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Le truquage
des élections dans le pré-carré africain francophone reste une des
grandes traditions françafricaines fondées en grande partie sur
l'expérience française en matière de technologie informatique et de faux
électeurs (notamment à la mairie de Paris
du temps du
RPR ou en Corse). Face à des peuples qui se
sont vus imposer des "gouverneurs à peau noire" au service de la France
dans une optique néocoloniale, la pérennisation de leur sacre s'est faite
par la terreur (tortures, assassinats, massacres) et par le
trucage des élections made in France. Pendant ce temps là, certains médias et une partie
du magistère intellectuel parlent hypocritement de post-colonialisme
et célébrent la bouche en coeur les thèses négrologiques
évoquant l'incapacité des Africains à se diriger et à accéder à la
démocratie. Ces kleptocrates au service de la France pillent leur
pays et leur peuple pour verser leur gabelle à l'Etat-mère et à
leur clan dit "ethnique". Albert Bongo au Gabon,
Idriss Déby au
Tchad, Eyadéma au Togo,
Bokassa puis Patassé et Bozizé en
Centrafrique furent
imposés par l'ancienne puissance coloniale et leur règne
pérénisé par le trucage des élections.
François-Xavier Verschave fut l'un des premiers à
dévoiler les soubassements de ce trucage électoral fondé sur des
manipulations informatiques.
Au Gabon :
« Pour la Saint-Nicholas, on ressort la machine électorale
made in France. La machine vote massivement Bongo. Le miracle
informatique, rodé en maints pays d'Afrique, multiplie à volonté les
électeurs et les votants, transforme une minorité en majorité, une défaite
ou un ballottage en victoire. Avec 4 chiffres significatifs : 66,55%.
Bingo pour Bongo ! Pourquoi lésiner ? »Noir Silence
,
François-Xavier Verschave, p.201.
Au Tchad : «
Début 1996, le lobby français pro-Déby entreprend
une magistrale opération de chirurgie esthétique : transformer un assassin
invétéré (depuis le lycée) en chef d'état légitime. L'Elysée ne lésine pas
sur la logistique électorale. Il dépêche à N'Djamena le meilleur
spécialiste du parti gaulliste, celui qui fut l'année précédente une «
pièce maîtresse de la campagne présidentielle de Chirac » : Jérôme Grand
d'Esnon, suspecté par le juge Desmures d'avoir occupé un emploi fictif à
la mairie de Paris. Un haut lieu du dopage électoral.
»(Noir Silence
, p.166).
| NEGROPHOBIE
p.162-163 [5] Boubacar Boris Diop, Odile
Tobner, François-Xavier Verschave. Ed. Les
Arènes. |
"Le
premier tour de l'élection (présidentielle au Tchad, ndlr) a
lieu le 2 juin 1996. La multiplication des faux bulletins, faux
électeurs et faux bureaux de vote se double d'un intense charcutage
informatique des résultats. Au bout du compte, Déby se retrouve élu
au premier tour avec 50,14% des voix. Les chiffres de son succès
sont annoncés à la radio. Panique à Paris, devant un tel excès de
zèle, affichant un score aussi incroyable. Le directeur Afrique du
Quai d'Orsay aurait lui-même donné la consigne de repasser sous la
barre des 50%. Les experts français relaient l'ordre de Paris, et
font atténuer la gonflette : Déby obtient officiellement 47,86% des
voix ; un rival bien tenu en main, le général Kamougué,
est accrédité de 11,08% des voix et obtient la qualification pour le
second tour - où Déby sera royalement élu."
En Note
de bas de page 163: Cette fraude massive sera rééditée
en 2001, au détriment du vainqueur réel, le député Ngarléjy
Yorongar" (la fraude massive lors de ce scrutin
a aussi été signalé par la Fédération Internationale des droits
de l'Homme. Lire Idriss
Déby, un criminel contre l'humanité soutenu par la France :
Repères.
[6]) |
Et en cas d'insurrection
populaire face à ce qu'il faut bien appeler un déni de démocratie et un
mépris du peuple, la Françafrique organise souvent la contre-insurrection
soit directement, soit le plus souvent par l'intermédiaire de l'aide
militaire et technique. Ce fut le cas au Tchad au lendemain des élections
selon Amnesty International : 10 Septembre 1996. Rapport d'Amnesty
International sur le Tchad : « Les autorités françaises
ne peuvent pas ignorer que les véhicules tout-terrain, le carburant,
les moyens de transmission et les menottes livrés au titre de l'AMT
[Assistance Militaire Technique] ont été détournés de leur fonction initiale
pour exécuter et tortuter. Manifestement, dans le cadre de l'AMT,
la question des droits de l'homme n'a pas sa place. Cela a été confirmé à
la délégation d'Amnesty International à N'Djamena en avril 1996 par les
autorités françaises qui ont affirmé que ce sujet n'était pas traité par
les instructeurs ».
