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 PRESSAFRIQUE 06.04.07
Le "Gone" du gouvernement démissionné : "Le mouton dans la baignoire"

«Allez, fissa, sors de là ! Dégage d'ici, je te dis, dégage !», déclaration de Brice Hortefeux le 11 octobre 2006 sur les bancs de l'Assemblée au ministre délégué à la promotion et l'égalité des chances, Azouz Begag. (Selon Azouz Begag cité par Le Figaro 06.04.07 Azouz Begag : Nicolas Sarkozy, "mon ennemi de l'Intérieur)

 Selon l'hebdomadaire Marianne, le ministre délégué à la promotion et l'égalité des chances, Azouz Begag, n'a pas démissionné mais a été fortement poussé à la porte par le trio Sarkozy-Chirac-Villepin. Le motif ? Un livre à paraître le 11.04.07 (qui est déja parmi les 10 meilleurs ventes d'Amazon) où Azouz Begag relate par le menu les humiliations et les frustrations qu'il a vécu au sein de l'actuel gouvernement. Et plus particulièrement en provenance du candidat de l'UMP à la présidentielle. Dans son livre "Le mouton dans la baignoire", au titre évocateur des déclarations stigmatisantes de Nicolas Sarkozy sur TF1 à l'égard des Français musulmans, Azouz Begag évoque des menaces que lui aurait fait l'ex-locataire de la place Beauvau. Un livre dont les bonnes feuilles paraîtront demain dans l'hebdomadaire «Marianne».

Les échanges tendus entre Sarkozy et Begag ont commencé peu après les propos de l'ex-ministre de l'intérieur concernant le "nettoyage au kärcher" des banlieues et ses propos sur "la racaille". Begag avait alors qualifié les propos de Sarkozy de "sémantique guerrière". Puis à une question dans un meeting où on sommait Azouz Begag de se justifier sur sa caution apportée au gouvernement au moment des violences urbaines de 2005, le "beur" du gouvernement, "l'Arabe de service" comme il se prénommait de manière ironique, avait rétorqué "je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy".
Selon Azouz Begag, il n'en fallut pas moins pour déclencher l'hydre du locataire de la place Beauvau.

Nouvel Obs.com 06.04.07
Azouz Begag sort un livre au vitriol sur Sarkozy
...En novembre 2005, Nicolas Sarkozy "(lui) passe un savon tellement incroyable qu'(il) ne peut s'empêcher de le consigner sur le champ : 'Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule ! Tu te fous de mon nom. Azouz Sarkozy ! Je vais te montrer, moi, Azouz Sarkozy. Tu te fous de mon physique aussi, je vais te casser ta gueule, salaud ! Connard !'". "A chaque fois que j'essaie de placer un mot", explique Azouz Begag, "il me coupe : 'J'en ai rien à foutre, de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule.'".

Lire aussi dans Marianne 06.04.07
Les révélations d'Azouz Begag dans le grand silence médiatique


« Le ministre de l'Intérieur m'a conseillé, dans une ultime menace, de ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir, sinon il allait m'en cuire », a également ajouté l'ex-ministre. Il aurait été dès lors mis sur le ban de touche et dénigré par certains collègues du gouvernement notamment par Brice Hortefeux. Certains propos d'Azouz Begag avaient déja été signalés en temps et en heure par Bakchich.

Bakchich 11.12.06
Brice, il fait rien qu'à "casser" Azouz
[...] Le conseil des ministres a ses habitués et, bien entendu ses habitudes. Brice Hortefeux a une petite tradition, chaque mercredi. Le ministre des Collectivités territoriales a la politesse de toujours salué Azouz Begag, le ministre délégué à l'Egalité des chances par un « tiens t'es encore là toi ». Quand on vous dit que le gouvernement est une équipe.

Petite entorse à cette règle non écrite lors du conseil du 29 novembre. En réaction à l'assassinat du ministre de l'Industrie libanais Pierre Gemayel, Begag s'étonne faussement ingénue : « tiens ça existe encore les assassinats politiques ». Réponse tout en douceur d'Hortefeux : « oui on va les réinventer pour toi ».

Les assauts d'amabilité entre les deux ministres ne s'arrêtent pas toujours aux portes du salon Murat du palais de l'Elysée. Lors d'une séance de questions au gouvernement, traditionnel cérémonial hebdomadaire de l'Assemblée nationale, le petit Brice a gentiment inviter son collègue à quitter les lieux. « Toi maintenant, tu dégages ». Pris d'un accès de surdité sans doute, Begag ne bouge guère et ignore royalement son interlocuteur. Dépité, Hortefeux se répéte : «  dégage et fissa ! » [...]

Quant à Nicolas Sarkozy, il dément tout et accuse Begag de "mensonge éhonté". Un peu comme pour les propos de Lilian Thuram : Lilian Thuram rapportait les propos du candidat de l'UMP : "Il me dit, vous savez, c'est les Noirs et les Arabes qui créent des problèmes dans les banlieues. Et moi je lui dis: non, ce ne sont pas les Noirs et les Arabes qui créent des problèmes dans les banlieues, ceux qui créent des problèmes dans les banlieues, ça s'appelle des délinquants". Sarkozy avait alors complètement infirmé ces propos en déclarant qu'il s'agissait de mensonges éhontées. Décidément...