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PRESSAFRIQUE
16.02.07 | ||||
| Comme à
l'accoutumé, Nôtre bon President a réuni bon nombre de ses amis dictateurs
kleptocrates pour un énième sommet françafricain. C'est sans doute fort
heureusement son dernier mais cela ne sonne pas pour autant le glas de la
Françafrique toute accaparée qu'elle est à maintenir
par la force dans son pré-carré -fondant comme neige au soleil - des
kleptocrates qu'elle a portées au pouvoir. Nôtre bon Président fossoyeur
des peuples africains selon le CADTM a des amis personnels et des pratiques qui font
honte à la devise universelle des droits de l'homme gravée au frontispice
de la République française. Ne serait-ce que par ses actions
politiques de légitimation de régimes totalitaires africains. En
déclarant qu'un dictateur
assassin autoproclamé
d'un
président démocratiquement élu au Togo est son "ami personnel et
l'ami de la France" il décridiblise l'image de la France dans le
monde. En ayant soutenu des élections truquées au
Togo
pour permettre au fils de son ami criminel de s'accaparer le pouvoir il
est dans une parfaite continuité de sa politique de soutien aux
dictateurs africains. En soutenant et en renforçant les guerres de
dictateurs criminels tel qu'Idriss Déby au Tchad il
reste dans la même logique françafricaine gaulliste. Au Tchad, en Centrafrique, la
France est en
guerre et ni les citoyens ni le parlement français n'en sont informés.
Au Congo-Brazzaville, il porte à bout de bras un dictateur
imposé par Elf, l'Elysée et l'Etat-major à l'issu d'une terrible guerre
civile et fait effacer l'ardoise d'un gouvernement
corrompu
qui pille les richesses du peuple congolais pour son
clan et ses amis de la Françafrique. Un système soutenu par un lobby
militaro-industriel qui n'est pas prêt de disparaître de sitôt tant qu'il
n'aura pas définitivement détruit son pré-carré ? Comme au Tchad, en Centrafrique, au
Rwanda, en RDC, au Congo-Brazzaville, au Togo, en Côte d
'Ivoire
? Pendant ce temps un bon nombre
de médias marchent au pas et à la botte soldatesque de la Françafrique criminelle. C'est
la loi de l'omerta dans de nombreux médias en ce qui concerne les
dérives criminelles de la politique africaine de la France. Au cours de ce sommet Nôtre bon Président, apôtre du soutien aux ubus africains qu'il a contribué à faire parvenir ou maintenir au pouvoir recevra donc avec l'argent du contribuable français les dictateurs : Idriss Déby (Tchad) au pouvoir depuis 17 ans, Omar Bongo (Gabon) depuis plus de 40 ans, Sassou NGuesso (Congo-Brazzaville) depuis 10 ans, Paul Biya (Cameroun) depuis plus de 25 ans, Ismael Omar Guelleh (Djibouti) au pouvoir depuis 1999. Ce dernier alors qu'il devait être interrogé par un juge français, comble du mauvais goût françafricain, au sujet de l'assassinat du juge Borrel impliquant des protagonistes françafricains au plus haut niveau, n'a même pas dénié s'y rendre. Comme Norbert Dabira et Jean-François Ndengué accusé d'être impliqué dans le crime contre l'humanité du Beach et poursuivis par la justice française qui furent exfiltrés grâce aux bonnes grâces de Nôtre bon Président toujours au service des dictateurs africains contre les peuples. Il recevra aussi Omar El Béchir accusé de génocide au Darfour. Ne sont pas venus : le président démocratiquement élu d'Afrique du Sud Tabo Mbecki ainsi que le président Kagame du Rwanda qui demande l'entrée de son pays dans le Commonwealth et le président Gbagbo de Côte d'Ivoire. La Françafrique est le plus long scandale de la République qui met à mal les devises de la République et légitime une lecture sélective des droits de l'homme. L'homme au double langage en a donc hérité comme tous les présidents de la Vème République et transmettra sans aucun doute le flambeau à son successeur qui peut-être à son tour nous fera honte ainsi qu'aux futures générations. Nous ne voulons plus : - de démocratie restreinte en France où les concitoyens et parlementaires français n'ont pas accès et n'ont pas de contrôle sur la politique africaine de la France ni sur la politique étrangère. - de guerre impliquant nos militaires, lancée par Nôtre bon Président sans l'aval des représentants au parlement et sans débat à l'Assemblée devant les citoyens français (Tchad, Centrafrique). Les citoyens français ne sont pas des enfants, ils ont droit de savoir quelles sont les actions que l'on mène à l'étranger avec leur pognon. Ils ont droit d'être informés. - d'une justice soumise aux injonctions de l'exécutif
(Affaire des
disparus du Beach, affaire du juge Borrel, affaire du
jugement des génocidaires rwandais en France
...)
- de dictateurs soutenus et portés à bout de bras par
la France au nom de ses intérêts économiques et géopolitiques (Bongo, Déby, Biya, Compaoré, Eyadéma, Guelleh
...) - de légitimation par les autorités françaises au
plus haut niveau d'élections truquées en Afrique (Togo, Tchad, Gabon, Cameroun
...). - d'une presse marchant au
son du canon - le soutien de la société
civile africaine et de l'organisation d'élections démocratiques en
Afrique - l'indépendance du pouvoir médiatique français par rapport
au politique et au lobby militaro-industriel, la fin de la
loi de l'omerta médiatique française sur les affaires africaines. -l'annulation de la dette
des pays africains payées maintes fois en intérêts bancaires.
