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PRESSAFRIQUE
20.03.07 |
| A la veille des élections
présidentielles au Nigéria, des remous politiques agitent la classe
politique nigériane. Wole Soyinka, prix nobel de littérature,
s'inquiète du risque de bascule dans l'anarchie que court son
pays. Dans l'édition du 17.03.07 du quotidien nigérian This Day "Soyinka : We're Heading for Anarchy", un journaliste
revient sur les propos et la vision alarmiste de Wole Soyinka pour son
pays. Il craint que son pays ne se laisse entraîner dans
l'« anarchie » en prévision des élections d'avril prochain suite
à l'exclusion du scrutin de l'un des principaux candidats, le
vice-président Atiku Abubacar, et de la mise en « alerte
maximale » des forces de l'ordre. Une élection présidentielle à haut risque dans un pays démocratique miné par la corruption et les tensions dans le sud du pays où se trouve l'essentiel des richesses pétrolières du pays. Plus gros pays producteur de pétrole d'Afrique, le Nigeria n'a pas réussi à tirer son épingle du jeu en dépit d'une démocratisation de la vie politique. Quatre-vingt dix pour cent des richesses du pays proviennent de l'extraction du pétrole dans le delta du Niger. Or la mauvaise distribution des richesses pétrolières a généré des mouvements de violence parmi la jeunesse. Des mouvements récupérés par des mouvements communautaires ou séparatistes tandis que la société civile semble s'organiser pacifiquement pour réclamer une gestion équitable des richesses pétrolières. On se souviendra de la manière dont les vélléités d'indépendance du Biafra avaient été instrumentalisées par la Françafrique Foccarto-Gaulliste dans les années soixante générant une guerre civile qui fit plus d'un million de morts. Un pétrole qui empoisonne la terre, l'eau et les relations entre les communautés. Après 50 ans d'exploitation pétrolifère, des villes comme Port-Harcourt ont conservé l'aspect d'un bidonville. Il y a des vastes champs de pétrole déchirés par des conflits intercommunautaires avec de régulières prises d'ôtages étrangers. Des factions séparatistes dans le delta du Niger exigent le contrôle local des ressources. Une situation tendue à la veille des élections qui ne semble pas avoir été appaisée par les conflits politiques entre le gouvernement en place et l'opposition avec un risque de remilitarisation du pouvoir politique pour lutter contre la contestation politique croissante. Wole Soyinka en appelle à la solidarité nationale et morale des Nigérians. Il demande une plus juste répartition des richesses, une plus grande transparence des flux pétroliers et à la mise en place par l'Assemblée nationale d'une lutte efficace contre la corruption pour éviter l'évasion des capitaux et la paupérisation de la population au risque d'une «désintégration sociale» . Le Nigéria est un pays phare qui dispose de nombreux atouts pour mener à bien cette politique et en premier lieu de lois anticorruptions votées à l'Assemblée nationale. Il faudrait aussi réfléchir aux entraves qui empêchent ces pays africains riches en pétrole de tirer leur épingle du jeu. Elles ne sont sûrement pas structurelles. |