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 PRESSAFRIQUE 13.03.07
Le pillage se poursuit en RDC. Le Rwanda et l'Ouganda mis en cause par un rapport de l'ONU

 « Le Groupe est enclin à penser que l'exploitation illégale des ressources congolaises se poursuit et qu'elle se renforce même dans de nombreux domaines » ONU.

Après la guerre lancée en RDC par le Rwanda et l'Ouganda à la solde des USA qui dura de 1998 à 2003 et qui fit plus de 3 millions de morts avec de nombreux crimes contre l'humanité de part et d'autre, le pillage des richesses minières de la RDC se poursuit avec autant d'intensité. C'est ce que révèle un rapport intermédiaire de l'ONU qui doit fournir son dernier rapport durant l'été 2007. Sans citer de nom contrairement au premier rapport, les experts de l'ONU mettent en exergue le rôle particulièrement actif du Rwanda et de l'Ouganda dans le pillage des ressources minières de la RDC. Le Rwanda s'occupant du trafic de la cassitérite et du Coltan dans la région du Nord Kivu tandis que l'Ouganda pille l'or dans l'Ituri. Les experts de l'ONU évoquent aussi le rôle non négligeable du Burundi et à un degré moindre du Zimbabwe et de l'Angola. Ces deux derniers pays sont intervenus avec le Congo, la Zambie et la Namibie au côté de Laurent Désiré Kabila et des réseaux françafricains pour chasser du territoire de la RDC les forces rwando-ougandaises et leurs rebelles soutenus par l'Américafrique. Le premier rapport des experts de l'ONU avait signalé que « la guerre en RDC est devenue une affaire très lucrative ». Les experts relevaient aussi que le pillage des ressources alimentait la poursuite du conflit.  Le rapport intérimaire fait le même constat, les armées étrangères se payent sur les ressources naturelles, en percevant les taxes ou en établissant des monopoles.   

Le malheur de la RDC depuis la colonisation est d'être l'un des pays les plus riches en matières premières au monde qui a fait le bonheur des colons belges puis des néocolons américains, français et belges avides de toutes ses richesses jusqu'à la guerre civile où la déliquescence du Congo semble profiter aussi bien aux multinationales occidentales qu'aux pays limitrophes. La RDC est le plus riche pays du continent et détient 30% des matières premières en cobalt, 10% de celles du cuivre, des gisements considérables d'uranium qui ont servi à faire la première bombe atomique US, des gisements pétroliers encore inexploités et surtout de très importante de zone aurifère sans oublier les réserves les plus importantes du Continent en Cassitérite transformée en Coltan. Le Coltan est  un minerai rare à l'échelle de la planète servant, du fait de son faible poids et de ses propriétés superconductrices, pour la fabrication de mobiles, de satellites, de réacteurs nucléaires, de missiles, de pièces de vaisseaux. Pour exemple de la richesse en or de la terre de RDC, les gisements en or sont des centaines de fois plus rentables que dans d'autres pays. Alors que la moyenne mondiale d'extraction d'or par tonne de terre déplacée est de 11 grammes elle est au Congo de 6 à 7 kilos voire dans certains endroits de 16 kilogrammes. Avec seulement la moitié de l'or extrait de la mine de Sezere on pourrait payer la dette externe du pays. (Afrique : l'héritage impérialiste des guerres. Tlaxca 06.03.07) De plus la RDC détient 40 à 50% des réserves d'eau du continent. Ainsi la centrale hydro-électrique d'Inga pourrait fournir de l'électricité à toute l'Afrique australe.   

On comprend mieux l'intérêt des pays avoisinants pour continuer à piller la terre de la RDC avec la bénédiction des puissances impérialistes qui encouragent le pillage à grande échelle. Selon le rapport de l'ONU 90 à 95% de l'or congolais part pour l'Ouganda tandis que le Rwanda et le Burundi pillent le Coltan. Le rapport épingle aussi le Zimbabwe qui au Katanga a gardé des réseaux qui participent activement au transfert illégal de quantité énorme de diamants.
Non seulement le pillage s'est intensifié, mais des réseaux mafieux criminels non Africains se sont implantés dans l'est du pays pour assurer le blanchiment de l'argent sale en fourguant aussi leurs machines de mort contre les ressources minières du pays (or, coltan, diamants). «Les ressources minérales précieuses auraient commencé à être utilisées pour certaines transactions, à la place de monnaies fortes que les institutions financières et les gouvernements peuvent plus facilement repérer ».  

