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AMNESTY INTERNATIONAL
20.07.05 (POUR LA DEFENSE DES DROITS HUMAINS DANS
LE MONDE) Accéder au Rapport sur le site
d'Amnesty international : TOGO L'Histoire va-t-elle se répéter
?
«C'est inhumain
et atroce, l'ampleur de la chose dépasse
l'entendement, des enfants ainsi que des adultes
pleurent à l'évocation des situations vécues
durant la répression, il y a beaucoup de cas de
névrose traumatique»(1).
...Rôle des pays étrangers De même qu'il est indispensable de mettre en
cause les FAT et les milices directement responsables des très nombreuses
atteintes aux droits humains commises dans le pays depuis des années, il
est également important de réfléchir sur le rôle joué par certains pays
étrangers, notamment la France, qui fournissent une assistance militaire
au Togo.
La France
maintient une coopération militaire avec le Togo depuis des décennies et
celle-ci a continué après la décision prise par l'Union européenne en 1993
de suspendre sa coopération. Dans un document publié en 1999, Amnesty
International constatait que l'assistance militaire technique de la France
au Togo s'apparentait à un soutien tacite au Président Eyadéma(9). Six ans
plus tard, la France n'a toujours pas réévalué l'assistance militaire
technique avec le Togo et les tâches confiées aux assistants militaires
français au sein de l'état-major togolais et des d'autres unités
militaires ne semblent pas avoir été modifiées. Les informations
disponibles sur le site de l'ambassade de France au Togo concernant la
Mission de Coopération Militaire et de Défense française, indiquent que 20
militaires sont actuellement détachés au titre de la coopération militaire
au Togo. L'aide directe en matériel s'élève à plus de soixante millions de
francs entre 1989 et 2002(10). Amnesty International estime que le montant
réel est supérieur aux chiffres communiqués dans les avis. A titre
d'exemple, en 1999, le montant d'aide directe au Togo s'élevait à 5
millions de francs selon les rapports parlementaires de l'Assemblée et du
Sénat. Or le ministre des affaires étrangères a révélé en réponse à la
question écrite d'un député que l'aide matérielle pour le Togo s'élevait à
13,6 millions de francs(11).
Par ailleurs, Amnesty International a fait analyser
des balles en caoutchouc ainsi qu'une grenade lacrymogène utilisées à Lomé
lors de la répression d'avril. Il en ressort que ces matériels sont de
fabrication française.
Amnesty International estime que la France doit
s'assurer que les matériels de sécurité et de police qu'elle fournit et la
formation qu'elle dispense ne sont pas utilisés pour commettre des
violations des droits fondamentaux. L'organisation ne s'est pas prononcée
sur la suspension de la coopération de l'UE avec le Togo. En revanche,
elle est opposée aux transferts d'équipements ou de compétences dans les
domaines militaire, de sécurité et de police lorsque l'on peut
raisonnablement estimer qu'ils serviront à commettre des violations des
droits de l'homme, comme des mauvais traitements, des actes de tortures,
et des exécutions extrajudiciaires. Amnesty International estime qu'il est
temps que la France tire les leçons des récentes violations des droits
humains commises par les forces de sécurité togolaises et exige que la
promotion et la protection des droits humains deviennent une priorité dans
les relations entre la France et le Togo... Lire la suite
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