » colonies.

Au plan politique, comment parler d'indépendance quand la France, ou plutôt les réseaux françafricains mis en place par Foccart pour le compte de De Gaulle, font et défont les régimes, encadrent les dictateurs issus de l'armée ou des services français, forment leurs milices, rédigent leurs constitutions, éliminent leurs opposants, truquent les élections, et mènent des interventions militaires directes ou déguisées ? Depuis De Gaulle, la cellule africaine de l'Elysée poursuit avec une continuité exemplaire cette politique dans la plupart des « anciennes » colonies, et même dans quelques nouvelles, dans l'indifférence ou l'ignorance du parlement français. Même si le système se lézarde aujourd'hui de plus en plus, le terme de « protectorat » conviendrait sans doute mieux que celui d'indépendance.

Certes, on aurait tort d'être trop exigeant à l'égard des manuels scolaires, et il paraît difficile de leur demander de jouer un rôle que la plupart des hommes politiques, des journalistes ou des intellectuels n'assument pas, se conformant à une présentation épurée de la situation de l'Afrique francophone. L'activité des réseaux « françafricains » commence néanmoins à être prise en compte dans les travaux historiques [16], et on peut en espérer peut-être des retombées dans de futurs manuels scolaires. Dans l'immédiat, il est à craindre toutefois que la concentration de l'édition scolaire entre les mains de groupes liés à ces réseaux françafricains, n'arrange rien de ce point de vue. Pas plus que le récent vote d'une loi qui rend hommage aux colons et à l'armée française, auxquels les programmes scolaires devraient accorder « la place éminente à laquelle il sont droit ».

Raphaël Granvaud



[1] Sous la direction de Marc Ferro.

[2] La Françafrique, Noir Silence, L'envers de la dette, entre autres.

[3] Eric Toussaint, Afrique, annuler la dette pour libérer le développement.

[4] Hachette 2003.

[5] Magnard 2002.

[6] Hachette 98 en légende explicative et Magnard 2002 dans un texte de G. Bonnevalot.

[7] Extrait de résolution de la IIème Internationale pour Belin 2002, Hachette 1998, Lanessan pour le Bordas, aucun texte de dénonciation pour le Bordas 1998 et le Hatier 1998, Clémenceau, Aimé Césaire et Kourouma pour le Hachette 2003.

[8] Magnard 2003.

[9] Nathan 2003.

[10] Interview à Rouge du 13 mai 2004.

[11] Belin 2003.

[12] Magnard 2003.

[13] Nathan 2003.

[14] Hatier 2003

[15] Hatier 2003

[16] Voir la fin de l'introduction de Marc Ferro, dans Le Livre noir du colonialisme.