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Selon Le Monde, et d'après des informations
en provenance de l'ONU, "les deux tiers des marchés militaires de la
Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004 ont transité par la Darkwood", une
société détenue par un ancien gendarme de l'Elysée bien en vue dans
certains réseaux de la Françafrique (LE MONDE 11.01.06, Robert Montoya, un "plombier" en Afrique ). Selon
Libération (Robert Montoya rattrapé par ses trafics d'armes en
Afrique), "cet ancien gendarme de l'Elysée sous François
Mitterrand, condamné en France pour des écoutes illégales en 1992, s'était
reconverti, avec succès, en marchand d'armes sous les tropiques. A Lomé, à
la tête de plusieurs sociétés de sécurité, il a fait fructifier ses
affaires, tout en rendant de fiers services au pouvoir répressif du
général-président aux éternelles lunettes noires, Gnassingbé
Eyadéma".
Suite à l'enquête du juge
Brigitte Raynaud sur le bombardement du camp militaire de Bouaké qui a
entraîné la mort de neuf soldats français et en dépit du secret défense
apposé à de nombreux dossiers touchant à cette affaire, un mandat
international a été demandé par la juge à l'encontre de Robert
Montoya présumé pourvoyeur d'armes de guerre et d'avions de
chasse pour les "Patriotes" (LE MONDE 31.01.06 Côte d'Ivoire:
l'enquête sur l'attaque antifrançaise de Bouaké se focalise sur Robert
Montoya) . Hormis l'Israëlafrique (LE POINT 21.12.04 Révélations. Côte d'Ivoire: La piste
étrangère ) qui a soutenu logistiquement
les FANCI et leur a fourni assistance militaire technique et
matérielle (les fameux drones), il semble que les réseaux françafricains
soient d'importants pourvoyeurs d'armes en Côte d'Ivoire. Et qui plus est,
aux différents belligérants de la crise depuis 2002. Une situation qui
n'est pas sans rappeler le rôle de la Françafrique en Angola en synergie
avec les réseaux transatlantiques et russafricains confluents dans
une mafiafrique informe (?), ainsi que son action au Congo-Brazzaville .
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La privatisation de la violence
par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311 |
| "C'est le cas par exemple de la société Elf,
très impliquée dans les conflits d'Afrique australe dans les années
1990 et jusque très récemment. Le conflit angolais présente un
avantage immédiat pour qui est en mesure de négocier l'accès aux
immenses ressources pétrolifères de ce pays : il rend les
belligérants extrêmement dépendants de la vente de ces ressources,
qui peut seule permettre de financer la guerre et, avec elle, leur
survie politique. La société française (Elf, ndlr), avait
donc intérêt à faire durer un conflit qui lui permettait d'accéder à
vil prix aux champs pétrolifères. Aussi a-t-elle répondu aux
demandes exprimées par les différentes parties, armant et
fournissant en mercenaires l'UNITA autant que le MPLA au pouvoir en
Angola. Au passage la firme multinationale réalise de copieux
bénéfices qui vont alimenter ses multiples caisses
noires". |
Un processus qui n'est pas sans
rappeler les déclarations d'un ancien PDG de la compagnie,
''compatissant'' aux sorts des Congolais.
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Le Floch-Prigent, Affaire Elf,
affaire d'Etat. Entretiens avec Eric Decouty. Folio documents.
p.123-124. |
| Je sais, effectivement qu'en
1997 la FIBA (banque d'ELF, ndlr) a joué un rôle dans la
livraison des armes qui ont permis de faire un carnage à
Brazzaville [...]. Des hommes sont morts. Et tous les mois, lorsque
leur pétrole est vendu, les Congolais voient une partie de leur
argent aller directement chez Elf pour rembourser ces armes. Cette
ignominie dure depuis quatre ans qui s'en soucie? On applaudit à la
fermeture de la Fiba quelle acte de bravoure! Mais des milliers de
Congolais sont morts et les survivants doivent payer les armes qui
ont tué les leurs... |
D'ailleurs le rapport de l'ONU de mai 2005
(PRST/2004/17) intitulé "Commission d'enquête internationale sur les
allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire"
évoquait la découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire comme
l'une des causes externes du conflit.
|
Commission
d'enquête internationale sur les allégations de violations des
droits de l'homme en Côte d'Ivoire mai 2005 (PRST/2004/17).
