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"Ni la brutalité, ni la cruauté, ni
la torture ne m'amèneront à demander pitié, car je préfère mourir la tête
haute, avec une foi inébranlable et une confiance totale dans le destin de
mon pays". Dernière lettre de Lumumba à sa femme
Pauline avant qu'il soit assassiné.
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Le 17
janvier 1961, Lumumba fut assassiné à Elisabethville (l'actuelle
Lubumbashi) avec deux autres dignitaires congolais, Joseph Okitoko,
président adjoint du Sénat, et Maurice Mpolo, ministre de
l'Information.(Lumumba
vengé. Nouvel Afrique-Asie, 2000) Selon le
sociologue Ludo de Witte, ils
furent assassinés par des Belges et leurs corps furent découpés en
morceaux et dissous dans de l'acide sulfurique. Commissaire de police
chargé à l'époque de mettre en place une "police nationale
katangaise", un Brugeois a révélé comment il avait procédé pour
faire disparaître les cadavres. (AFP)
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AFP "J'ai découpé et dissous dans l'acide le corps de
Lumumba"
BRUGES (Belgique), 15 mai (AFP) ...La popularité de Lumumba était telle que son
cadavre restait en effet gênant. Le "pèlerinage" sur sa tombe
pouvait raviver la lutte de ses partisans...
Accompagné d'"un autre
blanc" et de quelques congolais, épuisés "d'une scie à métaux, de
deux grandes dames-jeannes et d'un fut d'acide sulfurique", il leur
fallut toute la nuit, du 22 au 23 janvier, pour accomplir leur
besogne. "En pleine nuit africaine, nous
avons commencé par nous saouler pour avoir du courage. On a écarté
les corps. Le plus dur fut de les découper" avant de verser l'acide,
explique l'octogénaire. Il n'en restait
presque plus rien, seules quelques dents. Et l'odeur ! Je me suis
lavé trois fois et je me sentais toujours sale comme un barbare",
ajouté-t-il. De retour en Belgique
après1973, (il) contera cette terrible nuit dans un roman,
"pour (se) soulager", mais sans livrer son nom.
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Interview de
l'ex-gendarme belge responsable de la police nationale
katangaise qui fut
chargé
de faire disparaître le corps de Patrice Lumumba. Dans le documentaire
l'ex-gendarme y montre ses restes : quelques
dents.
(Extrait du
documentaire de Michel Noll,2001, Production Solférino
images/Quartier latin, WDR/ histoire Une mort de style
colonial, l'assassinat de Patrice Lumumba)
Retranscription de l'interview : - J'ai les restes d'une personne historique très importante
les voila. - C'est tombé ou vous l'avez, vous
l'avez ...? - Arraché -
Arraché - Il avait une denture une très bonne denture.
C'est couvert avec de l'or derrière. Donc un dentiste sait
identifier ça. Il m'a déja fait jurer beaucoup ce Lumumba, il me
fait encore jurer maintenant. - Qu'est qu'il vous a fait jurer ? -
Lumumba? - Oui - (silence) Réfléchissez,
réfléchissez, quand on vient de vous dire on a tué Lumumba et
maintenant vous devez le faire disparaître. Allez Patrice voilà
ce qui reste de
toi. |
Lumumba, porteur de l'espoir de tout un peuple
face à la tyrannie coloniale, l'un des seuls leaders panafricains
parvenus au pouvoir démocratiquement, fut "exterminé" par l'ancienne
puissance coloniale soutenu par ses alliés occidentaux. Il fut"
exterminé" à l'instar de nombreux leaders qui étaient porteurs
de la démocratie dans les anciennes colonies et qui réclamaient la
souveraineté nationale pour leur pays. Il en fut ainsi pour
Ruben Um Nyobé fondateur du mouvement politique UPC au
Cameroun (Afrikara 14.09.05 13 Septembre 1958 : La France assassine
le leader nationaliste kamerunais Ruben Um Nyobe ),
du leader camerounais Félix Moumié (massacre
des Bamilékés et politique génocidaire française au Cameroun), de
Mehdi Ben Barka au Maroc, de l'opposant tchadien Outel Bono en plein coeur
de Paris, de Sylvanius Olympio au Togo...
Parce
que Lumumba réclamait la souveraineté nationale et refusait les
discriminations raciales inhérentes à la situation coloniale, il fut
maintes fois emprisonné du temps de la colonisation. Son arrivée au
pouvoir par les voies démocratiques, sa volonté d'instaurer une démocratie
parlementaire, de ne pas s'appuyer sur l'oligarchie coloniale et de
faire fi de l'avis des grandes puissances pour gouverner son pays et en
gérer les richesses faramineuses auront vite fait de le désigner
comme "l'homme à abattre" par les puissances occidentales qui avaient la
main mise sur le Congo-Kinshasa. En effet, le Congo est l'un des pays les
plus riches du monde de par son sous-sol (uranium, diamants, cuivre,
cobalt, coltan, or, richesse fluviale, gazs, voire pétrole...). Une partie
de l'uranium congolais était vouée aux réserves américaines et a
servi à fabriquer la première bombe atomique. Lumumba fut assassiné par un
consortium américano-belge (CIA et services secrets Belges) avec le
soutien de la France et de l'ONU pour être remplacé par un dictateur
« made in Occident » plus favorable aux intérêts
occidentaux : le vassal Mobutu.
Au cours du mois d'octobre
nous reviendrons sur cette histoire révélée par le sociologue Ludo de
Witte dans son livre l'assassinat de Lumumba paru
fin 1999, début 2000. Le sérieux des investigations du sociologue
et la gravité des accusations qui émanent de son
enquête ont secoué la maison royale et la classe politique belge
entraînant une commission d'enquête, dont le
rapport a été rendu le 16.11.2001. Celui-ci a conclu à une simple
"responsabilité morale" de la Belgique dans la mort de Lumumba. Pourtant
comme nous allons le voir la responsabilité de la Belgique et
des Etats-Unis sont prépondérantes dans l'assassinat de la démocratie
congolaise naissante. Bruxelles, Washington, Paris et les Nations
unies étaient d'avis que la liquidation de Lumumba était indispensable à
la sauvegarde des intérêts des trusts exploitant la colonie. Selon Ludo de
Witte, le scénario en fut écrit par le gouvernement belge de Gaston
Eyskens. L'histoire de cet assassinat annoncé fut exécutée par
les officiers et diplomates belges dans la néocolonie katangaise sous
contrôle belge, aidés de leurs complices congolais (Interview de Ludo de
Witte : L'Assassinat de Lumumba Un complot des gouvernements américain
et belge et de l'extrême droite
)
Nous aborderons chronologiquement le
déroulement de ce tragique évènement : de la constitution d'une
démocratie parlementaire marquée par l'accession démocratique de
Lumumba au poste de premier ministre à son assassinat
programmé. |