WASHINGTON POST

Révélations sur le rôle joué par les Etats-Unis dans l'assassinat de Lumumba par le Dr WEISSMAN, Washington Post. 21.07.2002.
http://allafrica.com/stories/200207240001.html

Dr Weissman est l'auteur de " A Culture of Deference; Congress's Failure of Leadership in Foreign Policy " (Basic Books). Il a été Haut fonctionnaire au US House of Representatives Sub committe on Africa de 1986 à 1991. Il a publié cet article dans la section Outlook du Washington Post, l'a mis a la disposition de allAfrica.com pour publication.

Dans son dernier film intitulé, 'Minority Report', le cinéaste Steven Spielberg décrit une politique " d'action préventive " qui se déroule en 2054. Mais il n'est pas nécessaire de scruter le futur pour déceler le mal que des service de renseignements faibles et le manque de moral peuvent causer. La politique des Etats-Unis, pendant la guerre froide, en fournit plusieurs exemples tragiques. Parmi eux, nous pouvons citer la complicité des Etats-Unis dans le renversement du gouvernement congolais et le meurtre du premier ministre Patrice Lumumba.

Lumumba, le seul leader politique a avoir été élu démocratiquement au Congo -il y a de cela quarante et un ans- a été livré à ces ennemis, torturé et exécuté de manière sommaire. Depuis lors, son pays a été pillé par le régime de Mobutu Sésé Seko soutenu par les Etats-Unis et ruiné aussi bien par la guerre civile que régionale.

L'explication la plus commune, sur la mort de Lumumba, est qu'il a été assassiné par des opposants congolais après que les Etats-Unis aient d'abord essayé de le tuer. Y compris par un complot qui consistait à injecter du poison dans sa nourriture ou dans son dentifrice. Tous ces plans vont échouer. En 1975, le " Church Committee " du Sénat américain avait mené une enquête sur les complots d'assassinat de la CIA et a conclu qu'il n y avait pas de " preuve de la participation de la CIA sur ce qui a provoqué la mort da Lumumba ".

Il n'en est rien. J'ai obtenu des documents top secrets du gouvernement américain, comprenant une chronologie d'opérations secrètes approuvées par le Conseil de Sécurité National, qui démontrent la participation des Etats-Unis et leur grande responsabilité dans la mort de Lumumba, l'homme perçu par le gouvernement de Eisenhower comme un Fidel Castro africain. Les documents montrent que les principaux leaders congolais qui ont provoqué la chute de Lumumba étaient des acteurs dans le " Project Wizard ", un programme d'actions secret mené par la CIA. Des centaines de milliers de dollars et du matériel militaire étaient canalisés vers ces fonctionnaires, qui ont informé leur financier - la CIA- avant de mettre à exécution leur plan d'envoyer Lumumba dans les griffes de ses pires ennemis. De nouveaux détails montrent que les Etats-Unis avaient autorisé des paiements au président d'alors, Joseph Kasavubu, quatre jours avant l'éviction de Lumumba, et qu'ils avaient fourni de l'argent et des armes à Mobutu, l'homme fort de l'armée, afin qu'il combatte contre les forces pro-Lumumba. Les Etats Unis ont aussi aidé à choisir et à financer un gouvernement anti-Lumumba, et trois semaines à peine après sa mort, les Etats-Unis ont autorisé le décaissement de nouveaux fonds en faveur des personnes qui ont favorisé l'assassinat de Lumumba.

De plus, ces documents montrent que toutes ces actions ont été approuvées dans les plus hautes sphères de l'administration de Eisenhower, soit le Conseil de Sécurité National, soit le " Special Group ", composé du conseiller national à la sécurité, du directeur de la CIA, du sous-secrétaire d'état aux affaires politiques et du secrétaire adjoint à la défense.

Ces faits sont anciens de quatre décennies, mais méritent d'être mis à jour pour deux raisons. La première, le Congo (connu pendant des années sous le nom de Zaire) lutte toujours pour établir la démocratie et la stabilité dans son pays. En faisant face à son rôle passé qui a consisté à saper la démocratie naissante au Congo, les Etats-Unis pourraient déjà contribuer au futur du Congo. La deuxième raison c'est que la performance des Etats-Unis au Congo a un rapport avec notre lutte contre le terrorisme. Elle montre ce qui peut arriver quand, dans la quête d'une sécurité nationale, on abandonne les principes démocratiques et les règles de droit pour lesquelles on se bat.

