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PRESSAFRIQUE
18.04.06 | ||
Dans
un article publié dans JAI, François Soudan qui passe pour être bien
informé, revient sur la responsablité du président de la République
française dans le rôle qu'a joué l'armée française dans les récents évènements qui ont eu lieu au
Tchad. Tout en minimisant son rôle, l'article publié le 16.04.06
intitulé "Jusqu'à
quand?", évoque la responsabilité personnelle de
Jacques Chirac qui aurait soutenu un Déby sérieusement mis à mal par
la rébellion du FUC.
En d'autres terme selon cet article, ce serait le président de la République qui aurait donné l'ordre à l'armée française de faire ces fameux "tirs d'intimidation" contre l'avancée des rebelles du FUC puis aurait conseillé le dictateur Idriss Déby de saisir le conseil de sécurité de l'ONU pour enfin proposer via ses services d'exfiltrer le président et sa famille. Il s'agit là d'une assistance à dictateur françafricain en danger qui engage la responsabilité du président des Français et de ses conseillers mais qui ne sauraient engager la responsabilité des citoyens français et de leurs représentants à l'Assemblée nationale maintenus dans la plus grande méconnaissance de la politique menée par l'Elysée en Afrique sans aucun moyen de contrôle démocratique. Il n'empêche que ces pratiques ont un air de déja vu dans le cadre de l'exécutif de la Vème : Rwanda, Congo-Brazzaville, Togo, Côte d'Ivoire,... Aussi inquiétant est la rhétorique de légitimation de telles pratiques par le pouvoir exécutif et le magistère affilié. Une rhétorique qui confine aux rationalisations culturalistes pour ne pas dire racialistes où le mépris et la disqualification de l'autre sont les conditions sine qua non pour éviter l'effondrement moral et la sérieuse remise en cause qui va de pair eu égard à la dette contractée envers ces peuples africains auxquels on impose des tyrans dignes des pires Pinochet.
Une perle de plus qui vient s'ajouter à la longue série des "Africains joyeux par nature", des "pas encore mûrs pour la démocratie" ou autres auteurs inspirés du style "génocide pas trop important dans ces pays là", "sous-hommes" et on en passe et des meilleurs (lire le florilège ethnomaniaque et raciologique). Bien candide serait celui qui penserait que ces perles émanant du chef des élus et de l'élu en chef n'ont aucun impact sur nos représentations collectives de l'altérité : de la tête pensante aux journalistes sans oublier le supporter de football de base. Disons que cela aide à tenir. La question reste de savoir qui a soutenu et soutient encore ces chefs de guerre contre leur peuple ?
13.06.04 |