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 PRESSAFRIQUE 19.09.06
La logique mercantile de la Banque mondiale

 La Banque mondiale (BM) vient de publier son classement annuel des pays les plus et les moins favorables aux affaires. C'est le classement Doing Business. En d'autres termes «faire des affaires». On y recense les pays où il y a le moins de tracasseries administratives, de taxes pour faire du business. Parmi les heureux élus du palmarès en ce qui concerne les pays africains on y retrouve l'Afrique du Sud, la Namibie, la Tanzanie et le Ghana. Il s'agit des pays les plus réformateurs qui ont réduit les droits de douane, les tracasseries administratives pour faciliter les transactions commerciales. 

Selon les déclarations sur RFI d'une économiste à la Banque mondiale, la BM peut utiliser indirectement ce rapport pour fixer les prêts et les taux d'intérêts accordés à certains pays notamment pour "mesurer les résultats des programmes". En clair la Banque mondiale pour évaluer l'efficacité de ses programmes de développement ou de ses prêts se situe clairement dans une logique libérale. D'ailleurs les prêts consentis par la BM ou leur allègement sont bien souvent subordonnés à un ajustement structurel mettant à mal les dispositifs légaux (quand ils existent) dont se sont dotés les pays endettés pour protéger leurs biens publiques (eau, énergie, santé,...).

Comme le révèle l'économiste de la BM sur RFI, les critères de la Banque Mondiale pour établir ce palmarès ne prennent nullement en compte ni la protection sociale, ni la qualité des infrastructures... En clair c'est la logique néo-libérale qui prévaut dans les conditionalités d'attribution des prêts ou d'allégement de la dette des pays pauvres. Selon le CADTM, les priorités de la BM s'appuie plus sur les concepts de croissance, de libéralisation, de désengagement de l'Etat, de privatisation, d'intégration régionale et d'ouverture sur le marché mondial, en s'appuyant sur le modèle néo-libéral sans pourtant permettre de relancer cette croissance et de réduire le déficit budgétaire de l'Etat. 

Dans cette logique mercantile, on comprend aisément que la Banque mondiale pour inciter ses partenaires à faire du pognon ou plutôt "doing business" se soit dotée à son sommet d'un requin néo-libéral en la personne de Paul Wolfowitz qui fut l'un des faucons américains à avoir prôné la guerre coloniale en Irak en instrumentalisant la peur et le terrorisme au sein de la communauté internationale afin de capter les ressources énergétiques irakiennes ou de l'extension de l'économie de marché par la guerre. Depuis sa nomination à la tête de la BM il se serait reconverti dans la lutte anticorruption. Et bientôt il recevra le prix Nobel de la paix ? On a le droit d'y croire... 

A lire :

RFI 15.09.06
Interview de Sylvia Solf. Economiste à la Banque mondiale

CADTM 07.09.06
Initiatives PPTE et allègement de la dette - nouveau mécanisme de subordination des pays pauvres