Au Togo, alors que le trucage des élections a été dénoncé par
l'Union Européenne, la France fut la seule à considérer ce srutin comme
acceptable. Et ce fut encore Amnesty International qui révéla que les
armes et les munitions qui ont servi à massacrer la population au
lendemain de ce détournement électoral par le fils de "l'ami personnel" du
président français (Republic of Togo 05.02.05 Jacques Chirac :
''Eyadema était un ami de la France'') , furent
made in France. De même que le juriste qui a taillé sur mesure une
constitution pour Faure Eyadéma (Rapport de l'ONU ; Nouvel Obs.com
400 à 500 morts lors de la présidentielle ).
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Rapport Amnesty
International |
| ..."La France
maintient une coopération militaire avec le Togo depuis des décennies et
celle-ci a continué après la décision prise par l'Union européenne en 1993
de suspendre sa coopération. Dans un document publié en 1999, Amnesty
International constatait que l'assistance militaire technique de la France
au Togo s'apparentait à un soutien tacite au Président Eyadéma(9). Six ans
plus tard, la France n'a toujours pas réévalué l'assistance militaire
technique avec le Togo et les tâches confiées aux assistants militaires
français au sein de l'état-major togolais et des d'autres unités
militaires ne semblent pas avoir été modifiées. Les informations
disponibles sur le site de l'ambassade de France au Togo concernant la
Mission de Coopération Militaire et de Défense française, indiquent que 20
militaires sont actuellement détachés au titre de la coopération militaire
au Togo. L'aide directe en matériel s'élève à plus de soixante millions de
francs entre 1989 et 2002(10). Amnesty International estime que le montant
réel est supérieur aux chiffres communiqués dans les avis. A titre
d'exemple, en 1999, le montant d'aide directe au Togo s'élevait à 5
millions de francs selon les rapports parlementaires de l'Assemblée et du
Sénat. Or le ministre des affaires étrangères a révélé en réponse à la
question écrite d'un député que l'aide matérielle pour le Togo s'élevait à
13,6 millions de francs(11). Par ailleurs, Amnesty International a
fait analyser des balles en caoutchouc ainsi qu'une grenade lacrymogène
utilisées à Lomé lors de la répression d'avril. Il en ressort que ces
matériels sont de fabrication française... " |
On aura bien compris que le
mode opératoire néocolonial en vigueur dans le pré-carré françafricain est basé
sur le trucage des élections et lorsque cela barde pour nos
gouverneurs, assistance militaire directe ou indirecte assorti d'un
soutien diplomatique et politique français aux Nations Unies pour
promouvoir nos dictateurs en péril. On ne badine pas avec les
néocolonies.
Plus récemment la Françafrique et ses autorités de
tutelle viennent de reconnaître le caractère "démocratique" du scrutin
référendaire pour la charte en faveur de la paix de Bouteflika (AFP
30.09.05, Référendum en
Algérie: la France salue "cette consultation démocratique" ). Bouteflika recevra
même du Centre d'Etudes politiques et sociétés de Paris le prix Louise
Michel (L'Humanité, Boutelika, prix Louise-Michel) à Alger en présence du
corps diplomatique français. Un prix attribué chaque année à une
personnalité politique pour « les vertus de dialogue, de démocratie, de
développement et de paix ».
Pourtant ce scrutin soit disant à
caractère "démocratique" voyait l'amnistie
honteuse défendue par Bouteflika obtenir,
à la grande surprise de ce dernier, plus de 97% des
voix avec environ 80% de participation. Or en Françalgérie, les
méthodes utilisées par la junte au pouvoir sont proche de celles de
la Françafrique, pour ne pas dire qu'elles ont été transmises par la
Françafrique.
El Watan (La fraude, mode d'emploi), journal très bien
informé notamment auprès de la junte militaire algérienne révèle
comment ce système fonctionne. Il est à tout point identique au système
décrit par François-Xavier Verschave dans la Françafrique
subsaharienne. En effet, alors que la plupart des observateurs ont
noté que la participation à ce référendum en Algérie a été
particulièrement faible, le pouvoir algérien sort de son chapeau le
chiffre de 80%. Voilà comment
:
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EL WATAN La fraude, mode
d'emploi ...Ainsi le taux officiel de
participation correspondrait à 3 ou 4 fois, le taux de participation
réel. Si le pouvoir se permet ainsi de défier l'opinion nationale et
internationale, c'est que ses « laboratoires » ont mis au point une
méthode imparable pour remporter tous les scrutins. La question
n'est donc pas tellement de commenter le chiffre officiel de la
participation mais plutôt de connaître le mode opératoire utilisé.
