LORD OF WAR             

 Synopsis

Un trafiquant d'armes (Nicolas Cage) d'origine russe ayant émigré aux USA parvient, avec le temps, à gravir les échelons de sa profession jusqu'a devenir la référence en la matière. Au bout du compte il se retrouvera face à un ennemi qu'il ne pouvait soupçonner : sa conscience. Mais il n'est pas facile de laisser une vie faites de filles faciles, d'armes et de glamour, surtout quand personne ne veut que vous vous arrêtiez, encore moins vos ennemis.
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Qui est Yuri ?
Andrew Niccol avoue s'être inspiré de cinq trafiquants d'armes bien réels pour créer son personnage de Yuri Orlov. Pour sa documentation, Niccol s'est entretenu avec de nombreuses personnes exerçant cette profession peu commune, communiquant essentiellement par emails, ce genre de personnes étant bien évidemment difficilement approchables.

Une somme d'événements réels
"Presque tous les événements du films ont un précédent réel. Des hélicoptères militaires ont bien été vendus comme des engins destinés à des interventions de secours, des trafiquants d'armes ont bien changé les noms et paramètres d'enregistrement de leurs navires une fois en mer, un célèbre trafiquant d'armes a été libéré des prisons américaines après des pressions mystérieuses, des stocks d'armements militaires soviétiques ont été pillés après la chute de l'URSS... Tout cela est avéré." déclare Andrew Niccol.


 
Avec Nicolas Cage, Ethan Hawke, Jared Leto
Film américain d'Andrew Niccol
Genre :
Drame, Thriller, Action Durée : 2h2min.
Année de production : 2005
Interdit aux moins de 12 ans

DOSSIER AMNESTY INTERNATIONAL

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 DOSSIER PRESSAFRIQUE SUR LES VENTES D'ARMES






 
Le point de vue d'Amnesty International  

Le trafic d'armes plein écran

Le premier plan de Lord of war, film de fiction soutenu par Amnesty International, annonce la couleur : un tapis de cartouches, le crépitement d'armes automatiques et une voiture calcinée. « Un individu sur douze est armé sur cette planète, explique, en voix off, le héros, Yuri, joué par Nicolas Cage, comment armer les onze autres ? »

Telle est la question pour cet américain d'origine ukrainienne se faisant passer pour un émigrant juif. Toute sa vie, Yuri va ainsi endosser différentes identités et porter une douille en amulette. Trafiquant d'armes côté cour, époux et père idéal jetant à la poubelle le pistolet de son môme côté jardin. Il collectionne les passeports pour semer Jack Valentine, l'homme d'Interpol, le représentant de la loi qui, parce qu'il s'y soumet, a toujours une longueur de retard.

Son univers est le négatif de celui des défenseurs de droits humains : une trêve, c'est le cauchemar, un accord de paix, la catastrophe. La philosophie de Yuri est simple : l'être humain a besoin d'armes comme de nourriture ou d'amour, alors il échange ses AK 47 contre des dollars, parfois de la dope en Bolivie ou des diamants au Libéria. Il ne voit pas de mal à ça. Sauf lorsque son frère Vitali, plus fragile, qu'il entraîne dans son aventure macabre par un pacte faustien célébré à coups de vodka, le bouscule ou l'émeut. Un court instant.

« Presque tous les événements du film ont un précédent réel. Des hélicoptères militaires ont bien été vendus comme des engins destinés à des interventions de secours, un célèbre trafiquant d'armes a été libéré des prisons américaines après des pressions mystérieuses. », explique Andrew Niccol. Quelques répliques font mouche : « Le Kalachnikov est le produit russe le plus exporté devant la vodka, le caviar et les écrivains suicidaires. »

Quelques chiffres aussi : entre 1982 et 1992, rien qu'en Ukraine, plus de 32 millions de dollars d'armes ont été dérobées et dispatchées dans les zones de conflit. La voix off reste un peu pesante, le film aurait gagné à être raccourci, la redondance de la musique peut gêner (la chanson Cocaïne d'Éric Clapton quand Vitali sniffe un rail de coke ou les chours russes pendant la visite d'un arsenal de l'ex-Russie). Mais lorsque s'affiche, juste avant le générique, l'information selon laquelle les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, exportateurs de 88 % des armes conventionnelles dans le monde, siègent au Conseil de sécurité de l'Onu, on se refait le film et on est en colère.
A. C.


