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L'information est enfin arrivée à
Libération et c'est déja pas mal lorsque l'on sait que la majeure
partie de la presse française n'est pas très friande pour informer nos
concitoyens sur la politique menée par Paris dans son pré-carré. La règne
de l'omerta plane souvent sur les rédactions. Déficit de démocratie
oblige, les citoyens français et leur représentants à l'Assemblée
nationale n'ayant pas non plus accès au domaine réservé du Chateau, on ne
voit pas pourquoi la presse française ferait de l'excès de zèle.
Libération (23.03.07) évoque donc
dans un article intitulé Les paras français ont sauté à la frontière du
Darfour, l'ampleur de l'action
aéroportée menée en Centrafrique par les paras français qui avait été
tenue secrète.
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LIBERATION 23.07 Les paras français ont sauté à la frontière du
Darfour
Pour la première fois depuis l'opération de Kolwezi, au
Zaïre, en 1978, l'armée française a conduit début mars une
importante action aéroportée en Afrique. Selon nos informations,
plusieurs dizaines de parachutistes ont été largués sur la ville de
Birao, dans le nord-est de la Centrafrique. Aux portes du Darfour,
cette région, frontalière du Tchad et du Soudan, est le théâtre
d'affrontements entre un mouvement rebelle, l'Union des forces
démocratiques pour le rassemblement (UFDR), et les forces armées
centrafricaines (Faca), soutenues par les militaires français.
L'information n'avait été que très partiellement rendue publique par
l'état-major des armées, mais rien n'avait filtré sur l'ampleur de
l'opération. En pleine campagne présidentielle, l'Elysée ne
souhaitait pas que la politique africaine de la France s'invite dans
le débat électoral... | Pourtant
cette information n'est pas un scoop puisque l'AFP dans une
dépêche en date du 07.03.07 avait révélé l'action aéroportée des troupes
françaises qui soutiennent à bout de bras les FACA comme
d'habitude en Françafrique. Une action qui avait été révélée par
l'Etat-major français mais qui à l'époque n'avait pas suscité tant de
remous dans une République peu habituée à informer ses concitoyens sur la
politique africaine de la France.
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AFP 07.03.07 Centrafrique :
participation de commandos francais a la reprise de l'aeroport de
Birao
"Le detachement d'instruction francais qui
avait ete attaque dimanche matin par la rebellion a ete renforce
dans la nuit de dimanche a lundi par un deuxieme groupe de commandos
parachutistes du 3eme Regiment de parachutistes d'infanterie de
marine", a precise a l'AFP le commandant Christophe Prazuck, de
l'etat-major. "Ils ont ete discretement largues de nuit, a
grande hauteur, soit 3 a 4.000 metres", a-t-il dit.
| Le scoop réchauffé de Libération
est repris dans le Nouvel Observateur. Alors pourquoi cette
information ne remonte que maintenant ? Telle est la question. Ce qui est
sûr c'est que cet article a le mérite de montrer que l'Elysée contrôle les
sources d'information délivrées aux Français et que la politique africaine
de la France est difficilement perceptible pour le citoyen lambda.
"L'information n'avait été que très partiellement rendue publique par
l'état-major des armées, mais rien n'avait filtré sur l'ampleur de
l'opération. En pleine campagne présidentielle, l'Elysée ne souhaitait pas
que la politique africaine de la France s'invite dans le débat
électoral".(Libération 23.03.07 Les paras français ont sauté à la frontière du
Darfour). Campagne électorale ou pas, les Français
ne savent pas que depuis près de 6 mois la France est en
guerre en Centrafrique et au Tchad.
Une autre explication est
plus certaine. En effet de par le titre de l'article de
Libération, le lien est fait avec le Darfour. Et la question
se pose in fine. Pourquoi la France soutient le régime d'un
putchiste en Centrafrique pour la soit-disante stabilité de la région
tandis qu'elle refuse de sécuriser la frontière soudanaise ? La
France préfère soutenir le dictateur Idriss Déby plutôt que d'empêcher les
Djanjawids de pénétrer au Tchad et de lancer des raids et des razzias
meurtrières. Paris a donc les moyens de sécuriser la frontière avec
le Soudan pour favoriser la création d'un corridor
humanitaire. Mais Paris s'y est toujours refusé à ce jour et le
néogouverneur françafricain Déby aussi.
On sait
que le Darfour est une région riche en pétrole convoitée par
l'Américafrique et la Chinafrique ainsi que la Françafrique qui pour
l'instant ménage les deux camps. On sait que depuis 4 ans, le gouvernement
soudanais mène une véritable entreprise de nettoyage colonial à coup de
razzias et de massacres dans la région du Darfour
en lançant des tribus nomades armées par ses soins contre les populations
sédentaires de la région obligées de fuir. On sait qu'Idriss Déby arme les
rebelles qui lancent eux aussi des raids au Darfour visant à déstabiliser
le Darfour. Du coup le régime criminel d'Omar El Béchir arme les rebelles
qui vont sévir au Tchad et en Centrafrique. Des crimes contre l'humanité
qui se produisent dans la plus grande indifférence. La mobilisation
internationale actuelle semble plus liée à une campagne
d'instrumentalisation américafricaine visant en arrière plan à
mettre la main sur les champs pétrolifères, plutôt qu'à une véritable
volonté de défendre les droits de l'homme et de faire stopper ces
massacres qui durent depuis 4 ans. Il ne s'agit pas d'un génocide mais bel
et bien d'un nettoyage colonial mené par Khartoum contre sa propre
population au Darfour avec son lot de crimes contre l'humanité qui doivent
être jugés devant un tribunal international.
A lire chez
Pressafrique : 07.03.07 La France en
guerre en Centrafrique (3) : les paras francais sautent sur
Birao
06.03.07 La
France en guerre en Centrafrique (2). Bombardement des rebelles par les
Mirage F1 a Birao
10.01.07 Que
fait la Françafrique en Centrafrique ? Bokassa
parle
06.12.06 La France en guerre en Centrafrique, les
Français ne sont pas informés
05.12.06 L'armée française
rebombarde les rebelles en Centrafrique
30.11.06 L'armée française
bombarde les rebelles en Centrafrique
28.11.06 Guerre au Tchad,
guerre en
Centrafrique |