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 PRESSAFRIQUE 24.11.06
Le porte-parole du TPIR récuse l'enquête du juge Bruguière

Au moment où la presse française s'emballe sur la mise en cause de Kagame et de neuf de ses proches par l'enquête du juge Bruguière, le porte-parole du TPIR (Tribunal International sur le Rwanda) a récusé les conclusions de cette enquête.  

AGENCE HIRONDELLE 24.11.06
TPIR/BRUGUIERE - LE PORTE- PAROLE DU TPIR RECUSE L'ENQUETE DU JUGE BRUGUIERE

 Arusha, 23 novembre 2006 (FH) - Le porte-parole du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) , M. Everard O'Donnell, a clairement récusé jeudi midi lors de sa conférence de presse hebdomadaire, l'enquête menée par le juge français Jean Louis Bruguière sur l'attentat contre l'avion du président Habyarimana.

Selon lui, des preuves ont été apportées au TPIR que les missiles qui ont détruit l'avion du président rwandais avaient été tirés depuis la zone sous contrôle des forces armées rwandaises. En présence du représentant rwandais au TPIR, M. Aloys Mutabingwa, venu assister à la conférence de presse, le porte-parole, qui est également greffier adjoint du TPIR, a dénoncé la position des avocats de l'association des avocats de la défense au lendemain de la publication de l'enquête Bruguière impliquant le FPR et son chef Paul Kagame, dans l'attentat contre l'avion présidentiel.

Les avocats avaient estimé dans un communiqué publié au lendemain de la publication de l'enquête Bruguière que celle-ci corroborait leurs preuves sur l'implication du président rwandais Paul Kagame « dans les évènements qui ont mené à la tragédie rwandaise». Le porte- parole du tribunal a qualifié cette position de «fantaisie» et a accusé les responsables de l'ADAD de chercher à influencer « l'opinion publique et la presse».

« Nous sommes de l'avis que ce n'est pas l'attentat qui a créé le génocide » a dit O'Donnell. Selon lui le statut du tribunal ne permet de juger que les incriminations de génocide, de crimes contre l'humanité et les crimes de guerre. « L'assassinat d'individus n'est pas du ressort du tribunal » a-t-il dit. Le porte-parole a précisé que le procureur du TPIR n'avait rien reçu du juge Bruguière et qu'en ce qui concernait ses enquêtes, même le conseil de sécurité des Nations unies « n'avait rien à lui dire ».

Enfin dans Le Figaro on s'étonne d'une instruction à charge et de l'absence de prise en compte de la piste des Forces armées rwandaises soutenues par des mercenaires (français?). Dans Libération on s'étonne de la proximité du juge et des services secrets français tandis que d'autres s'étonnent du rôle important de Paul Barril dans les thèses soutenues par Bruguière.  Encore une fois si l'enquête Bruguière peut aider par sa provocation a faire la lumière sur le drame rwandais ce ne sera que positif. Le Rwanda a déja rompu ses relations diplomatiques avec la France alors qu'il y a une semaine les autorités du pays étaient prêtes à annuler leur commission d'enquête sur l'implication française au Rwanda en échange d'un simple pardon de la part des autorités françaises concernant leur implication dans le génocide rwandais. Depuis que Bruguière a lancé son mandat d'arrêt, Kagame a demandé à relancer la commission d'enquête à Kigali qui avait été suspendu. C'est tant mieux car il faudrait arrêter d'instrumentaliser de manière scandaleuse pour ne pas dire dégueulasse la mémoire des victimes du génocide à des fins diplomatiques personnelles.  On veut toute la lumière sur l'implication française dans le génocide et l'implication des troupes de Kagame dans les massacres de civils en RDC ! Et c'est sans doute le troc que les autorités rwandaises essayaient de proposer à la France. Une alliance qui grâce à la publication du rapport Bruguière dont le sérieux laisse à désirer a réussi à être déjoué ! Nous attendons donc les résultats de la commission d'enquête rwandaise à Kigali, des auditions des officiers supérieurs français au TPIR annulés in extremis par le gouvernement français et de l'instruction devant le TAP concernant les plaintes de victimes du génocide à l'égard de certains soldats français lors de l'opération Turquoise accusés de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. Nous attendons aussi que lumière soit faite au travers d'une enquête internationale sur l'attentat des présidents rwandais et burundais en 1994 qui a servi de prétexte au déclenchement du génocide ainsi qu'une commission ad hoc pour analyser les crimes contre l'humanité commis par l'armée rwandaise de Kagame en RDC.

Lire l'intégralité de l'enquête du juge Bruguière en version PDF sur le site de l'Express.