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 PRESSAFRIQUE 02.04.07
Certains médias français participent-ils à la construction d'un ennemi intérieur (2) : le cas de Paris-Match ?

 Sur Fond de montée du nationalisme en France à l'instigation du tandem Sarko-Lepen, des médias se font de plus en plus apôtres d'une négrophobie censée instaurer chez nos concitoyens la peur de l'autre exotique au travers d'amalgames douteux et particulièrement dangereux. C'est le cas du journal Paris-Match du groupe Lagardère, grand ami de l'ancien ministre de l'intérieur actuellement prétendant au poste suprême de la République. Rappelons-nous qu'Alain Genestar ancien directeur de Paris-Match avait été officiellement mis à la porte pour absence de résultats financiers et officieusement pour crime de lèse-Sarkozy pour avoir diffusé les photos de l'amant de la femme de l'ex-ministre du temps où ils étaient séparés. Cette fois-ci le journal dans sa nouvelle forme publie des photos qui en disent long sur le climat que l'on essaye d'instaurer dans l'opinion public en associant insécurité avec la couleur de la peau de certains Français. Un formatage de l'opinion public en droite ligne avec l'idéologie coloniale de la "racaille", du "sauvage" indigène. De la stigmatisation qui flirte avec le racisme. Pour preuve voici la photo publiée dans Paris-Match (01.03.07) avec la légende négrophobe.


 (Photo Paris-Match relevé sur le site des Ogres)

C'est ce qu'a révélé l'émission du service public Arrêt Sur Images (01.04.07) sur France 5 en s'inspirant d'un article de l'Humanité passé inapperçu le 23.03.07. Qui apprend on ? Que la femme "blanche" prise en photo est une professeur dans un lycée et que les gamins "noirs" qui l'entourent sont des élèves dont elle n'a jamais été effrayée. Elle s'en explique dans un article de l'Humanité.  

 L'HUMANITE 23.03.07
Paris Match en flagrant délit de manipulation

Le choc des mots, le couac des photos. Dans son numéro du 1er mars, Paris Match avait décidé de retourner à Clichy-sous-Bois pour y effectuer un « grand reportage » en banlieue [...] Laissons de côté l'article [...] pour nous intéresser à une photo où l'on voit une jeune femme, blanche, assise dans un bus, entourée de jeunes, noirs. Avec cette légende sous la photo [...] : « Prendre le bus pour attraper un RER au Raincy et atteindre le centre commercial le plus proche. Sur les portables, la musique, du rap, joue à fond. La passagère, pas rassurée, se plonge dans sa lecture et n'en sort pas. »

En découvrant le journal, Mélanie M. n'en croit pas ses yeux. La jeune femme, c'est elle. Elle est prof au lycée Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois. « Je vous passe les clichés scandaleux relatés dans cet article et les photos toutes plus montées les unes que les autres : des jeunes taguant une voiture en pleine journée, des photos de groupe de jeunes avec des têtes à faire pâlir les petites mamies des campagnes qui lisent ce journal... », dit-elle, choquée par la méthode et par ce reportage « pro sarkozyste ». Un reportage publié, il est vrai, dans un journal où Sarkozy a ses entrées. N'avait-il pas obtenu auprès de son ami Arnaud Lagardère, propriétaire de Paris Match, la tête du directeur de la rédaction Alain Genestar pour un article le concernant qui lui avait déplu ?

« Les jeunes pris sur ces photos, poursuit la jeune femme, ont raconté au lycée les méthodes de ce journaliste qui, en plus de les faire poser, a fourni la voiture à taguer ! » « Je n'étais pas au courant de cette photo et personne ne m'a interrogée pour me demander si oui ou non j'avais peur ! dit la jeune Bordelaise venue enseigner en région parisienne. C'est non seulement de la manipulation de photo, mais je ne vous cache pas qu'étant en contact avec les jeunes de Clichy, c'est plus que déplacé. » Au lycée où elle travaille, les remarques vont bon train : "Alors Madame, vous avez peur des Noirs !"

« Mes élèves connaissaient les jeunes de la photo qui sont aussi au lycée et qui n'étaient pas au courant du commentaire », explique-t-elle. Sollicité par la jeune femme pour un démenti, Paris Match n'a pas, à ce jour, donné suite.


De drôles de méthodes qui ont le relent des méthodes de propagande de sinistre mémoire. Nous tenons à signaler que si la xénophobie (la peur de l'autre) est inhérente à tout peuple, sa coloration raciste (désignation d'un bouc émissaire servant d'objet au discours xénophobe avec toute une théorisation sous-jacente) relève bien souvent de la responsabilité d'un pan du magistère intellectuel et culturel avec une stratégie bien déterminée. De là à penser que le discours raciste est construit culturellement, il n'y a qu'un pas. Inutile de dire que cette propagande médiatique est surexploitée par le trio Sarkozy-Le Pen-de Villiers. En fait ils n'attendent que la survenue de tensions pour justifier leur vision profondément divisionniste et désintégratrice de la société française.


Dernières modifications 02.04.07
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Pressafrique 29.03.07
Les médias français participent-ils à la construction d'un ennemi intérieur ?