AMNISTIA.NET 16.01.06
Portrait du trafiquant d'armes "Victor B"
A Bout portant


L'interview de Nicolas Cage
Amnesty International

 Dans Lord of War, j'incarne un trafiquant sans scrupule qui vend des armes à qui peut les acheter partout sur la planète. Malheureusement, ce film dépeint très fidèlement ce qui se passe réellement dans le monde. Des gens, souvent des criminels de la pire espèce, continuent à recevoir des fusils d'assaut et des lance-missiles fournis par des trafiquants d'armes et leurs complices au sein des gouvernements. Peu de choses sont faites pour les arrêter.
Dans le film, l'agent d'Interpol Jack Valentine, interprété par Ethan Hawke, déclare à Yuri :«Vous vous enrichissez en donnant aux plus pauvres les moyens de continuer à s'entretuer.»

 Le mot du réalisateur 
Amnesty International

 Si vous pensez qu'il a été facile de faire un film sur le commerce des armes, vous vous trompez. Mon nouveau film, LORD OF WAR, a été refusé par tous les grands studios de Hollywood. Le film a finalement été financé de façon indépendante, et il n'a été possible de le faire que parce que les acteurs - Nicolas Cage, Ethan Hawke, Jared Leto, Bridget Moynahan, Eamonn Walker et Ian Holm - ont accepté d'importants sacrifices financiers. LORD OF WAR dévoile les arcanes du trafic d'armes, le rôle plus qu'ambigu des Etats, et l'échec constant des différentes instances officielles dans l'éradication des ventes illégales. Vous vous dites sans doute que ce problème vous dépasse, mais chaque action, même minime, peut pourtant aider à y mettre un terme.


 Critique de Télérama  
(Frédéric Strauss)

 La piste africaine
Hollywood montre un récent intérêt pour l'Afrique. Guerres, trafics d'armes ou de médicaments. Loin des clichés, une rafale de films audacieux montrent un continent à la dérive. Malgré des producteurs réticents.

...Une balle fuselée comme une bombe sort d'une usine qui en fabrique à la mitraillette, passe de main en main et finit en Afrique... dans la tête d'un gamin des rues. La séquence d'ouverture du film d'Andrew Niccol Lord of war (sortie le 4 janvier prochain) est presque une provocation dans le cinéma américain. Mais l'auteur de Bienvenue à Gattaca (1997) et Simone (2001) est un spécialiste des projets atypiques : « Tous mes films vont à l'encontre des codes hollywoodiens », résume-t-il. Son Seigneur de la guerre est un trafiquant d'armes à la fois charismatique et abject, joué par Nicolas Cage. L'Amérique chic est le décor de sa vie officielle. La vraie se joue dans un pays d'Afrique de l'Ouest où il vend à un dictateur militaire de quoi massacrer selon ses moindres caprices. « Il fallait que je dise la vérité sur le bourbier où s'enfonce toute une partie du continent africain, raconte Andrew Niccol. Le trafic d'armes est la conséquence, souvent ignorée, de la fin de la guerre froide. Pendant qu'on s'enthousiasmait devant l'ouverture des pays de l'Est, des tas de munitions et d'armes volées en sortaient pour inonder le Liberia, la Sierra Leone et d'autres Etats africains. Beaucoup de gens ont fait des fortunes en leur vendant la mort. »

On sent l'impatience d'un cinéaste excédé par un déni général : la vérité sur l'Afrique, personne ne la réclame. Surtout pas au cinéma. « C'était impossible de convaincre un studio américain d'apporter le financement », reconnaît-il. Le film n'a pu voir le jour que grâce au soutien de Nicolas Cage et à l'arrivée d'un coproducteur français. S'il est finalement bel et bien américain, c'est donc à l'arraché, et en contrebande. Andrew Niccol a également dû accepter de tourner en Afrique du Sud, les compagnies d'assurance refusant de couvrir un tournage en Afrique de l'Ouest. Comme si cette réalité devait être tenue à distance par tous les moyens. Le réalisateur n'en revendique qu'avec plus de véhémence l'exactitude de ce qu'il a filmé : « Tout ce que je montre dans Lord of war existe. Un gros trafiquant de la République tchèque m'a prêté des tanks qu'il allait livrer en Libye, et j'en ai rencontré un autre qui faisait passer des armes au Congo. Le dictateur du film s'inspire à la fois de Kadhafi, d'Idi Amin Dada et de Mobutu. Lord of war est en quelque sorte un film hyperréaliste. »

Le message a été compris par Amnesty International, qui utilise Lord of war pour des campagnes d'information sur le commerce des armes. Andrew Niccol s'en réjouit, mais sans illusions : « Mon film peut-il changer quelque chose ? Non. Dire que l'Amérique est le plus grand trafiquant d'armes du monde et que l'Afrique est son déversoir est simplement rappeler des faits. Il faudrait une volonté politique pour lutter contre. Mais il n'y en a pas, que nous ayons Bush ou Clinton au pouvoir. On dit que le deuxième plus vieux métier du monde, c'est trafiquant d'armes. Cela signifie clairement que ça ne s'arrêtera jamais. »...
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