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AFP 13.02.06 Indignation après des propos de Georges Frêche (PS) sur les
harkis |
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...Plusieurs voix se sont élevées lundi
pour protester contre les propos tenus sur les harkis par Georges
Frêche (PS), président du conseil régional de
Languedoc-Roussillon.Lors d'une cérémonie samedi à Montpellier en
hommage à un ancien porte-parole de la communauté pied-noir, M.
Frêche avait apostrophé des harkis qui y assistaient en déclarant:
"Ils (les gaullistes, ndlr) ont massacré les vôtres en Algérie et
encore vous allez leur lécher les bottes! Mais vous n'avez rien du
tout, vous êtes des sous-hommes, vous n'avez aucun honneur!". Ainsi, Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux
Anciens combattants, a annoncé lundi avoir saisi le Garde des Sceaux
pour les propos tenus par Georges Frêche (PS), président du conseil régional de
Languedoc-Roussillon, sur les
harkis....
LE MONDE 13.02.06 Après le tollé, George Frêche s'excuse de ses propos
sur les
harkis
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Inutile de
préciser que la notion de sous-humanité renvoie historiquement
au stock lexical colonial et à son idéologie. A
cette époque une partie de l'humanité était considérée comme
infra-humaine, comme une "race inférieure" qu'il fallait
civiliser.
Des
représentations coloniales qui, parcequ'elles n'ont jamais donné lieu
à un véritable travail critique formel devant l'Histoire et les opinions
publiques, peuplent encore notre imaginaire culturel et codifient nos
représentations du colonisé et de
leurs descendants. A un tel point que des députés unanimes ont considéré dans un premier temps l'oeuvre
de la coloniale comme un bienfait, annulant de facto les nombreux crimes contre l'humanité (de la traîte négrière aux massacres à caractère génocidaire) qui ont jalonné
l'entreprise coloniale et son économie si singulière fondée sur le
règne de la violence et de l'oppression fait à l'indigène et sur
la glorification du discours sur la race .
Il aura
fallu qu'un collectif d'historiens nous en dépeigne les travers au nom de l'indépendance de
leur discipline et qu'une immense caisse de
résonnance électorale antillaise nous en insuffle les tourments pour
que la mémoire nous revienne. On est passé du "vous savez dans ces
pays là..." au "il faut jouer la carte de
l'apaisement..." tandis que d'autres ronchonnent "il n'y aura pas de méa-culpa...",
"il n'y en a assez des repentances".
De toute
évidence, il y a urgence à déconstruire les représentations coloniales
et raciales qui peuplent notre imaginaire
collectif et surdéterminent nos
représentations culturelles de l'altérité tropicale
.
Il y a
urgence
à décoloniser la mémoire collective pour penser l'impensé
colonial et amoindrir les défenses
réactionnaires qui stigmatisent chaque jour un
peu plus cet autre devenu persécuteur au regard de la conscience
historique nationaliste. Conscience collective qui à force
de regards critiques ne se
présente plus
comme un bloc monolithique à valence
émotionnelle positive engendrant ainsi des remises en cause identitaire au niveau
socioculturel, une crise des
valeurs.
C'est le
désenchantement post-moderne et son cortège de représentations
négatives sur sa propre culture, un véritable travail de deuil des
illusions des modernes. Un mal nécessaire pour faire avancer le modèle
dans sa concrétude sur la voie des lumières, de l'universalisme et de
l'humanisme.
La remémoration, la répétition et puis le dépassement écrivait Ricoeur, pour paraphraser Freud,
dans La mémoire, l'histoire, l'oubli
. Il faut en
passer par là pour sortir de l'archaïque mal pensé mal dégrossi.
Le mal entendu colonial
?
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16.02.06 |