|
|
SCIENCE ET VIE
Février 2007 Elections piège à couac... (version
PDF) "Les membres du bureau de
vote ne pourront jamais être certains que c'est bien le programme
expertisé qui tourne effectivement dans l'urne ! ", lance
Andrew Appel. Alors qu'un simple regard suffit à vérifier qu'une
urne transparente n'a pas de double-fond, les assesseurs n'ont aucun
moyen de contrôle aussi fiable sur ces ordinateurs. Pis,
"certains fabricants offrent une parodie de vérification",
dénonce Pierre Muller, informaticien de profession, qui a vu sa
commune, Mandelieu (Alpes-Maritimes), s'équiper en ordinateurs de
vote en 2005. Depuis, il anime un site Internet pour dénoncer les
méfaits du vote électronique (www.ordinateurs-de-vote.org). " Nedap demande
d'imprimer la somme de contrôle [addition des binaires] de son
logiciel, poursuit-il. Cela revient à demander à un programme,
possiblement malveillant, s'il est authentique. Celui-ci se
débrouillera pour répondre: oui !, ce qui, convenez-en, n'est pas
une preuve
d'honnêteté." |
De
plus en plus de citoyens semblent s'inquiéter du débarquement des machines
à voter électroniques. L'actuel gouvernement les a autorisées il y a
quatre ans par décret du ministère de l'intérieur et à présent 1,4
millions de Français voteront sur des machines électroniques installées
dans leurs communes. Censées apporter une garantie contre les fraudes et
une aide au déroulement des votes ainsi qu'un gain financier pour l'Etat
dans l'organisation des élections. Des associations de plus en nombreuses
- au point que les partis d'opposition tels que les Verts, le PC, le PS et
l'UDF commencent à s'en intéresser - considèrent que ces machines à voter peuvent entraîner
une fraude massive non détectable. Le Canard Enchaîné
(28.03.07 Un vote machinal, p.5) révèle que ces machines de vote
sont mises en service par des boîtes privées qui sous prétexte de
« secret industriel » les mettent sous scellés et refusent de
livrer les code-source, c'est à dire une boîte noire qui régit leur
fonctionnement. En cas de litige, le ministère de l'Intérieur a confié au
Bureau Veritas (organisme de certification privée appartenant au Baron
Seillière). En d'autres termes, l'Etat s'en remet au privé en ce qui
concerne la réalisation logistique des élections et leur contrôle. Lorsque
Nicolas Sarkozy et le préfet Daniel Canepa (nous écrit Le Canard) ont mis en place ces machines en se
modelant sur le modèle états-unien dont on connaît le succès, ils
prétendaient qu'elles apportaient de la sécurité au vote et qu'elles
étaient infaillibles. Or l'élection de Bush a été fortement discutée et
notamment en ce qui concerne les votes électroniques dans le conté de Bush
frère au Texas. TF1 a repris l'information du Canard le soir même.
Dans un reportage du JT de 20h00 fait en Belgique, on s'aperçoit
que les bourgmestres belges refusent de plus en plus le vote
électronique. Alors qu'il était prévu d'augmenter le nombre de ces
machines, le gouvernement belge s'oppose à l'installation de nouvelles
machines. Et pour cause de nombreuses fraudes ont été constatées. Ainsi,
selon TF1
, dans une commune belge, à l'issu
d'un scrutin électronique, le résultat des élections a montré qu'une candidate a
obtenu plus de voix qu'il n'y avait d'électeurs. Enfin d'autres signalent le
coût de telle machine, si elles sont censées dans une optique libérale
diminuer le personnel dans les bureaux de vote et privatiser
in fine un service public, ces machines ont un coût certain.
Il faut compter 4,5 euros par vote sur ces machines tandis
que cela coûte 1,5 euro par vote papier selon le ministre de
l'intérieur belge interviewé au JT de 20h00 de TF1 (28.03.07). En Belgique,
le bourgmestre de Liège ne veut plus entendre parler du vote
électronique suite à des erreurs lors des deux dernières élections. Ces erreurs
étaient constituées par le blocage informatique lors du dépouillement ainsi que des récriminations
de la population qui se plaint du manque total de transparence du système.
Une pétition est en ligne sur le site ordinateur-de-vote.org
pour demander le maintien du vote papier. Le Parti Socialiste et ldes élus du
Parti des Verts viennent de demander un moratoire
concernant l'utilisation de ces machines à voter lors des élections
présidentielles et législatives prochaines. Selon le journal Science et Vie, dans un numéro particulièrement documenté , des scientifiques
dénoncent des machines qui rendent le scrutin opaque, invérifiable et
vulnérable aux fraudes. |