Au mois de février, la Belgique, l'ancien pays colonisateur du Congo, a publié un rapport de mille page qui admet " une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Lumumba ". Contrairement à la Belgique, les Etats-Unis n'ont pas reconnu une telle responsabilité. A travers des années, les intellectuels (y compris moi même) et les journalistes ont écrit que la politique américaine a joué un grand rôle dans l'éviction et l'assassinat de Lumumba. Mais l'intégralité de l'histoire est demeurée cachée dans les documents américains, qui comme ceux que j'ai eu à examiner, demeurent encore secrets malgré la fin de la guerre froide et aussi la fin du régime de Mobutu et même malgré l'aveu de la Belgique.

Voilà ce que ces documents disent, que jusqu'à présent, nous ne savions pas, ou nous ne savions avec certitude: " en août 1960, la CIA crée Project Wizard " . Le Congo est indépendant depuis seulement un mois et Lumumba, un fervent nationaliste, est devenu premier ministre, avec une pluralité de siéges au Parlement. Mais Jonh F Kennedy, le candidat aux élections présidentielles américaines faisait le voux de relever " le défi communiste " et le Conseil de Sécurité National de Eisenhower s'inquiétait que Lumumba basculât dans le camp des Soviétiques.

Les documents américains montrent que pendant les mois qui suivirent, la CIA a fait travailler et payer huit hauts fonctionnaires congolais - y compris le président Kasavubu, Mobutu (alors chef d'état-major de l'armée), le ministre des Affaires Etrangères Justin Bomboko, le conseiller financier Albert Ndele, le président du Sénat Joseph Ileo, et le leader syndical Cyrille Adoula- qui ont tous joué un rôle dans la chute de Lumumba.

La CIA se joint à un plan, ourdi par la Belgique, et détaillé dans le rapport publié par la Belgique. Ce plan consistait à ce que Ileo et Adoula organisent une motion de censure du gouvernement de Lumumba, suivie de manifestations syndicales, de la démission des ministres (organisée par Ndele) et enfin du licenciement de Lumumba par Kasavubu.

" Le 1 septembre, le Groupe Spécial du Conseil de Sécurité National, autorise des paiements à Kasavubu, par la CIA ", rapportent les documents américains. Le 5 septembre, Kasavubu vire Lumumba dans un décret à la légalité incertaine. Cependant, Kasavubu et son nouveau premier ministre, Ileo, se montrent mous par rapport aux évenements de la semaine suivante avec les sympathisants de Lumumba. C'est ainsi que Mobutu s'empare du pouvoir le 14 septembre. Il garde Kasavubu comme président et établit un " collège de commissaires " temporaire pour remplacer le gouvernement dissout.

" La CIA a financé ce collège et a usé de son influence sur la sélection de ses membres " Celui -ci était dominé par deux participants aux Project Wizard : son président, Bomboko et le vice-président Ndele. Un autre allié de la CIA, Victor Nendaka, dissident du parti lumumbiste est nommé chef de la sécurité et de la police.

" Le 27 octobre, le Special Group approuve la demande de 250000 dollars faite par la CIA pour gagner l'appui du parlement en faveur du gouvernement de Mobutu ". Cependant quand les législateurs refusent l'approbation d'un premier ministre autre que Lumumba, le parlement fut fermé. L'argent de la CIA est allé à Mobutu et aux membres de la commission.

" Le 20 novembre, le Special Group autorise la CIA à fournir des armes, des munitions, du matériel de sabotage et d'entraînement aux militaires de Mobotu, au cas ou ils auraient à faire face aux forces pro-Lumumba.

L'étendue exacte de ce que le document américain appelle la relation " intime " entre la CIA et les leaders congolais est absente dans le rapport du " Church Committee ". La seule opération (à part les complots d'assassinat) dont ce comité a discuté porte sur la plan d'août 1960 pour promouvoir une opposition syndicale et une motion de censure du Sénat au gouvernement de Lumumba. Après avoir été évincé le 5 septembre, Lumumba bénéficie de l'appui du parlement et de la communauté internationale. Quand Mobutu prend le pouvoir, les troupes des Nations-Unies protégent Lumumba, mais bientôt le confinent en résidence surveillée. Lumumba s'échappe le 27 novembre. Quelques jours plus tard, il est capturé par les troupes de Mobutu, battu et mis aux arrêts.

