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PRESSAFRIQUE
18.11.05 | |||||
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Le Sénégal extradera ou n'extradera pas
Hissène Habré vers la Belgique? Tel est le nouveau feuilleton à épisodes
qui semble tenir en haleine la communauté internationale et dont la
réponse est attendue mardi prochain. En effet c'est le 22 novembre, que
la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar rendra sa décision sur
l'extradition d'Hissène Habré. Selon nos
informations, Hissène Habré semble avoir de nombreuses protections au
Sénégal, en Afrique et ailleurs qui pourraient empêcher son
extradition.
Son extradition constitue une menace pour le syndicat des dictateurs françafricains parvenus au pouvoir par des coups d'Etat et maintenus grâce au soutien françafricain et bien souvent grâce au trucage des élections made in Françafrique (Eyadéma au Togo, Bongo au Gabon, Idriss Déby au Tchad, Sassou N'Guesso au Congo, Blaise Compaoré au Burkina Faso...). Bon nombre de ces dictateurs sont des criminels contre l'humanité qui pourraient par la suite être traîné devant les tribunaux et avoir à répondre de leurs crimes devant la justice internationale. Ainsi Idriss Déby, légitimé par les politiques français toute tendace confondue est accusé (source Alwihda) d'être responsable de la mort de 25.000 personnes en treize ans de règne. Idriss Déby déja du temps d'Hissène Habré, avant de tomber en disgrâce, fut corresponsable de nombreux massacres. Selon Survie : "Une forte présence de l'armée induit systématiquement une forte influence des militaires et de leurs schémas mentaux sur la politique française. Les militaires préfèrent ainsi un " seigneur de la guerre " expéditif à un processus démocratique aléatoire. Oubliant l'assassinat de leur collègue Gallopin, ils s'accommodèrent rapidement, à partir de 1982, du stratège Hissène Habré - efficacement secondé par son chef de guerre Idriss Déby, vainqueur des Libyens et " chouchou " des officiers français (76). Il n'y eut donc pas de problème de transition lorsque, Hissène Habré ayant décidément abusé de toutes les ficelles, l'officier de la DGSE Paul Fontbonne précipita en 1990 son remplacement par Idriss Déby, à la tête de la tribu zaghawa.". Il en est de même dans de nombreux autres pays tel qu'au Congo où Sassou Nguesso s'est imposé au pouvoir à la faveur d'une guerre civile sponsorisée par les 3 E (Elysée-Elf-Etatmajor) accompagnée de nombreuses exactions tel que le massacre du Beach maljugé lors d'un procès bidon avec le renfort d'avocats français auprès des accusés.
Quant à Bongo, il fut imposé à la tête de son pays grâce aux faveurs de Jacques Foccart dans le contexte de la guerre du Biafra selon Pierre Péan. Eyadéma assassina quasiment sur ordre françafricain (selon Gilles Labarthe) le président Olympio élu démocratiquement et avec le soutien français lègua son trône à son fils dans des élections truquées bénies par la Françafrique (Le Togolais.com 26.04.05 ; Chirac donne la victoire du 24 avril à Faure ; lire le dossier : Election présidentielle 2005 au Togo). Blaise compaoré venu au pouvoir à la faveur d'un coup d'état marqué par l'assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara s'est maintenu au pouvoir à l'aide d'élections douteuses, notamment les deux premières, pour proroger son mandat ad vitam eternam comme bon nombre de ses collègues dictateurs membres du syndicat de la Grande Loge Nationale Française ( Franc-Maçonnerie et Francafrique : Faut-il être frère pour être Président en Afrique Centrale ?, Afrikara 14.11.05). Le Burkina Faso impliqué dans le soutien aux forces rebelles ivoiriennes est devenu le chancre de la francophonie (Le Burkina Faso, base arrière des rebelles ivoiriens, Le Figaro 14.11.05 ). On aura bien compris que le syndicat de la françafrique syndiqué également auprès de la GLNF voit d'un très mauvais oeil le jugement d'Hissène Habré en Belgique. Abdoulaye Wade a du reconnaître qu'il subissait une pression énorme de la part de ses pairs et semble avoir trouvé une nouvelle rhétorique pour justifier de son refus d'accepter l'extradition du "Pinochet africain". Ainsi les avocats d'Hissène Habré ont plaidé la non-conformité de la demande d'extradition de la justice belge tandis qu'Abdoulaye Wade évoque à mots couverts le souhait de ses pairs que celui-ci soit jugé sur le continent africain, considérant que le cas Habré est "un problème africain" (Le président sénégalais estime que le cas Hissène Habré est "un problème africain" AP 18.11.05). Or le Sénégal a ratifié des accords internationaux permettant l'extradition de criminels contre l'humanité dans le cadre de la justice internationale. En effet, le Sénégal a ratifié avec la Belgique la convention des Nations unies contre la torture. De plus la justice sénégalaise s'était refusée en 2001 à juger Hissène Habré en se déclarant "incompétente" (Tchad, Hissène Habré extradé? L'Humanité 17.11.05). Hissène Habré est actuellement choyé à Dakar où il est "détenu" à l'hôpital pour une maladie inconnue dans une chambre spécialement aménagée pour lui au lieu d'être en prison. Il est fort probable qu'Abdoulaye Wade et la justice sénégalaise subissent de fortes pressions de la part de leurs bailleurs de fond tant à Paris qu'à Washington. La France ne semble pas avoir été très soutenante dans cette procédure d'extradition. Ainsi lors du point de presse du ministère des Affaires étrangères (M.A.E), à une question concernant l'extradition d'Hissène Habré, le porte-parole a déclaré sobrement avoir noté les derniers développements :
En d'autres terme l'extradition du "Pinochet africain" relève de la responsabilité du Sénégal mais dans le respect des procédures (est-ce une piste?). Une lourde responsabilité dont il est fort peu probable que la justice sénégalaise et en dernier ressort Abdoulaye Wade favorisent l'extradition de ce dictateur françafricain ayant baigné dans l'Américafrique. Mais par là même, le président Abdoulaye Wade en refusant de prendre ses responsabilités de démocrate pourrait être considéré comme le complice d'un criminel contre l'humanité au regard de l'Histoire et de l'opinion publique internationale. Une lourde responsabilité à tous les niveaux! En espérant que si par sagesse et par souci d'équité le procès d'Hissène Habré devait se tenir en Belgique, celui-ci ne se transforme pas en procès Saddam bis, c'est à dire en semblant de procès épargnant les responsabilités extérieures. Si ce procès avait lieu il montrerait une volonté de démocrates africains et de la communauté internationale de refuser l'impunité pour ces dictateurs africains qui massacrent, pillent et rançonnent leur peuple au nom de la raison néocoloniale. Un procès qui pourrait faire jurisprudence. A suivre... |