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 PRESSAFRIQUE 15.06.06
"Black-out sur les mercenaires de Côte d'Ivoire"

 L'info est passée quasiment inaperçue dans la presse : l'avocat des familles des neuf militaires français tués lors du bombardement de Bouaké en novembre 2004 par l'aviation ivoirienne, Me Jean Balan, vient de demander l'audition du ministre de la défense, MAM, et du ministre de l'intérieur de l'époque, DDV, ainsi que du procureur du tribunal aux armées de Paris (TAP), Jacques Baillet et le chef d'état major des armées françaises, le général Henri Bentégeat. Information révélée dans l'édition du Parisien du 3 juin et reprise une semaine plus tard sur le site du Nouvel Observateur. Ces demandes d'audition par les familles des victimes seraient liées à leur volonté de connaître les raisons pour lesquelles la juge Brigitte Raynaud s'est vu opposer à plusieurs reprises le secret-défense lors de l'instuction de l'affaire. La juge a d'ailleurs subi de nombreuses entraves lors de son enquête sur l'affaire Bouaké. Elle a récemment quitté le TAP pour rejoindre la délégation interministérielle à la ville dans la prévention de la délinquance.

"On est dans une affaire criminelle avec des assassinats et des meurtres. On cache beaucoup d'éléments à la justice qui ne peut pas travailler", a expliqué Me Balan. "Je demande à ce que les autorités s'expriment pour expliquer pourquoi elles n'ont rien transmis d'essentiel à la justice et pourquoi la juge d'instruction a dû batailler pour obtenir des informations déterminantes", a-t-il ajouté selon le Nouvel Observateur (
Bombardement de Bouaké : MAM et Villepin mis en cause).

Le Canard dans un article intitulé "Black-out sur les mercenaires de Côte d'Ivoire" en date du 14.06.06 revient sur le piétinement de cette affaire qui ne semble pas prête d'être élucidée à en croire les nombreuses embûches qui ont jalonné l'instruction menée par la juge du TAP et la manière dont les pilotes d'avion responsable du carnage ont pu être exfiltrés du pays.

 CANARD ENCHAINE 14.06.06
"Black-out sur les mercenaires de Côte d'Ivoire"

"De deux choses l'une : ou la DGSE est un ramassis de pieds-nickelés, ou, pour ménager Gbagbo, Eyadéma et même la Biélorussie, on a joué aux cons". Ces amabilités, on les doit à un galonné, retour de Côte d'Ivoire. Il a suivi de près l'affaire dite de "Bouaké" à savoir le bombardement d'une base française par l'aviation ivoirienne, le 6 novembre 2004, qui a coûté la vie à neuf de nos soldats. Dix-huit mois après les faits, l'enquête piétine.

Les agresseurs sont parfaitement identifiés : il s'agit de deux pilotes biélorusses, mercenaires de leur état, qui épaulaient les vaiateurs ivoiriens et ont depuis regagné leur pénates. En désespoir de cause, Jean Balan, l'avocat des familles, a demandé début juin, l'audition du chef d'état-major des armées, de MAM et, tant qu'à faire, de Villepin. Motif de cette curiosité  : les services de renseignements français et leurs homologues du SCTIP (le service de coopération du minsitère de l'INtérieur, faux-nez de la DST) ont reçu l'ordre de Paris de laisser filer les mercenaires après leur interrogatoire sur place [...]  

Car c'est par le Togo qu'ont transité les armes et les avions qui ont servi au bombardement, matériel aimablement fourni par un gentil garçon, Robert Montoya, ancien gendarme français reconverti dans la vente d'armes. Après leurs opérations les mercenaires ont été récupérés dans ce même pays, et le ministre Boko raconte : "Nous avons sollicité à la fois la DGSE ainsi que la SCTIP, qui ont demandé à Paris la conduite à tenir. Les instructions données étaient de ne rien faire par rapport à ces Biélorusses. Le lieutenant-colonel Veseder, de la DGSE, m'avait dit que Paris souhaitait temporiser...

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Aux dernières nouvelles (RFI), MAM serait prête à témoigner n'ayant rien à se reprocher. A suivre...