Ce qui arrivera ensuite est désormais clair grâce au rapport publié par la Belgique et les documents secrets américains. Dès la veille de Noël 1960, le collège dirigée par le président Bomboko avait offert de donner Lumumba à deux dirigeants sécessionnistes qui avaient fait voux de le tuer. L'un déclina l'offre et rien ne se passa jusqu'à la mi-janvier 1961, quand la position politique et militaire du gouvernement central se détériora et que les troupes qui gardaient Lumumba (alors emprisonné sur dans une base militaire près de la capitale) se révoltèrent. La CIA et d'autres fonctionnaires occidentaux présents sur place eurent peur d'un retour de Lumumba au pouvoir.

Le 14 janvier, les membres du collège demandent à Kasavubu de transférer Lumumba vers un " endroit plus sur ". " Il n y a aucun doute ", conclut l'enquete publiée par la Belgique que Mobutu était d'accord. Kasavubu ordonna à Nendaka, le chef de la sécurité de transférer Lumumba dans l'une des forteresses sécessionnistes. Le 17 janvier, Nendaka envoya Lumumba dans la région du Katanga. Cette nuit là, Lumumba et deux de ses collègues furent torturés et exécutés en présence des membres du gouvernement du Katanga. Aucune annonce officielle ne sera faite pendant quatre semaines.

Qu'a dit le gouvernement américain à ses clients congolais lors des trois derniers jours de vie de Lumumba? Le " Church Committee " a rendu compte dans son rapport qu'un " membre du gouvernement congolais " a averti Larry Devlin, le chef de poste de la CIA au Congo, que le 14 janvier, Lumumba allait être envoyé en dans le " fief " de ses ennemis jurés. Cependant, toujours selon le " Church Committee " ainsi que des documents dé classifiés, ni la CIA, ni l'ambassade des Etats-Unis n'ont essayé de sauver l'ancien premier ministre.

La CIA n'aurait pas pu exercer un contrôle mécanique sur l'action de ses agents, mais la non remise en question par Devlin ou de l'ambassade des Etats-Unis du plan de transfert de Lumumba ne pouvait être perçu par les congolais que comme une complicité. Après tout, les actions secrètes de la CIAavaient permis à ce groupe d'obtenir un pouvoir politique, et la CIA avait travaillé de août à novembre 1960 sur l'assassinat ou l'enlèvement de Lumumba.

A ce stade, les documents secrets américains fournissent un important éclairage. Le 11 février 1961, au moment ou tous les rapports américains sur le Congo indiquaient fortement que Lumumba était mort, le Special Group autorise 500000 dollars en faveur d'actions politiques, de paiement des troupes et d'équipement de matériel militaire, en grande partie réservée aux personnes qui avaient organisé le meurtre de Lumumba.

Devlin a essayé de prendre ses distances vis à vis de la mort de Lumumba. Pendant que la CIA était en contact étroit avec les fonctionnaires congolais impliqués; Devlin affirmait au " Church Committee " que ces fonctionnaires " n'agissaient pas sous les instructions de la CIA si, en effet, ils est prouvé qu'il ont organisé l'assassinat ". Dans une conversation téléphonique récente avec Devlin, j'ai posé la question de la responsabilité américaine dans la mort de Lumumba. Il a reconnu que " il était important aux yeux des responsables congolais qui ont coopéré de savoir ce que le gouvernement américain pensait ". Mais il a affirmé qu' 'il ne se " souvenait " pas avoir été informé du transfert de Lumumba. Devlin a ajouté que même s'il avait émis une objection, " cela ne les aurait pas empêché de le faire ".

En se dérobant de sa part de responsabilité morale sur le sort de Lumumba, les Etats-Unis brouillent l'histoire entre l'Afrique et l'Amérique et évitent ainsi le besoin de faire réparation pour les méfaits d'hier. En 1997, après la chute du régime de Mobutu, l'opposition démocratique congolaise a supplié en vain pour un appui aussi bien américain qu'international. Depuis lors, près de 3 millions de vies ont été perdues à cause aussi bien de la guerre civile que du conflit régional. Les Etat-Unis n'ont pas soutenu une force de maintien de la paix des Nations-Unies ou stimulé une transition démocratique. L'échec des négociations d'avril 2002 entre les factions congolaises menace de ranimer le conflit et de ratifier le partage du pays.

Les actions de notre gouvernement au Congo, il y a quatre décennies revêtent aussi une signification spéciale après la tragédie du 11 septembre. Elles montrent que même si nous défendons, avec raison, notre terre et notre peuple contre le terrorisme, nous devons éviter l'excès de peur et de zèle qui mène à une intervention destructive qui trahit la plupart de nos principes fondamentaux.

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Version Originale : en anglais. Washington Post, 21 juillet 2002.

