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 PRESSAFRIQUE 23.01.06
L'ONU marche-t-elle dans les pas de la France en Côte d'Ivoire ?


 " Jamais sans doute depuis l'indépendance du pays, autant d'inconnues n'ont plané sur l'avenir de la Côte d'Ivoire. Il est du devoir de tous d'éviter que le pays ne sombre dans un chaos qui pourrait entraîner la déstabilisation durable de toute la sous-région "
AMNESTY INTERNATIONAL 26.10.05
Côte d'Ivoire : un avenir lourd de menaces

 Ce n'est un secret pour personne les décisions prises par l'ONU en Côte d'Ivoire sont souvent des décisions influencées par les autorités françaises. Selon la LDC en date du 05.01.06 (Côte d'Ivoire. Garde rapprochée de Chirac au front), certain(s) membre(s) du gouvernement (alors que d'autres ont été désaisis du dossier) "...très proche du chef de l'état français aurait été nommé pour défendre chaque mois la position française au sein du Goupe international de travail (GIT)". Position qui l'a emportée et n'a pas manqué de mettre le feu au poudre en Côte d'Ivoire. Il n'est guère étonnant que dans un tel contexte les forces de l'ONU se soient heurtées aux forces loyalistes qui considèrent que la France depuis le début de la guerre civile a soutenu les forces rebelles à partir du Burkina Faso . S'il est indispensable que l'Union africaine et les Nations Unies fassent pression pour que les auteurs des crimes et d'atteintes au droit humain soient tenus pour responsables de leurs actes et jugés qu'ils soient rebelles ou patriotes, qu'ils soient du nord ou du sud, les forces des Nations unies doivent aussi montrer l'exemple. 

Malheureusement, la méthode française de répression des manifestations anti-"force-impartiale" semble avoir fait école.  On ne comprend toujours pas pourquoi des forces de l'ONU ont tiré à balles réelles sur des civils certes hostiles mais manifestant à mains nues, entraînant ainsi la mort de cinq d'entre eux et plusieurs blessés. Est-ce l'impunité accordée à la force Licorne, prétendument en état de "légitime défense élargie" lors de la répression sanglante des manifestations antifrançaises du 9 novembre 2004, qui a fait jurisprudence pour les forces de l'ONU? A-t-on le droit en Afrique de réprimer des manifestations de la sorte lorsqu'il n'y a pas de légitime défense avérée. A Abidjan par exemple les manifestants ont été dispersés à l'aide de gazs lacrymogènes. Les forces de l'ONU ont elles, à l'instar des troupes de la Licorne lors de la répression des manifestations de novembre 2004 (Amnesty International ), "fait à certaines occasions un usage excessif et disproportionné de la force létale alors qu'elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers ?"

Une enquête interne à l'ONU devrait être diligentée pour éviter que se reproduise de telles exactions, si elles étaient avérées.

L'ONU en apppliquant le plan françafricain de déshabillage politique complet du président Gbagbo ne pouvait que se heurter à une telle réaction de la part des "Patriotes". Dans l'optique de la préparation des élections pésidentielles, le président de la Côte d'Ivoire avait déja accepté de la part des "forces impartiales" l'imposition d'un premier ministre qui lui retirait l'essentiel de ses pouvoirs. La dissolution de l'assemblée nationale, préconisée par le GIT sous influence française, ne pouvait que mettre le feu aux poudres.