Retour page d'accueil

 PRESSAFRIQUE 05.10.06
"Heavy Mittal" : maximalisation des profits et pillage du Libéria en perspective

  En Août 2005, le géant mondial de la sidérurgie, Mittal Steel devenu ArcelorMittal, a passé un contrat de 900 millions de dollars avec le gouvernement de transition de Gyude Bryant pour pouvoir exploiter 1 milliard de tonnes de minerai de fer au nord du pays. Un contrat qui aurait pu être gagnant-gagnant pour tous mais qui, du fait de l'appétit vorace de la multinationale et de la corruption au sein de l'ancien gouvernement libérien, risque très rapidement de se retourner contre la population libérienne. A un tel point que l'actuelle présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, a souhaité sans succès en renégocier les clauses jugées iniques.
Selon L'ONG
Global Witness , Prix Nobel de la paix en 2003, les clauses du contrat signées par le gouvernement de transition et la société du milliardaire indien Lakshmi Mittal se révèlent profondément défavorables à l'économie et au gouvernement libérien et donc à sa population. Global Witness dans un rapport intitulé " Heavy Mittal, un Etat dans l'Etat " en recense plusieurs points, notamment :

- La compagnie indienne a l'opportunité de vendre à ses filiales le minerai qu'elle va extraire à son prix, plutôt qu'à celui du marché. Car le Liberia n'a pas adopté les standards de l'OCDE. Les royalties que le gouvernement devra toucher, si l'accord reste en l'état, n'en seront que plus faibles.


- Monrovia ne touchera aucun impôt, durant un minimum de cinq ans, en raison de la « tax holiday » qu'il a accordée à son partenaire. Après 5 ans, Mittal pourrait rapatrier ses profits dans des pays à faible fiscalité (Suisse, Chypre) pour payer moins d'impôts au gouvernement libérien. 

- Deux biens publiques libériens : le port de Buchanan et le réseau ferrovière allant de Yekepa au port ont été alloués à l'entreprise Mittal, de telle sorte que le gouvernement libérien devre demander l'autorisation au géant industriel pour en avoir l'usage.

-  Les clauses du contrat font qu'à l'intérieur de la concession minière les lois libériennes pourraient ne plus être en vigueur.

- La concession minière a la possiblité de posséder des terres sans apporter les compensations financières adéquates.

Un contrat qui par certains aspects rappelle les méthodes des concessions coloniales, la seule différence repose sans doute sur le fait que Mittal a acheté le droit de piller les ressources minières du Libéria. Un Etat dans l'Etat, on se croirait en Françafrique. Maximalisation des profits par fuite des capitaux et réduction des charges fiscales au programme. Global Witness craint que ce genre de contrat fragilise les droits de l'homme au Libéria et la paix encore précaire.

Sources :

GLOBAL WITNESS 02.10.06
Mittal Steel's US$900 million deal in Liberia is inequitable, says new Global Witness report

AFRIK.COM 04.10.06
Liberia / Mittal Steel : un accord inéquitable