 

Opening the Secret Files on Lumumba's Murder

By Stephen R. Weissman
Washington Post, July 21, 2002

Reposted by permission of the author. Dr. Weissman was staff director of the U.S. House of Representatives subcommittee on Africa from 1986 to 1991. He has done extensive research on U.S. policy in the Congo as well as other African countries.

In his latest film, "Minority Report," director Steven Spielberg portrays a policy of "preemptive action" gone wild in the year 2054. But we don't have to peer into the future to see what harm faulty intelligence and the loss of our moral compass can do. U.S. policies during the Cold War furnish many tragic examples. One was U.S. complicity in the overthrow and murder of Congolese Prime Minister Patrice Lumumba.

Forty-one years ago, Lumumba, the only leader ever democratically elected in Congo, was delivered to his enemies, tortured and summarily executed. Since then, his country has been looted by the U.S.-supported regime of Mobutu Sese Seko and wracked by regional and civil war.

The conventional explanation of Lumumba's death has been that he was murdered by Congolese rivals after earlier U.S. attempts to kill him, including a plot to inject toxins into his food or toothpaste, failed. In 1975, the U.S. Senate's "Church Committee" probed CIA assassination plots and concluded there was "no evidence of CIA involvement in bringing about the death of Lumumba."

Not so. I have obtained classified U.S. government documents, including a chronology of covert actions approved by a National Security Council (NSC) subgroup, that reveal U.S. involvement in -- and significant responsibility for -- the death of Lumumba, who was mistakenly seen by the Eisenhower administration as an African Fidel Castro. The documents show that the key Congolese leaders who brought about Lumumba's downfall were players in "Project Wizard," a CIA covert action program. Hundreds of thousands of dollars and military equipment were channeled to these officials, who informed their CIA paymasters three days in advance of their plan to send Lumumba into the clutches of his worst enemies. Other new details: The U.S. authorized payments to then-President Joseph Kasavubu four days before he ousted Lumumba, furnished Army strongman Mobutu with money and arms to fight pro-Lumumba forces, helped select and finance an anti-Lumumba government, and barely three weeks after his death authorized new funds for the people who arranged Lumumba's murder.

Moreover, these documents show that the plans and payments were approved by the highest levels of the Eisenhower administration, either the NSC or its "Special Group," consisting of the national security adviser, CIA director, undersecretary of state for political affairs, and deputy defense secretary.

These facts are four decades old, but are worth unearthing for two reasons. First, Congo (known for years as Zaire) is still struggling to establish democracy and stability. By facing up to its past role in undermining Congo's fledgling democracy, the United States might yet contribute to Congo's future. Second, the U.S. performance in Congo is relevant to our struggle against terrorism. It shows what can happen when, in the quest for national security, we abandon the democratic principles and rule of law we are fighting to defend.

In February, Belgium, the former colonial power in Congo, issued a thousand-page report that acknowledged "an irrefutable portion of responsibility in the events that led to the death of Lumumba." Unlike Belgium, the United States has admitted no such moral responsibility. Over the years, scholars (including myself) and journalists have written that American policy played a major role in the ouster and assassination of Lumumba. But the full story remained hidden in U.S. documents, which, like those I have examined, are still classified despite the end of the Cold War, the end of the Mobutu regime and Belgium's confession.

Here's what they tell us that, until now, we didn't know, or didn't know for certain:

* In August 1960, the CIA established Project Wizard. Congo had been independent only a month, and Lumumba, a passionate nationalist, had become prime minister, with a plurality of seats in the parliament. But U.S. presidential candidate John F. Kennedy was vowing to meet "the communist challenge" and Eisenhower's NSC was worried that Lumumba would tilt toward the Soviets.

The U.S. documents show that over the next few months, the CIA worked with and made payments to eight top Congolese -- including President Kasavubu, Mobutu (then army chief of staff), Foreign Minister Justin Bomboko, top finance aide Albert Ndele, Senate President Joseph Ileo and labor leader Cyrille Adoula -- who all played roles in Lumumba's downfall.

The CIA joined Belgium in a plan, detailed in the Belgian report, for Ileo and Adoula to engineer a no-confidence vote in Lumumba's government, which would be followed by union-led demonstrations, the resignations of cabinet ministers (organized by Ndele) and Kasavubu's dismissal of Lumumba.

* On Sept. 1, the NSC's Special Group authorized CIA payments to Kasavubu, the U.S. documents say. On Sept. 5, Kasavubu fired Lumumba in a decree of dubious legality. However, Kasavubu and his new prime minister, Ileo, proved lethargic over the following week as Lumumba rallied supporters. So Mobutu seized power on Sept. 14. He kept Kasavubu as president and established a temporary "College of Commissioners" to replace the disbanded government.

