Retour page d'accueil PRESSAFRIQUE 12.07.06 LE MONDE 07.07.06 Inspirateur - sinon auteur - de la Constitution
togolaise, il aurait joué un rôle crucial dans le "coup d'Etat
constitutionnel" grâce auquel le fils du général Eyadéma, homme fort
du Togo pendant trente-huit ans, a succédé à son père en février
2005. Son étonnant statut de "mis à disposition" du
Togo par l'université Aix-Marseille-III, qui a permis à l'ancien
professeur, pourtant condamné, de percevoir un traitement du
ministère français de l'éducation nationale à partir de 2004 et
jusqu'aux récentes révélations de la presse marseillaise, nourrit un
peu plus encore les soupçons de mansuétude
française...
Allers et retours Paris-Lomé pour Charles Debbasch en
avril
L'Hebdo de Marseille (N°287) évoquait le
26.04.06 l'intention de Charles Debbasch d'envisager son retour en France
pour contester sa condamnation en appel. Rappelons que Charles
Debbasch avait été condamné pour avoir détourné des tableaux
de la fondation Vasarély et s'était réfugié en françafrique
togolaise où il officia en tant que conseiller politique et
plume juridique du dictateur Eyadéma ("ami personnel" de Jacques Chirac)
pendant dix ans avant de fournir ses bons services auprès du fils
du dictateur qui a succédé à son père au travers d'un énième trucage
électoral françafricain. Selon l'Hebdo de Marseille, Charles Debbasch
aurait obtenu que son dossier traîté à Aix soit transféré à Paris pour
obtenir une justice plus clémente avant les élections de
2007 : "celui qui fut conseiller
technique de Valéry Giscard d'Estaing entre 1978 et 1981 serait très
attentif au calendrier électoral et préférerait régler ses affaires avant
un éventuel retour de la gauche au pouvoir...". Toujours selon
l'Hebdo, le mandat d'arrêt qui avait été "lancé
par la cour d'appel d'Aix n'a jamais été transmis à Interpol, pourtant
seul organisme capable d'agir au Togo...", de plus malgré sa
condamnation en mai 2005, il aurait continué à toucher son salaire de la
part du ministère jusqu'en avril 2006.
Le Monde dans un article en date du 07.07 (Malgré un mandat d'arrêt, Charles Debbasch a séjourné
en France) nous donne des renseignements complémentaires sur ce
qui s'est passé durant cette période. Charles Debbasch aurait fait
plusieurs allers et retours Lomé-Paris début 2006 pour
obtenir un aménagement de sa peine (semi-liberté, bracelet...). Un
magistrat du parquet de Paris, saisi d'une requête par un avocat de
l'ancien président de la faculté de droit d'Aix-en-Provence, a suspendu la
diffusion du mandat d'arrêt au printemps pour lui permettre de venir
négocier une remise de peine. Il a donc eu le 20
avril, au Palais de justice de Paris, un entretien avec un magistrat du
parquet. "La logique voudrait qu'on exécute
le mandat d'arrêt avant d'aménager la peine", a déclaré à l'AFP un porte-parole du parquet d'Aix
mais "Paris a une interprétation plus favorable
pour le condamné ". Dans le contexte des remous médiatiques qu'a
suscité la sortie de l'article de l'Hebdo de Marseille, la cellule
africaine de l'Elysée a "réactivé" le mandat d'arrêt international et
Charles Debbasch aurait été obligé de retourner dans sa Françafrique
togolaise où il a un rang de quasi "ministre".
Malgré un mandat d'arrêt, Charles
Debbasch a séjourné en France
... Même si le juriste, dont la
santé est chancelante, n'a pas nécessairement l'influence
déterminante qu'on lui prête, son rang de "ministre" au Togo, son
bureau proche de celui du président Faure Gnassingbé, son habileté
juridique et son carnet d'adresses français, en font un personnage
emblématique de moeurs franco-africaines officiellement
révolues.
A lire aussi :
PRESSAFRIQUE 26.04.06
"Le
scandale Debbasch. Comment la France a financé la cavale de l'ex-doyen de
la fac de droit"