Contrairement à une idée reçue, l'essentiel de la fraude n'a pas
lieu en plein jour, lors du déroulement du scrutin ou au moment du
dépouillement. En réalité, cela se passe la nuit, au moment de la
consolidation des résultats au niveau communal, au de daïra et de
wilaya. Au niveau communal, tous les PV des bureaux de vote sont
regroupés. Un agent saisit les résultats sur ordinateur en présence
des membres de la commission électorale communale. L'opération se
déroule à huis clos. Ni les observateurs des partis ni les membres
de la commission de surveillance des élections encore moins les
journalistes ne peuvent y assister. Une fois les vrais résultats
connus, on change alors les chiffres pour les rendre compatibles
avec les résultats recherchés par les décideurs de l'ombre. En
général, on s'arrangera pour ajouter un à plusieurs milliers de
voix, sans changer les chiffres des centaines, dizaines et unités
pour que le nombre soit vraisemblable. Par exemple, 7235 deviendra
17 235 ou 27 235. Cela a pour effet d'augmenter le nombre de votants
de 10 000 ou 20 000. Il y a donc de nouveaux totaux pour chaque
bureau de vote et pour chaque centre de vote. Il ne reste plus qu'à
reporter les faux résultats sur des PV vierges, préalablement signés
à blanc par les présidents de bureau et les chefs de centre de vote,
pour fabriquer des faux PV, plus vrais que les originaux. Les PV
originaux sont alors détruits. Le reste est un jeu d'enfants. On a
même prévu d'imiter la signature des récalcitrants qui
n'accepteraient pas de signer des PV vierges. J'ai été moi-même
témoin de cette forfaiture dans une commune de l'Algérois lors des
élections locales d'octobre 1997. Profitant de circonstances
particulières, j'ai pu accéder à l'intérieur du siège de l'APC en
présence de deux militants du parti et de trois journalistes et
découvrir ainsi le pot-aux-roses. Suite à mes protestations
véhémentes, l'un des membres de la commission communale, pris de
remords, a fini par tout me raconter deux jours plus tard. Grâce à
lui, j'ai pu récupérer les preuves du délit, à savoir les deux
listings informatiques des résultats, l'authentique et le falsifié,
et les remettre à la commission d'enquête parlementaire.e reste
persuadé que cette méthode est toujours en usage et que depuis 1997,
elle a dû être perfectionnée. La généralisation de l'usage de
l'outil informatique facilite beaucoup le travail des fraudeurs. Il
va sans dire que ce type de fraude ne peut se faire qu'avec la
complicité, active ou passive, d'agents de l'Etat, et l'implication
décisive de la police politique. C'est pourquoi, il ne peut y avoir
ni preuves ni possibilité de recours contre ce type de fraude. Les «
résultats » étant acquis d'avance, le pouvoir peut même se permettre
le luxe de laisser le vote se dérouler normalement. Les observateurs
présents dans les bureaux de vote pourront toujours relever des
fraudes mineures, cela donnera plus de crédibilité au scrutin. Les
commissions de surveillance aux différents échelons sont destinées
au même but. Quant aux copies certifiées des PV fournies aux partis,
elles ne sont d'aucune utilité, vu qu'aucun parti n'est en mesure de
couvrir la totalité des bureaux de vote de la
wilaya...
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Mohamed
Benchicou, incarcéré depuis par Bouteflika , avait révélé dans son livre,
"Bouteflika une imposture algérienne", comment le trucage des
élections se déroulait en Françalgérie.
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Bouteflika : une imposture algérienne par Mohamed Benchicou. Edition Le Matin-Jean Picollec,
p.17-19 |
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"Jeudi 5 avril 1999, 14h. Abdelaziz
Bouteflika pique une grosse colère. La scène se passe, en ce
jour d'élection présidentielle, dans la sompteuse villa Aziza
qui abrite la fondation Boudiaf, à El Biar. Le "candidat du
consensus", à quelques heures d'être sacré président de la
République, fulminantde rage, informe Mme Boudiaf qu'il pliait
bagage pour partir le soir même pour Genève et qu'il ne voulait plus
du fauteuil de chef de l'Etat. Motif de son chagrin : les
"décideurs", venait-il d'apprendre, n'allaient le créditer que de
53% des voix, et ce score, peu flatteur pour un postulant seul en
course, allait être annoncé dans la soirée aux Algériens. "Pas
question que j'accepte un chiffre inférieur à celui de Zeroual! Si
c'est ainsi, qu'ils trouvent un autre président!" s'étouffe le
candidat Bouteflika... Abdelaziz Bouteflika tenait à son
chiffre, "supérieur à celui de Zeroual". Quitte à faire truquer,
autant truquer complètement pour ma petite personne, semblait dire
Bouteflika! Devant l'obstination du futur président, les généraux
décident, à 17h, de changer le score de Bouteflika, en concertation
avec l'homme qui allait devenir "démocratiquement", trois heures
plus tard, le président de la République : il sera "élu" avec 73,79%
des suffrages exprimés. Liamine Zeroual avait bénéficié des voix de
7 088 618 d'Algériens en novembre 1995? Qu'à cela ne tienne :
Abdelaziz Bouteflika aura 7 442 139 bulletins en sa faveur, soit 353
521 de
plus!" |
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