* The CIA financed the College and influenced the selection of commissioners. The College was dominated by two Project Wizard participants: Bomboko, its president, and Ndele, its vice-president. Another CIA ally, Lumumba party dissident Victor Nendaka, was appointed chief of the security police.

* On Oct. 27, the NSC Special Group approved $250,000 for the CIA to win parliamentary support for a Mobutu government. However, when legislators balked at approving any prime minister other than Lumumba, the parliament remained closed. The CIA money went to Mobutu personally and the commissioners.

* On Nov. 20, the Special Group authorized the CIA to provide arms, ammunition, sabotage materials and training to Mobutu's military in the event it had to resist pro-Lumumba forces.

The full extent of what one U.S. document calls the "intimate" relationship between the CIA and Congolese leaders was absent from the Church Committee report. The only covert action (apart from the assassination plots) the committee discussed was the August 1960 effort to promote labor opposition and a no-confidence vote in the Senate.

How did Lumumba die?

After being ousted Sept. 5, Lumumba rallied support in parliament and the international community. When Mobutu took over, U.N. troops protected Lumumba, but soon confined him to his residence. Lumumba escaped on Nov. 27. Days later he was captured by Mobutu's troops, beaten and arrested.

What happened next is clearer thanks to the Belgian report and the classified U.S. documents. As early as Christmas Eve 1960, College of Commissioners' president Bomboko offered to hand Lumumba over to two secessionist leaders who had vowed to kill him. One declined and nothing happened until mid-January 1961, when the central government's political and military position deteriorated and troops guarding Lumumba (then jailed on a military base near the capital) mutinied. CIA and other Western officials feared a Lumumba comeback.

On Jan. 14, the commissioners asked Kasavubu to move Lumumba to a "surer place." There was "no doubt," the Belgian inquiry concluded, that Mobutu agreed. Kasavubu told security chief Nendaka to transfer Lumumba to one of the secessionist strongholds. On Jan. 17, Nendaka sent Lumumba to the Katanga region. That night, Lumumba and two colleagues were tortured and executed in the presence of members of the Katangan government. No official announcement was made for four weeks.

What did the U.S. government tell its Congolese clients during the last three days of Lumumba's life? The Church Committee reported that a Congolese "government leader" advised the CIA's Congo station chief, Larry Devlin, on Jan. 14 that Lumumba was to be sent to "the home territory" of his "sworn enemy." Yet, according to the Church Committee and declassified documents, neither the CIA nor the U.S. embassy tried to save the former prime minister.

The CIA may not have exercised robotic control over its covert political action agents, but the failure of Devlin or the U.S. embassy to question the plans for Lumumba could only be seen by the Congolese as consent. After all, secret CIA programs had enabled this group to achieve political power, and the CIA had worked from August through November 1960 to assassinate or abduct Lumumba.

Here, the classified U.S. chronology provides an important postscript. On Feb. 11, 1961, with U.S. reports from Congo strongly indicating Lumumba was dead, the Special Group authorized $500,000 for political action, troop payments and military equipment, largely to the people who had arranged Lumumba's murder.

Devlin has sought to distance himself from Lumumba's death. While the CIA was in close contact with the Congolese officials involved, Devlin told the Church Committee that those officials "were not acting under CIA instructions if and when they did this." In a recent phone conversation with Devlin, I posed the issue of U.S. responsibility for Lumumba's death. He acknowledged that, "It was important to [these] cooperating leaders what the U.S. government thought." But he said he did "not recall" receiving advance word of Lumumba's transfer. Devlin added that even if he had objected, "That would not have stopped them from doing it."

By evading its share of moral responsibility for Lumumba's fate, the United States blurs African and American history and sidesteps the need to make reparation for yesterday's misdeeds through today's policy. In 1997, after the Mobutu regime fell, the Congolese democratic opposition pleaded in vain for American and international support. Since then, as many as 3 million lives have been lost as a result of civil and regional war. The United States has not supported a strong U.N. peacekeeping force or fostered a democratic transition. The collapse in late April 2002 of negotiations between Congolese factions threatens to reignite the smoldering conflict or ratify the partition of the country.

Our government's actions four decades ago in Congo also have special meaning after the tragedy of Sept. 11. They warn that even as we justly defend our land and our people against terrorists, we must avoid the excessive fear and zeal that lead to destructive intervention betraying our most fundamental principles.