p.88 |
| ...Jadis le
pays le plus riche de la sous-région doté d'une économie solide, la
Côte d'Ivoire avait commencé à sombrer dans la crise vers la fin du
règne d'Houphouët Boigny. Cette déstabilisation du pays a engendré
la fuite des investissements et la délocalisation de certaines
usines vers d'autres pays de la sous-région. La découverte de quinze
champs pétrolifères en Côte d'Ivoire est considérée par certains
médias nationaux et internationaux comme étant un élément renforçant
cette déstabilisation. Cela constitue en outre un centre d'intérêt
au conflit voire de la main mise sur les ressources économiques du
pays par les Etats voisins et par les Occidentaux.
... |
Voici une série
d'infos extraites de la presse et d'instance spécialisées sur
l'implication probable des réseaux françafricains dans
les livraisons d'armes ou sur le
soutien logistique et technique apporté aux différentes factions armées en Côte
d'Ivoire. Il est évident que les informations sont
en partie déséquilibrées dans la mesure où l'armement arrivant dans le
camp des "forces loyalistes" est beaucoup plus surveillé (notamment par l'ONU) et donc
médiatisé que celui transitant par le Burkina Faso, chantre
de la françafrique et de la francophonie, pour finir chez les
rebelles où l'opacité reste encore de mise.
Extraits :
|
La privatisation de la violence
par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311 |
| ...On se rappelle que le Français naturalisé
sud-africain Richard 'Sanders' Rouget était condamné en juillet 2003
pour avoir recruté et envoyé en Côte d'Ivoire des mercenaires. Il a
fourni ses services de recrutement aux deux parties en conflit,
forces gouvernementales du président Gbagbo et rebelles du MPIGO !
L'ancien militant d'extrême droite a-t-il agi en toute indépendance,
comme un simple intermédiaire à la recherche du plus fort gain, ou
a-t-il été sollicité par une puissance étrangère, la France
peut-être ? Qui l'a mis en contact avec ses clients, pas fâchés que
des mercenaires renforcent les deux camps
?... |
|
Commission
d'enquête internationale sur les allégations de violations des
droits de l'homme en Côte d'Ivoire mai 2005 (PRST/2004/17).
p.88 |
...Il est
indéniable à l'heure actuelle que les deux parties ivoiriennes en
conflit ont eu recours aux services des mercenaires originaires
notamment du Libéria, d'Afrique du Sud, de l'Angola, de la France
pour le gouvernement et de ceux en provenance du Libéria et de la
Sierra Léone en ce qui concerne les rebelles du MPCI.
Selon
des témoignages, les rebelles libériens engagés étaient des
opposants au régime de Charles Taylor. Leurs unités de combat
étaient baptisées "Lima" ou "Fire".
Il y avait aussi des
Ghanéens, des Guinéens, des Burkinabés, des Français, des
Sud-Africains. La Commission a reçu une liste avec des noms des
mercenaires notamment français et sud-africains
... |
Reste à savoir si ces réseaux agissent de manière totalement
indépendante pour améliorer leurs fins de mois difficiles ou s'ils ont
reçu un quelconque "feu orange".
Une commission d'enquête sérieuse serait la bienvenue.
Malheureusement, ni le parlement français pour cause de déficit
démocratique (non accès à la politique étrangère, domaine réservé de
l'Elysée), ni l'ONU pour cause d'allégeance aux puissances règnantes au
sein du conseil de sécurité ne semblent réellement en mesure de mettre à
jour les réseaux qui alimentent en armes les deux factions en présence.
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AFRICA INTELLIGENCE 21.11.05 Armurier
et armements... |
|
...Les experts de l'ONU ont enquêté sur les "prélèvements"
opérés par le pouvoir dans les caisses du cacao pour acheter de
l'armement (180 millions $ en 2004) et ceux des "Forces nouvelles"
sur les recettes du coton. Les mêmes Forces nouvelles pillent
allègrement, selon les experts, les diamants de la mine de Séguéla
et exportent les "cailloux" par la Guinée et le Mali. Sur ce dossier
sensible, le groupe d'experts a préféré ne pas donner les noms des
intermédiaires européens qui récupèrent ces diamants pour ne pas
gêner les enquêtes internationales en
cours... | A
suivre...
Lire aussi PRESSAFRIQUE 20.02.06 Qui arme la Côte
d'Ivoire?
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19.04.06 |