PRESSAFRIQUE 19.03.07
Les experts
scientifiques et les ministres du G8 + 5 reconnaissent l'irréversibilité
du réchauffement climatique et la responsabilité des pays industrialisés.
Les USA font la sourde oreille.
Les ministres de l'environnement du
G8 qui regroupent les pays les plus industrialisés du monde (USA, France,
Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, Canada, Japon et la Russie) ainsi que
leurs collègues d'Afrique du sud, d'Inde, de Chine, du Brésil et du
Mexique se sont réunis en Allemagne à Postdam vendredi 16 mars pour
préparer un sommet prévu en juin sur le changement climatique. Hormis les
USA, tous ces pays ont reconnu « l'irréversibilité du changement
climatique actuel et la responsabilité des pays industrialisés » qui
doivent « prendre des mesures et développer des instruments
financiers pour la gestion des conséquences dévastatrices dans les pays en
développement ». En clair les pays les plus industrialisés polluent
la planète de manière irréversible et doivent prendre des mesures
politiques et financières pour éviter les effets écologiques désastreux de
la pollution qu'ils génèrent sur les pays en développement.
Seules les
Etats-Unis, pays le plus gros émetteur au monde des émissions de gaz à
effet de serre (avec un quart du total des émissions), ont refusé de
reconnaître la responsabilité des pays industrialisés en vue de développer
des instruments financiers destinés à aider les pays en développement, à
protéger leur environnement et en particulier les forêts tropicales. Selon
les experts, la déforestation responsable de 20 % du CO2 dans l'atmosphère
est une des conséquences majeures de l'industrialisation des 150 dernières
années dans les pays riches. (AFP 17.03.07 ; Le G8 + 5 esquisse une stratégie de lutte contre le
réchauffement climatique
).
Il y a donc un consensus
international politique et scientifique pour reconnaître la responsabilité
de l'activité humaine dans le réchauffement climatique.
Seule ombre au tableau, les USA, premier émetteur au
monde de gaz à effet de serre, refusent toujours de ratifier le protocole
de Kyoto et s'opposent à tout processus de négoce des émissions de CO2.
Les USA se sont retirées du protocole de Kyoto en 2001 sur la réduction
des émissions des gazs à effet de serre et ont refusé d'apporter à Postdam
son soutien à l'adoption d'objectifs pour les réductions de l'émission du
CO2. Cet entêtement états-unien montre la primauté faite dans la politique
US aux profits économiques au détriment de l'écologie et de la
biodiversité, au détriment de la planète et de la vie humaine et animale.
Paradoxalement, le Pentagone a été le premier à publier un rapport fin 2003,
début 2004 sur les effets
potentiellement apocalyptiques du réchauffement climatique de la planète
et l'administration Bush vient de reconnaître les études scientifiques
internationales établissant la responsabilité de la pollution liée à
l'activité humaine dans le réchauffement climatique. Washington soutient à
présent les conclusions d'un rapport publié le mois
dernier par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du
climat
qui est tout aussi alarmant. Les plus
gros pollueurs seront-ils un jour les payeurs ? En attendant de
nombreuses ONGs dont Oxfam et Greenpeace appellent la communauté
internationale à faire sans les USA et à adopter au plus vite des
objectifs ambitieux pour réduire de manière drastique l'émission des gazs
à effet de serre. On ne voit pas sinon comment la communauté
internationale pourra se permettre de donner des leçons aux pays en plein
boom économique comme l'Inde et la Chine qui seront en passe de supplanter
les USA dans l'émission de CO2 vers 2015.
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