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En Août 2005, le géant mondial
de la sidérurgie, Mittal Steel devenu ArcelorMittal, a passé un contrat de 900
millions de dollars avec le gouvernement de transition de Gyude
Bryant pour pouvoir exploiter 1 milliard de tonnes de minerai de fer au nord
du pays. Un contrat qui aurait pu être gagnant-gagnant pour tous mais
qui, du fait de l'appétit vorace de la multinationale et de la
corruption au sein de l'ancien gouvernement libérien, risque très rapidement de
se retourner contre la population libérienne. A un tel point que
l'actuelle présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, a souhaité sans succès
en renégocier les clauses jugées iniques. Selon
L'ONG Global
Witness , Prix Nobel de la paix en 2003,
les clauses du contrat signées par le gouvernement de transition
et la société du milliardaire indien Lakshmi Mittal se révèlent
profondément défavorables à l'économie et au gouvernement libérien et donc
à sa population. Global Witness dans un rapport intitulé "
Heavy Mittal, un Etat
dans l'Etat
" en recense plusieurs points, notamment :
- La
compagnie indienne a l'opportunité de vendre à ses filiales le minerai
qu'elle va extraire à son prix, plutôt qu'à celui du marché. Car le
Liberia n'a pas adopté les standards de l'OCDE. Les royalties que le
gouvernement devra toucher, si l'accord reste en l'état, n'en seront que
plus faibles.
- Monrovia ne touchera aucun
impôt, durant un minimum de cinq ans, en raison de la « tax holiday »
qu'il a accordée à son partenaire. Après 5 ans, Mittal pourrait rapatrier ses
profits dans des pays à faible fiscalité (Suisse, Chypre)
pour payer moins d'impôts au gouvernement libérien.
-
Deux biens publiques libériens : le port de Buchanan et le réseau ferrovière
allant de Yekepa au port ont été alloués à l'entreprise Mittal,
de telle sorte que le gouvernement libérien devre demander l'autorisation au géant
industriel pour en avoir l'usage.
- Les clauses du
contrat font qu'à l'intérieur de la concession minière les lois libériennes pourraient ne plus
être en vigueur.
- La concession minière a la possiblité
de posséder des terres sans apporter les compensations financières adéquates.
Un contrat qui par certains aspects rappelle les
méthodes des
concessions coloniales, la seule différence repose sans doute
sur le fait que Mittal a acheté le droit de piller les ressources minières du
Libéria. Un Etat dans l'Etat, on se croirait en Françafrique. Maximalisation
des profits par fuite des capitaux et réduction des charges fiscales au programme.
Global Witness craint que ce genre de contrat fragilise les droits de
l'homme au Libéria et la paix encore précaire.
Sources :
GLOBAL WITNESS 02.10.06
Mittal Steel's US$900 million deal in Liberia is
inequitable, says new Global Witness
report
AFRIK.COM 04.10.06 Liberia / Mittal Steel : un accord
inéquitable |