Retour page d'accueil

 PRESSAFRIQUE 12.07.06
Allers et retours Paris-Lomé pour Charles Debbasch en avril

 L'Hebdo de Marseille (N°287) évoquait le 26.04.06 l'intention de Charles Debbasch d'envisager son retour en France pour contester sa condamnation en appel. Rappelons que Charles Debbasch avait été condamné pour avoir détourné des tableaux de la fondation Vasarély et s'était réfugié en françafrique togolaise où il officia en tant que conseiller politique et plume juridique du dictateur Eyadéma ("ami personnel" de Jacques Chirac) pendant dix ans avant de fournir ses bons services auprès du fils du dictateur qui a succédé à son père au travers d'un énième trucage électoral françafricain. Selon l'Hebdo de Marseille, Charles Debbasch aurait obtenu que son dossier traîté à Aix soit transféré à Paris pour obtenir une justice plus clémente avant les élections de 2007 : "celui qui fut conseiller technique de Valéry Giscard d'Estaing entre 1978 et 1981 serait très attentif au calendrier électoral et préférerait régler ses affaires avant un éventuel retour de la gauche au pouvoir...". Toujours selon l'Hebdo, le mandat d'arrêt qui avait été "lancé par la cour d'appel d'Aix n'a jamais été transmis à Interpol, pourtant seul organisme capable d'agir au Togo...", de plus malgré sa condamnation en mai 2005, il aurait continué à toucher son salaire de la part du ministère jusqu'en avril 2006. 

Le Monde dans un article en date du 07.07 (Malgré un mandat d'arrêt, Charles Debbasch a séjourné en France) nous donne des renseignements complémentaires sur ce qui s'est passé durant cette période. Charles Debbasch aurait fait plusieurs allers et retours Lomé-Paris début 2006 pour obtenir un aménagement de sa peine (semi-liberté, bracelet...). Un magistrat du parquet de Paris, saisi d'une requête par un avocat de l'ancien président de la faculté de droit d'Aix-en-Provence, a suspendu la diffusion du mandat d'arrêt au printemps pour lui permettre de venir négocier une remise de peine. Il a donc eu le 20 avril, au Palais de justice de Paris, un entretien avec un magistrat du parquet. "La logique voudrait qu'on exécute le mandat d'arrêt avant d'aménager la peine", a déclaré à l'AFP un porte-parole du parquet d'Aix mais "Paris a une interprétation plus favorable pour le condamné ". Dans le contexte des remous médiatiques qu'a suscité la sortie de l'article de l'Hebdo de Marseille, la cellule africaine de l'Elysée a "réactivé" le mandat d'arrêt international et Charles Debbasch aurait été obligé de retourner dans sa Françafrique togolaise où il a un rang de quasi "ministre".   

LE MONDE 07.07.06
Malgré un mandat d'arrêt, Charles Debbasch a séjourné en France

...
Même si le juriste, dont la santé est chancelante, n'a pas nécessairement l'influence déterminante qu'on lui prête, son rang de "ministre" au Togo, son bureau proche de celui du président Faure Gnassingbé, son habileté juridique et son carnet d'adresses français, en font un personnage emblématique de moeurs franco-africaines officiellement révolues.

Inspirateur - sinon auteur - de la Constitution togolaise, il aurait joué un rôle crucial dans le "coup d'Etat constitutionnel" grâce auquel le fils du général Eyadéma, homme fort du Togo pendant trente-huit ans, a succédé à son père en février 2005.

Son étonnant statut de "mis à disposition" du Togo par l'université Aix-Marseille-III, qui a permis à l'ancien professeur, pourtant condamné, de percevoir un traitement du ministère français de l'éducation nationale à partir de 2004 et jusqu'aux récentes révélations de la presse marseillaise, nourrit un peu plus encore les soupçons de mansuétude française...



A lire aussi :
PRESSAFRIQUE 26.04.06 
"Le scandale Debbasch. Comment la France a financé la cavale de l'ex-doyen de la fac de droit"