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« Le Groupe est
enclin à penser que l'exploitation illégale des ressources congolaises se
poursuit et qu'elle se renforce même dans de nombreux domaines »
ONU.
Après la guerre lancée en RDC par le Rwanda et l'Ouganda à la solde des
USA qui dura de 1998 à 2003 et qui fit plus de 3 millions de morts avec de
nombreux crimes contre l'humanité de part et d'autre, le pillage des
richesses minières de la RDC se poursuit avec autant d'intensité. C'est ce
que révèle un rapport intermédiaire de l'ONU qui doit fournir son dernier
rapport durant l'été 2007. Sans citer de nom contrairement au premier
rapport, les experts de l'ONU mettent en exergue le rôle particulièrement
actif du Rwanda et de l'Ouganda dans le pillage des ressources minières de
la RDC. Le Rwanda s'occupant du trafic de la cassitérite et du Coltan dans
la région du Nord Kivu tandis que l'Ouganda pille l'or dans l'Ituri. Les
experts de l'ONU évoquent aussi le rôle non négligeable du Burundi et à un
degré moindre du Zimbabwe et de l'Angola. Ces deux derniers pays sont
intervenus avec le Congo, la Zambie et la Namibie au côté de Laurent
Désiré Kabila et des réseaux françafricains pour chasser du territoire de
la RDC les forces rwando-ougandaises et leurs rebelles soutenus par
l'Américafrique. Le premier rapport des experts de l'ONU avait signalé que
« la guerre en RDC est devenue une affaire très lucrative ». Les
experts relevaient aussi que le pillage des ressources alimentait la
poursuite du conflit. Le
rapport intérimaire fait le même constat, les armées étrangères se payent
sur les ressources naturelles, en percevant les taxes ou en établissant
des monopoles.
Le malheur de la RDC depuis
la colonisation est d'être l'un des pays les plus riches en matières
premières au monde qui a fait le bonheur des colons belges puis des
néocolons américains, français et belges avides de toutes ses richesses
jusqu'à la guerre civile où la déliquescence du Congo semble profiter
aussi bien aux multinationales occidentales qu'aux pays limitrophes. La
RDC est le plus riche pays du continent et détient 30% des matières
premières en cobalt, 10% de celles du cuivre, des gisements considérables
d'uranium qui ont servi à faire la première bombe atomique US, des
gisements pétroliers encore inexploités et surtout de très importante de
zone aurifère sans oublier les réserves les plus importantes du Continent
en Cassitérite transformée en Coltan. Le Coltan est un minerai rare à l'échelle de la
planète servant, du fait de son faible poids et de ses propriétés
superconductrices, pour la fabrication de mobiles, de satellites, de
réacteurs nucléaires, de missiles, de pièces de vaisseaux. Pour exemple de
la richesse en or de la terre de RDC, les gisements en or sont des
centaines de fois plus rentables que dans d'autres pays. Alors que la
moyenne mondiale d'extraction d'or par tonne de terre déplacée est de 11
grammes elle est au Congo de 6 à 7 kilos voire dans certains endroits de
16 kilogrammes. Avec seulement la moitié de l'or extrait de la mine de
Sezere on pourrait payer la dette externe du pays. (Afrique : l'héritage impérialiste des guerres.
Tlaxca 06.03.07) De plus la RDC détient 40 à 50% des réserves d'eau du
continent. Ainsi la centrale hydro-électrique d'Inga pourrait fournir de
l'électricité à toute l'Afrique australe.
On comprend mieux
l'intérêt des pays avoisinants pour continuer à piller la terre de la RDC
avec la bénédiction des puissances impérialistes qui encouragent le
pillage à grande échelle. Selon le rapport de l'ONU 90 à 95% de l'or
congolais part pour l'Ouganda tandis que le Rwanda et le Burundi pillent
le Coltan. Le rapport épingle aussi le Zimbabwe qui au Katanga a gardé des
réseaux qui participent activement au transfert illégal de quantité énorme
de diamants. Non seulement le pillage s'est intensifié, mais des
réseaux mafieux criminels non Africains se sont implantés dans l'est du
pays pour assurer le blanchiment de l'argent sale en fourguant aussi leurs
machines de mort contre les ressources minières du pays (or, coltan,
diamants). «Les ressources minérales précieuses auraient commencé à être
utilisées pour certaines transactions, à la place de monnaies fortes que
les institutions financières et les gouvernements peuvent plus facilement
repérer ».
