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 PRESSAFRIQUE 18.04.06
Tchad : connivence Déby-Chirac

 Dans un article publié dans JAI, François Soudan qui passe pour être bien informé, revient sur la responsablité du président de la République française dans le rôle qu'a joué l'armée française dans les récents évènements qui ont eu lieu au Tchad. Tout en minimisant son rôle, l'article publié le 16.04.06 intitulé "Jusqu'à quand?", évoque la responsabilité personnelle de Jacques Chirac qui aurait soutenu un Déby sérieusement mis à mal par la rébellion du FUC.  

JAI 16.04.06
Jusqu'à quand?

[...] La France fournit à l'état-major tchadien les photos aériennes et l'observation en temps réel, via un Breguet Atlantic « sur zone », des colonnes rebelles, ainsi que l'écoute et le décryptage de leurs communications. Enfin, des Mirage F1 basés à N'Djamena procéderont dès le mercredi 12 au matin à des tirs de semonce autour de la colonne la plus avancée en direction de la capitale, celle de Mahamat Issa, l'adjoint direct du chef du FUC (Front uni pour le changement) Mahamat Nour. Présentés par le porte-parole du ministère français de la Défense comme des tirs « sans objectifs militaires » destinés à « envoyer un signal quant à la sécurité de nos ressortissants », ces coups de semonce ont en réalité été décidés par Jacques Chirac lui-même comme de véritables tirs d'intimidation, afin d'inciter les pick-up Toyota des rebelles à ne pas s'approcher de N'Djamena - un avertissement dont ces derniers ne tiendront aucun compte. L'engagement français aux côtés d'Idriss Déby Itno s'arrête là. Pas question de tirer directement sur les rebelles, encore moins de les affronter [...]

[...] Si N'Djamena tombe entre leurs mains, le contingent Épervier se contentera de sécuriser l'aéroport et de regrouper les Occidentaux. C'est cette position délicate et passablement malaisée, que l'on peut interpréter comme un demi-soutien ou un demi-lâchage, que Jacques Chirac lui-même se charge d'expliquer à son homologue tchadien lors d'une longue conversation téléphonique en début de soirée de ce mardi 11 avril. Déby Itno apparaît calme, relativement confiant. Il ne demande rien, ne proteste pas, mais accuse très directement son voisin, le président soudanais Omar el-Béchir, de chercher à le déstabiliser. « Saisissez le Conseil de sécurité des Nations unies, nous vous appuierons », lui conseille Chirac [...]

[...] Mercredi 12 avril, alors que l'Élysée, la Défense et le Quai d'Orsay estimaient à l'unisson que les jours, voire les heures, du président tchadien au pouvoir étaient comptés, un très proche du dossier évoquait ainsi devant nous l'hypothèse de son évacuation en compagnie de sa famille : « S'il le souhaite, il pourra vivre en exil en France, tout au moins dans un premier temps. » [...]


En d'autres terme selon cet article, ce serait le président de la République qui aurait donné l'ordre à l'armée française de faire ces fameux "tirs d'intimidation" contre l'avancée des rebelles du FUC puis aurait conseillé le dictateur Idriss Déby de saisir le conseil de sécurité de l'ONU pour enfin proposer via ses services d'exfiltrer le président et sa famille. Il s'agit là d'une assistance à dictateur françafricain en danger qui engage la responsabilité du président des Français et de ses conseillers mais qui ne sauraient engager la responsabilité des citoyens français et de leurs représentants à l'Assemblée nationale maintenus dans la plus grande méconnaissance de la politique menée par l'Elysée en Afrique sans aucun moyen de contrôle démocratique. Il n'empêche que ces pratiques ont un air de déja vu dans le cadre de l'exécutif de la Vème : Rwanda, Congo-Brazzaville, Togo, Côte d'Ivoire,... Aussi inquiétant est la rhétorique de légitimation de telles pratiques par le pouvoir exécutif et le magistère affilié. Une rhétorique qui confine aux rationalisations culturalistes pour ne pas dire racialistes où le mépris et la disqualification de l'autre sont les conditions sine qua non pour éviter l'effondrement moral et la sérieuse remise en cause qui va de pair eu égard à la dette contractée envers ces peuples africains auxquels on impose des tyrans dignes des pires Pinochet.

JAI 16.04.06
Jusqu'à quand?
...« Le Tchad », a coutume de dire Jacques Chirac, « ce n'est pas un État, mais un territoire délimité par les frontières de ses voisins et sur lequel règnent des chefs de guerre. »...

Une perle de plus qui vient s'ajouter à la longue série des "Africains joyeux par nature", des "pas encore mûrs pour la démocratie" ou autres auteurs inspirés du style "génocide pas trop important dans ces pays là", "sous-hommes" et on en passe et des meilleurs (lire le florilège ethnomaniaque et raciologique). Bien candide serait celui qui penserait que ces perles émanant du chef des élus et de l'élu en chef n'ont aucun impact sur nos représentations collectives de l'altérité : de la tête pensante aux journalistes sans oublier le supporter de football de base. Disons que cela aide à tenir. La question reste de savoir qui a soutenu et soutient encore ces chefs de guerre contre leur peuple ?


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Dernières modifs le 20.04.06