Puis la chaîne nous gratifia d'un reportage sur le retour des expats de Côte d'Ivoire (19h37 : Côte d'Ivoire: la vie des 10.000 Français restés sur place), dont certains retrouvent leur "serviteurs de langoustes" tandis que l'on évoquait le dur travail des militaires de l'opération Licorne stipendiés par un clip d'Alpha Blondy. Des militaires français ont été interviewés puis le reportage s'appesantit sur les 24 militaires français tués depuis 4 ans. Rien sur l'obstruction du parquet français aux mandats d'arrêt (concernant un Français ayant livré les armes à la Côte d 'Ivoire et les pilotes Biélorusses) lancés par la juge française pour faire lumière sur les bombardements de Bouaké et encore moins sur la manière dont l'armée française a réprimé dans le sang les manifestations antifrançaises de 2004. Un traitement de l'information particulièrement sélectif sur France 3. Enfin dans l'édition du Soir, après nous avoir repassé le reportage du 19/20 à la gloire de l'action de Nôtre bon président lors du sommet France-Afrique. On en rajoute avec l'interview de sa porte-parole, ministre déléguée au déveoppement, à la coopération et à la francophonie, Brigitte Girardin qui dépeint la politique de Nôtre bon président comme celle du "plus grand défenseur de l'Afrique " . Le journaliste-présentateur du France 3 qui l'interview ne se montre pas l'ombre d'un moment critique. Cela ressemble à du journalisme de révérence, certains évoqueraient même de la propagande.
Ce soir, en tous les cas, la ministre de la francophonie et de la coopération, Brigitte Girardin, a été la plus grande avocate de Jacques Chirac pendant qu'un journalise bien amène se trouvait en face d'elle avec des questions pas dérangeantes pour un sou. La ministre du développement et de la coopération avait en son temps - avec son homologue britannique - recadré sérieusement le projet émanant du directeur de la banque mondiale. En effet le président de la BM demandait que l'aide au développement soit subordonnée préférentiellement à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption. Brigitte Girardin avait fustigé ce programme en ces termes opaques : « la suppression d'un financement de la banque sur l'unique base de la corruption d'un Etat aurait été désastreuse pour la population du pays. Le comité de développement a donc rappelé que la lutte contre la corruption n'est qu'un des aspects de la politique de la banque. On ne peut pas résumer son action à la seule mise en oeuvre de la bonne gouvernance des Etats et à la lutte contre la corruption. Sa mission principale est d'abord de réduire la pauvreté.» (Les Echos 19.09.06 Banque mondiale : la stratégie anticorruption de Wolfowitz recadrée). L'idéologie défendue par la ministre déléguée est très proche de celle de Nôtre bon président. On ne peut pas en effet soutenir des régimes et des dictateurs corrompus comme au Congo-Brazzaville, effacer leurs ardoises et leur imposer qu'ils fassent preuve de bonne gouvernance. En ce qui concerne le traitement médiatique du
dernier banquet de Nôtre bon Président et de nombre de ses amis
dictateurs dans le bunker, il y eut
des surprises néanmoins. La chaîne internationale TV5 (comme quoi il ne faut
pas avoir une vision monolithique du service publique) a relayé
amplement les manifestations contre la politique françafricaine de Nôtre bon
Président tandis que sur les grandes chaînes françaises rien n'a vraiment
filtré.
Pendant ce temps là le suspens était à son comble à Cannes au contre-sommet citoyen qui s'est tenu en marge des nationales agapes françafricaines aux marches du palais. Dans les milieux journalistiques bien informés la question se posait. Qui allait remporter la palme d'or de la Françafrique ? Jacques Chirac pour l'ensemble de son oeuvre ? Nicolas Sarkozy pour sa récente prestation à Toulon sous-titrée le Bon Temps des Colonies ? Peut-être Michelle Aliot-Marie pour son concept novateur, développée en Côte d'Ivoire, de « légitime défense élargie » ? (L'Humanité 16.02.07, La Françafrique en son bunker). Des centaines de citoyens et plusieurs milieux associatifs (Aix-Solidarité), des ONGs (Oxfam, Survie, Greenpeace, CCFD, Amis de la Terre, ATTAC, Ligue des Droits de l'homme...) se sont réunis en marge du Sommet Françafricain pour décerner ce soir à 19 heures la palme d'or du festival de la Françafrique. Il y avait aussi des représentants des partis de gauche (PCF, LCR, Vert, MJS) et du syndicat CGT. Les contestations légitimes d'une faction de la société civile n'ont pas été jugées suffisamment pertinentes et représentatives pour figurer aux JT de France Télévisions ce 16.02.07. En tous les cas pas sur France 2 et France 3* . On se croirait revenu au temps de l'ORTF du temps du Général-président. Quelle misère ! ______________________ Dernières modifications le 23.02.07 : *hormis France 3 Côte d'Azur qui a largement couvert la manifestation. |