Le rapport constate aussi que les Congolais
sont aussi exploités dans les mines. Entre 30.000 et 200.000
« mineurs artisanaux » (« les creuseurs ») extraient
le minerai pour le compte de « sous-traitants » qui le
redistribuent à un réseau d'acheteurs et de contrebandiers. Le salaire des
« mineurs artisanaux » ainsi exploités ne leur rapporte rien si
ce n'est des dettes du fait des innombrables pourboires qu'ils payent aux
ex-rebelles et aux militaires. La situation humanitaire dans l'est de la
RDC est catastrophique. La multiplication des combats dans cette région
entraîne de nombreux morts et les déplacements de population avec une
aggravation de l'insécurité alimentaire notamment dans la province
orientale et dans les Kivus. « les populations locales, y compris des
enfants, sont recrutés dans plusieurs régions par des groupes armés pour
exploiter les ressources » relèvent les experts selon lesquels les
infrastructures agricoles sont parfois détruites pour « contraindre
les populations locales à participer aux activités extractrices »
(RFI, Le pillage se poursuit en RDC). Les exactions des
militaires de la RDC sont pointées mais aussi de ceux du Rwanda et de
l'Ouganda. Selon le rapport dans les Kivus «le RCD-Goma et l'armée
patriotique rwandaise semblent prendre le contrôle de nouveaux territoires, saisir de
nouveaux territoires, saisir de nouveaux avoirs, percevoir des recettes
fiscales et exploiter de nouvelles richesses minières ». Dans le
Nord-est du pays « de violents conflits armés ont éclaté, opposant
essentiellement les trois groupes rebelles congolais soutenus par
l'Ouganda ». Dans ces régions, le chômage grimpe en flèche jusqu'à
90% tandis que les taux de mortalité et de malnutrition sont parmi les
plus élevés au monde. Les services publics sont à l'abandon, les salaires
ne sont plus versés et les parcs nationaux sont contrôlés par « les
armées étrangères ».
Ituri Une grande partie des
richesses minières de la région sont sous le contrôle des rebelles
soutenus par l'Ouganda.90 à 95% de l'or finissent par disparaître en
Ouganda ou à Dubaï.
Nord-Kivu La population est victime
des exactions des troupes soutenus par le Rwanda, des Interahamwe et des
FARDC (forces loyalistes congolaises). Selon le rapport « la venue des
rwandais et les tensions ethniques y ont réveillé des conflits ». Les
populations congolaises ont été victimes des anciens génocidaires rwandais
réfugiés en RDC avec le soutien françafricain mais aussi des rebelles
pro-rwandais du RCD-Goma qui ont exercés une terreur et un chantage sur
les populations. Le criminel contre l'humanité Laurent Nkunda est encore
protégé par le Rwanda et ses troupes continuent à sévir dans la région
tandis que les FARDC se vengent aussi sur les populations. Un véritable
calvaire pour les habitants du Nord-Kivu. Autour de Walikale, la
population locale se trouve confrontée à deux sociétés minières
pro-rwandaises qui se disputent l'exploitation de la cassitérite qui
donnera une fois raffinée le précieux minerai coltan. Durant la guerre la
firme sud africaine Mining Processing Congo aida ''l'aide commerciale'' de
l'armée rwandaise à exporter le minerai. Walikale est le centre
d'extraction de la cassitérite au Nord-Kivu. Le minerai est ensuite
transporté vers Mubi puis exporté par avion vers Goma près de la frontière
rwandaise. Sept à dix avions chargés de 2 tonnes de minerai partent de
l'aéroport de Mubi vers Goma pour être ensuite transféré au
Rwanda.
Sud-Kivu Les FDLR milices ayant intégré d'anciens
génocidaires rwandais (les Interahamwe) continuent de sévir dans la région
et pillent l'or et la cassitérite pour la transporter vers le Burundi.
Ces milices ont pris
possession de nombreuses mines d'or. Cet or disparaît au Burundi où les
droits de douane à l'exportation sont moins élevés qu'au Congo et où il
n'y a pas de licences minières pour les opérateurs. La fédération des
entrepreneurs congolais estime à 500 kilos d'or par mois les quantités
dérobés soit une valeur de 8 à 9 millions de dollars. (Congopresse La contrebande de minerais se poursuit sans ralentir).
Katanga et le
Kasaï
Dans ces régions riches en
cuivre, en cobalt et en diamants (pour le Kasaï), plusieurs concessions
furent accordées par le gouvernement de la RDC aux troupes venues du
Zimbabwe pour lutter contre l'attaque rwando-ougandaise de 1998. Malgré le
départ des troupes zimbabwéennes, des quantités importantes de diamants
sont transférées clandestinement vers le Zimbabwe. Selon le rapport des
experts : « Alors que le Zimbabwe a officiellement déclaré avoir
retiré d'importants effectifs au cours des 18 mois écoulés, le Groupe
d'expert a reçu des rapports selon lesquels de nouveaux contingents ont
été envoyés dans des régions comme le Kasaï, où les parties zimbabwéennes
continuent d'exploiter des mines de diamants ». Concernant le cuivre
et le cobalt, des firmes internationales ont passé des joints-ventures en
défaveur de l'entreprise d'Etat la Gecamines en voie de
déliquescence.
On mesure mieux l'ampleur de
la prédation organisée conjointement par les pays limitrophes soutenus par
les multinationales et leur pays de tutelle. Un pillage en règle dont les
principaux acteurs pourraient être mis à jour lors du prochain et dernier
rapport de l'ONU qui doit paraître d'ici la fin de l'été.
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