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A
partir de la rentrée, Pressafrique publie un nouveau dossier sur
le publi-reportage.
Qu'est-ce donc qu'un
publi-reportage ? Il s'agit d'une production journalistique
diffusée par un média qui vise en échange d'une contribution
financière de la part d'un annonceur à reproduire fidèlement ses propos
et à promouvoir ses produits dans des suppléments plus ou moins
bien signalisés. En clair il s'agit d'un reportage de commande
cadré par les rembardes de l'idéologie et des intérêts
financiers. Cette activité a cours aussi bien dans la
presse écrite que dans les médias de l'audiovisuel français. A la différence de
la publicité payée par les annonceurs et réalisée par les agences
de pub, ces publi-reportages sont réalisés par des journalistes
qui mêlent allègrement contenu rédactionnel et publicitaire. La finalité
étant de permettre aux annonceurs de se donner les
meilleures chances de convaincre les consommateurs dans un cadre hybride,
puisqu'il ne s'agit ni de publicité stricto sensu ni de journalisme
à proprement parler.
Cette pratique assez répandue ne va pas sans poser quelques
questions dès lorsqu'il s'agit de faire
la promotion de dictatures qui moyennant finance s'achètent de pleines
pages publicitaires dans un quotidien pour promouvoir leur pays, leur
gouvernement, leur politique...L'éthique journalistique y est mise à rude
épreuve ainsi que la morale dont se
réclame plus ou moins le média en question. Si ces reportages ne sont pas
monnaie courante ils n'en demeurent pas moins problématiques pour
l'indépendance d'un média et de sa crédibilité auprès du grand public. Car
nous entrons dans le domaine hybride de l'info publicitaire.
Bien souvent le cadre de ce publi-reportage est
signalé soit par un encart soit par l'emplacement à part qu'il
occuppe dans un journal (pages suppléments...), néanmoins cela n'est pas toujours le cas et cela
ne va pas sans poser des problèmes déontologiques lorsqu'il est publié en
dehors de toute signalétique. Dès lors on risque de se retrouver dans
une info publicitaire qui ne dit pas son nom et qui apparaît comme une
forme de propagande implicite. En clair un lecteur averti qui lit un
reportage publicitaire pourra relativiser les informations qui lui sont
adressées tandis qu'un lecteur non averti risque de prendre pour argent
comptant ce qu'on lui distille comme information alors qu'il ne s'agit que
de publicité.
Nous
aborderons dans un premier temps les publi-reportages bien balisés mais qui
peuvent poser des problèmes d'éthique journalistique dès lors qu'il s'agit
de faire la promotion de dictatures (françafricaine et autres) connues pour bafouer gravement les droits
de l'homme. Dans ce cas se pose la question de la caution
et de la légitimation implicite de régimes
criminels.
Dans un deuxième temps nous aborderons les publi-reportages insidieux
c'est à dire sans cadres les répertoriant comme tel. Le lecteur,
l'auditeur ou le téléspectateur n'est donc pas informé qu'il s'agit
de publicité ou de publi-reportage ou d'information à visée publicitaire.
Dans ces cas là le reportage est présenté comme une enquête et la
frontière entre publi-reportage et propagande s'estompe en raison des
intérêts financiers en jeu. Mais cela laisse entrevoir le champs plus
général (notamment de l'ordre de la collusion politique et idéologique)
qui déborde le simple cadre du publi-reportage.
La semaine prochaine : ces
publi-reportages qui encensent les dictatures françafricaines.
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