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"Crier au grand complot d'Al-Qaïda n'aboutira qu'à radicaliser
la population. On est en train de créer un adversaire qui n'existait pas
il y a deux mois", Roland Marchal chercheur au CNRS et expert de la
région. AFP
16.06.06 Washington a joué à l'apprenti-sorcier en
Somalie
Il est désormais su de tous que l'Américafrique a
soutenu financièrement les chefs de guerre somalien pour lutter contre les
prétendus terroristes d'Al-Quaïda en Somalie diabolisant ainsi les
islamistes de Somalie. Cette
stigmatisation et le soutien de Washington aux chefs de guerre
qui rançonnent la population somalienne a entraîné une vague
d'anti-américanisme en Somalie.
En effet, il y a quelques mois encore, faute
de soutien populaire, les combattants des tribunaux n'auraient pu voler
aussi facilement de victoire en victoire, face à des chefs de guerre qui
régentaient la capitale depuis le début de la guerre civile somalienne en
1991, assurent ces experts. Selon des experts internationaux, Les
Etats-Unis ont joué en Somalie à l'apprenti-sorcier et
ont renforcé le camp qu'il voulait affaiblir. Selon le Français
Roland Marchal, chercheur au CNRS et expert de la région : "En fait les
cours islamiques ne sont pas fortes et sont divisées selon les lignes
claniques traditionnelles...elles ont profité de l'anti-américanisme".
"Des gens qui sont absolument modérés religieusement sont en train de
combattre avec les cours islamiques pour se débarrasser des chefs de
factions. L'erreur américaine a été d'armer des gens qui étaient en bout
de course et qui avaient leur propre agenda". (AFP Washington a joué à
l'apprenti-sorcier en Somalie).
A présent les islamistes sont en passe de pacifier le
pays en se ralliant les chefs traditionnels des régions somaliennes.
Officellement les Etats-Unis auraient renoncé à leur politique de soutien
envers les chefs de guerre somaliens pour soutenir avec l'Union européenne
le gouvenement de transition somalien. Il reste à savoir quelle sera
la politique officieuse menée par les néocons américains en
Somalie. On sait que depuis longtemps l'Américafrique n'hésite pas à
soutenir et armer des guérilleros africains ou chefs de guerre
en fonction de ses intérêts quitte à plonger un pays dans une
guerre civile. Le cas de l'Angola est assez exemplaire. En 1975,
l'Américafrique a déstabilisé volontairement l'Angola en vue de
maintenir sa main-mise sur les richesses pétrolières du pays et d'enrayer
une présupposée avancée communiste, un peu à l'instar de sa politique en RDC dans les années
soixante.
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"Robert Huitslander, chef de
l'antenne de la CIA en Angola d'août à novembre 1975, déclarait
:« C'est notre politique qui
a provoqué la déstabilisation de l'Angola » et cela uniquement parce
que « Kissinger était décidé à défier l'union soviétique ». Ce défi
a transformé en un affrontement Est-Ouest majeur, interminable, donc
en hécatombe, ce qui aurait pu ne rester qu'une guerre civile
locale, une « guerre des pauvres » aux moyens dérisoires et aux
effets limités. Ce défi a eu un coût - un million de morts, auxquels
s'ajoutent la famine" (LE NOUVEL OBSERVATEUR 18.07.04 Les affameurs de l'Angola.). |
Or le même cas de figure pourrait se reproduire où des
islamo-nationalistes sont en train de réunifier et de prendre
possession du pays. Il n'est pas sûr que Washington renonce à ses
méthodes criminelles en Afrique face au nouvel ennemi fédérateur de
l'Occident : les islamo-terroristes. Le gouvernement de transition étant à
la peine, l'Américafrique pourrait très bien renforcer le soutien
militaire, logistique et politique aux alliances anti-islamistes. Selon la
BBC ( 18.06.06 UN fears
new conflict in Somalia), des tonnes d'armement arrivent chaque jour
en Somalie et ravitaillent tous les camps (chefs de guerre, islamistes et
forces loyalistes dévoués au gouvernement de transition). Enfin le Yémen
fortement soutenu dans sa lutte contre le terrorisme par les forces
transatlantiques a envoyé des armes vers les forces dévouées
au gouvernement de transition. Il est évident que les
islamo-nationalistes sont en passe d'obtenir une position de force
limitant les possibilités du gouvernement de transition d'imposer ses
volontés sur les tribunaux islamiques. La lutte américaine en
Afghanistan et en Irak pourrait se prolonger de manière indirecte en
Somalie.
Depuis peu, il semble que la donne géopolitique se
complique en Somalie où des troupes éthiopiennes auraient franchi la
frontière pour enrayer la progression islamiste (AFP 17.06.06 Les
islamistes accusent les troupes éthiopiennes d'être entrées en
Somalie). Le gouvernement éthiopien ne reconnaissant que le
gouvernement de transition. Si les Somaliens ne parviennent pas à
trouver une voie pacifique au règlement de leurs différents, il y a un
fort risque d'embrasement et de durcissement du conflit attisé par des
puissances internationales ou régionales. Selon les
islamo-nationalistes les Etats-Unis soutiendraient une intervention de
l'Ethiopie en Somalie (AP
17.06.06).
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