Le rapport constate aussi que les Congolais sont aussi exploités dans les mines. Entre 30.000 et 200.000 « mineurs artisanaux » (« les creuseurs ») extraient le minerai pour le compte de « sous-traitants » qui le redistribuent à un réseau d'acheteurs et de contrebandiers. Le salaire des « mineurs artisanaux » ainsi exploités ne leur rapporte rien si ce n'est des dettes du fait des innombrables pourboires qu'ils payent aux ex-rebelles et aux militaires. La situation humanitaire dans l'est de la RDC est catastrophique. La multiplication des combats dans cette région entraîne de nombreux morts et les déplacements de population avec une aggravation de l'insécurité alimentaire notamment dans la province orientale et dans les Kivus. « les populations locales, y compris des enfants, sont recrutés dans plusieurs régions par des groupes armés pour exploiter les ressources » relèvent les experts selon lesquels les infrastructures agricoles sont parfois détruites pour « contraindre les populations locales à participer aux activités extractrices » (RFI, Le pillage se poursuit en RDC). Les exactions des militaires de la RDC sont pointées mais aussi de ceux du Rwanda et de l'Ouganda. Selon le rapport dans les Kivus «le RCD-Goma et l'armée patriotique rwandaise semblent prendre le contrôle  de nouveaux territoires, saisir de nouveaux territoires, saisir de nouveaux avoirs, percevoir des recettes fiscales et exploiter de nouvelles richesses minières ». Dans le Nord-est du pays « de violents conflits armés ont éclaté, opposant essentiellement les trois groupes rebelles congolais soutenus par l'Ouganda ». Dans ces régions, le chômage grimpe en flèche jusqu'à 90% tandis que les taux de mortalité et de malnutrition sont parmi les plus élevés au monde. Les services publics sont à l'abandon, les salaires ne sont plus versés et les parcs nationaux sont contrôlés par « les armées étrangères ».

Ituri
Une grande partie des richesses minières de la région sont sous le contrôle des rebelles soutenus par l'Ouganda.90 à 95% de l'or finissent par disparaître en Ouganda ou à Dubaï.

Nord-Kivu
La population est victime des exactions des troupes soutenus par le Rwanda, des Interahamwe et des FARDC (forces loyalistes congolaises). Selon le rapport « la venue des rwandais et les tensions ethniques y ont réveillé des conflits ». Les populations congolaises ont été victimes des anciens génocidaires rwandais réfugiés en RDC avec le soutien françafricain mais aussi des rebelles pro-rwandais du RCD-Goma qui ont exercés une terreur et un chantage sur les populations. Le criminel contre l'humanité Laurent Nkunda est encore protégé par le Rwanda et ses troupes continuent à sévir dans la région tandis que les FARDC se vengent aussi sur les populations. Un véritable calvaire pour les habitants du Nord-Kivu. Autour de Walikale, la population locale se trouve confrontée à deux sociétés minières pro-rwandaises qui se disputent l'exploitation de la cassitérite qui donnera une fois raffinée le précieux minerai coltan. Durant la guerre la firme sud africaine Mining Processing Congo aida ''l'aide commerciale'' de l'armée rwandaise à exporter le minerai. Walikale est le centre d'extraction de la cassitérite au Nord-Kivu. Le minerai est ensuite transporté vers Mubi puis exporté par avion vers Goma près de la frontière rwandaise. Sept à dix avions chargés de 2 tonnes de minerai partent de l'aéroport de Mubi vers Goma pour être ensuite transféré au Rwanda.

Sud-Kivu
Les FDLR milices ayant intégré d'anciens génocidaires rwandais (les Interahamwe) continuent de sévir dans la région et pillent l'or et la cassitérite pour la transporter vers le Burundi.  Ces milices ont pris possession de nombreuses mines d'or. Cet or disparaît au Burundi où les droits de douane à l'exportation sont moins élevés qu'au Congo et où il n'y a pas de licences minières pour les opérateurs. La fédération des entrepreneurs congolais estime à 500 kilos d'or par mois les quantités dérobés soit une valeur de 8 à 9 millions de dollars. (Congopresse La contrebande de minerais se poursuit sans ralentir).

Katanga et le Kasaï
Dans ces régions riches en cuivre, en cobalt et en diamants (pour le Kasaï), plusieurs concessions furent accordées par le gouvernement de la RDC aux troupes venues du Zimbabwe pour lutter contre l'attaque rwando-ougandaise de 1998. Malgré le départ des troupes zimbabwéennes, des quantités importantes de diamants sont transférées clandestinement vers le Zimbabwe. Selon le rapport des experts : « Alors que le Zimbabwe a officiellement déclaré avoir retiré d'importants effectifs au cours des 18 mois écoulés, le Groupe d'expert a reçu des rapports selon lesquels de nouveaux contingents ont été envoyés dans des régions comme le Kasaï, où les parties zimbabwéennes continuent d'exploiter des mines de diamants ». Concernant le cuivre et le cobalt, des firmes internationales ont passé des joints-ventures en défaveur de l'entreprise d'Etat la Gecamines en voie de déliquescence.

On mesure mieux l'ampleur de la prédation organisée conjointement par les pays limitrophes soutenus par les multinationales et leur pays de tutelle. Un pillage en règle dont les principaux acteurs pourraient être mis à jour lors du prochain et dernier rapport de l'ONU qui doit paraître d'ici la fin de l'été.    

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