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C'est ce que viennent de declarer des ecrivains
francophones. Ils appellent a remplacer les termes de <pays
francophone> par les termes de
<pays de langue francaise> ou
plis exactement de <litterature francophone> par <litterature de langue francaise> . Aussitot le suppletif Abdou Diouf, president
de l'Organisation internationale de la francophonie les a qualifies
de < fossoyeur de lafrancophonie >. C'est que l'on aime le debat
dans les hautes spheres francophones. Sur RFI (dans l'emission Appels sur l'actualite du 20.03.07) par contre, le debat
a eu lieu au Gabon dans la ville de Makokou ou des villageois ont pu
donner leur point de vue dans la ferveur et avec une grande pertinence a
l'occasion de la journee de la francophonie. Certains ont evoque le fait
que la France sans l'Afrique francophone redeviendrait une puissance
moyenne, tout en s'interrogeant sur le mepris avec lequel ils sont traites
lorsqu'ils vont dans les ambassades francaises pour reclamer des visas.
Apres tout ce qu'ont fait les Africains pour la France (liberation du pays
en 1944-1945), participation a la croissance economique en constituant une
main d'oeuvre peu onereuse, soutien des decisions de la
France a l'ONU par les neocolonies
francafricaines sans guere de contrepartie, les voila stigmatises,
meprises et condamnes a l'immigration choisie qui pour certains rappellent
des pratiques d'un autre temps. Une gratitude toute coloniale qui trouva
sans doute son paradigme a Thiaroye. Enfin d'autres
lui reprochent d'avoir tue les langues locales, un intervenant fait
remarquer que parmi les pays les plus pauvres du monde (au classement du
PNUD) la moitie sont d'Afrique francophone, un autre s'est interroge du
pourquoi du succes de l'Afrique anglophone au detriment de l'Afrique
francophone qui ne brille pas par ses succes democratiques encore trop peu
nombreux et peu encourages par Notre bon President a l'instar de son
action au Togo, au Congo-Brazzaville, au Gabon,
au Tchad, etc. On apprendra, dans cette
emission aujourd'hui particulierement interactive et dynamique,
enregistree au Gabon, que les pays integrant le cercle de l'OIF doivent
respecter les droits humains. Ainsi un pays appartenant a l'OIF qui
violerait ouvertement la charte des droits humains (de Bamako) de la
francophonie pourrait se voir exclu du cercle des pays francophones. Sur
le papier, cela se presente donc plutot bien, dans la realite on a
l'impression d'un foutage de gueule integral.
A ce compte la, si
la charte etait respectee, il ne resterait plus grand monde dans les pays
d'Afrique francophone. Exit le Togo, le Tchad, le Centrafrique, le
Congo-Brazzaville, Djibouti, la Tunisie, l'Algerie, le Gabon, la Cote
d'Ivoire, la RDC...On se rappellera simplement que l'enterrement de Leopold
Sedar Senghor, qui avait pourtant su favoriser l'accession de son pays a
la democratie, avait ete boude par les politiques francais. L'ecrivain
Eric Orsena avait d'ailleurs crie au scandale a l'epoque. Par contre
lorsqu' Houphouet Boigny poussa lui aussi son dernier soupir, une plethore
d'hommes politiques francais fit le deplacement pour rendre un dernier
hommage a l'homme de la Francafrique qui avait toujours su travailler main
dans la main avec son compere Foccart et ses reseaux. Sans doute l'hommage
du gouvernement francais represente au plus haut niveau le fut pour
service rendu a la nation. De toute evidence si l'on ne reforme pas les
moeurs et les pratiques du vieux dinosaure colonial qu'est la
francophonie, celle-ci ne passera pas le siecle et sa culture sera
marginalisee. Le Rwanda a deja rejoint le Commonwealth et Madagascar
reconnut l'Anglais comme langue nationale avec le Francais, de plus en
plus d'etudiants africains se tournent vers la Chine, les USA ou l'Europe
non francophone. Et c'est peut-etre la une chance pour l'Afrique, parvenir
enfin a sortir des tutelles culturelles coloniales alienantes pour ne
garder que la quintescence.
< Il faut qu'on
se tire ailleurs dans un avion qui n'est pas en
papier >
Dernieres modifications en rouge le
23.03.07
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