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 PRESSAFRIQUE 28.09.06
"Indigènes" : Nôtre bon président a été ému

D'après des indiscrétions qui n'en sont pas puisque largement relayées par des médias courtisans, Nôtre bon Président aurait eu une émotion lors de la projection en avant-première du film "Indigènes" il y a de cela plus d'une semaine. Sa bonne reine, lui aurait touché quelques mots d'une voix trémulante soudainement chargée du poids du pathos culturel, larmes aux yeux : "Jacques il faut faire quelque chose". C'est que l'on est sensible et humaniste chez ces gens là. Et ni une ni deux, nôtre bon Président s'en est allé de sa bonté infinie, revaloriser les pensions des anciens combattants des colonies pour "tendre vers la parité". "Tendre vers la parité", quelle belle utopie et quel bravoure dans le dessein ! Les médias télévisés ont aussitôt relayé la bonne parole présidentielle pour annoncer, au travers du pays, les sages résolutions de sa Majesté en son Royaume où il nomme selon son bon vouloir les juges et les procureurs acquis à sa noble cause.

Pourtant des troublions émanant d'associations d'anciens combattants osent braver sa Majesté en déclarant injuste les mesures prises par nôtre bon Président en son âme et conscience. Ils osent déclarer qu'il s'agit de "bricolages", que ces mesures sont des subterfuges, ils déplorent que seules les retraites de combattant et les pensions d'invalidité soient concernées alors que les retraites mensuelles (la source la plus importante de revenus des anciens militaires étrangers qui se sont sacrifiés pour la France) ne seront pas valorisées et resteront indexés sur le coût de la vie locale. Enfin, pour ces troublions, cette mesure prise par le bon Président survient à un moment où la Cour européenne des droits de l'homme menace de condamner la France pour traitement discriminatoire. Bien sûr les médias courtisans n'en ont quasiment pas parlé si accaparés qu'ils sont à relayer le message présidentiel. 

Alors voilà, Jospin débonnaire avait envisagé en 2001 une revalorisation de 2 milliards d'euros, nôtre bon Président soucieux des économies du pays a tranché à 400 millions d'euros. La gratitude vis à vis des indigènes a quand même ses limites.