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HUMAN RIGHTS WATCH 01.02.06 R.D Congo : arrêtez Laurent Nkunda pour crimes de
guerre
...Un mandat d'arrêt a été lancé il y a des mois contre
Nkunda pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et pour
insurrection, mais la police et l'armée n'ont rien fait pour
l'arrêter," a déclaré Alison Des Forges, conseillère pour la
Division Afrique de Human Rights Watch. "Aussi longtemps que Nkunda
est en liberté, la population civile demeure en grand danger."
Le 18 janvier, les forces rebelles ont attaqué
et occupé plusieurs villes dans le territoire de Rutshuru, dans la
province du Nord Kivu, après avoir mis en déroute les soldats du
gouvernement congolais stationnés dans la région. Après une brève
période de calme, les combats ont repris au cours du week-end
dernier. Les rebelles seraient sous les ordres de Nkunda, une
allégation confirmée par le gouverneur de province dans un
communiqué publié le 26 janvier. Selon des sources locales, les
forces rebelles aussi bien que les soldats de l'armée congolaise
auraient violé et attaqué des civils et pillé leurs biens. Des
dizaines de milliers de Congolais se sont enfuis vers des régions
voisines ou ont passé la frontière vers l'Ouganda.
En septembre 2005, le gouvernement a lancé un
mandat d'arrêt international contre Nkunda, qui a été impliqué dans
de nombreux crimes de guerre et dans d'autres graves atteintes aux
droits de l'homme au cours des trois dernières années. Dans des
investigations précédentes, Human Rights Watch a documenté des
exécutions sommaires, des actes de torture, et des viols commis par
des soldats sous le commandement de Nkunda à Bukavu en 2004 et à
Kisangani en 2002. Nkunda était un officier
supérieur du Rassemblement Congolaise pour la Démocratie - Goma
(RCD-Goma) soutenu par le Rwanda, l'un des principaux groupes
rebelles ayant combattu en RDC de 1998 à 2003. En 2004 il a été
nommé général dans une nouvelle armée nationale congolaise crée avec
des soldats des forces dissidentes à la fin de la guerre. Il a
refusé le poste et s'est retiré avec des centaines de ses soldats
dans les forêts de Masisi au Nord Kivu. En août 2005, il a annoncé
une nouvelle rébellion mais n'a pas lancé d'opérations militaires à
ce moment-là....
En mai 2002, Nkunda, ainsi que
le Général Amisi, était au nombre des officiers du RCD-Goma
responsables de la brutale répression d'une tentative de mutinerie à
Kisangani où plus de 160 personnes ont été sommairement exécutées.
Au cours d'un incident, les soldats sous le commandement de Nkunda
ont ligoté, bâillonné et exécuté 28 personnes puis ont mis leurs
corps dans des sacs lestés avec des pierres et les ont lancés depuis
un pont à Kisangani. Après que les Nations Unies aient commencé à
enquêter sur ces crimes, Nkunda et plusieurs gardes armés sont
entrés dans les locaux des Nations Unies et ils ont enlevé et battu
deux gardes. Au cours d'une réunion du Conseil
de Sécurité le 16 juillet 2002, Mary Robinson, Haut Commissaire des
Nations Unies pour les droits de l'homme, a demandé aux autorités
congolaises d'arrêter ceux qui avaient ordonné le massacre ou qui y
étaient impliqués, et a mis en garde contre de nouveaux bains de
sang s'ils n'étaient pas traduits en justice.
Malgré la fin supposée de la guerre et
l'établissement d'un gouvernement de transition en 2003, des soldats
dissidents fidèles au RCD-Goma ont affronté d'autres soldats de
l'armée congolaise au Sud Kivu en mai 2004. Nkunda et les soldats
qui lui étaient fidèles ont pris le contrôle de la ville de Bukavu
au Sud Kivu le 2 juin, prétendant que leur action était nécessaire
pour arrêter un génocide contre les Tutsi congolais, connus
localement sous le nom de Banyamulenge. Au cours des combats, les
soldats de Nkunda ont commis des crimes de guerre, tuant et violant
des civils et pillant leurs biens. Dans une occasion le 3 juin 2004,
des soldats de Nkunda ont violé en bande une mère devant son mari et
ses enfants tandis qu'un autre soldat violait sa fille de trois ans.
Après que les forces de maintien de la paix des
Nations Unies aient négocié le retrait de Nkunda hors de Bukavu,
avec quelques uns de ses soldats il s'est retiré dans les forêts du
Nord Kivu tandis que d'autres, commandés par le Col. Jules Mutebusi,
trouvaient refuge au Rwanda. Le gouvernement congolais a lancé un
mandat d'arrêt international contre Mutebutsi, accusé comme Nkunda
d'insurrection, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Le ministre des Affaires étrangères congolais a également écrit au
Rwanda, demandant le retour de Mutebusi au Congo, mais les autorités
rwandaises ne l'ont pas
livré...
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