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PRESSAFRIQUE
24.11.06 |
| Visiblement il est
très dur d'être noir et d'être joueur de football dans un grand
club. Non seulement ceux-ci doivent subir les injures racistes et les
cris de singes lancés par certains supporters dans les stades d'Europe en
phase avec Nôtre bon président de la République qui n'hésite pas
à déclarer que les "Africains sont joyeux par
nature", mais ils doivent aussi subir lorsqu'ils sont trop nombreux
dans une équipe nationale de football les critiques d'un philosophe
intégriste des lumières (avec une
lecture à la lettre des Lumières c'est à dire à l'aune de la "race"), d'un
leader d'extrême droite grand nostalgique de
la coloniale ou d'un président socialiste de région. Ce dernier Georges
Frêche aurait déclaré lors d'un conseil régional au sujet de cette
équipe que des intellectuels appellent une équipe "black black
black" "qui fait rire toute l'Europe", qu'il n'y avait
pas assez de "Français de souche blanche" dans cette équipe.
Selon Libération, Frêche aurait déclaré qu'il y avait «neuf Blacks sur onze», alors que
«la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre», une
proportion qui constitue selon lui «une honte pour la France»
(Libération Georges Frêche, un habitué de la ligne
jaune). Alors la question qui se pose est de savoir dans quelle mesure le socialiste Georges Frêche ne souhaiterait-il pas rétablir des quotas "raciaux" au sein de l'équipe de France en demandant qu'il n'y ait pas plus de trois à quatre joueurs aux téguments colorés dans l'équipe nationale de football pour éviter que la France ait honte de la couleur de ses joueurs? Toujours selon Libération (Frêche : «J'ai rien dit»), Frêche aurait persisté et signé ses déclarations en déclarant lors d'une réunion à huis clos le lundi 20.11.06 : «90 % des gens qui sont normaux pensent à peu près comme moi [...] Je n'ai à m'excuser de rien du tout. J'ai rien dit du tout. J'ai dit que moi, mon idéal, c'était une équipe black-blanc-beur. Avec toutes les couleurs de la société française. Qu'une équipe où il n'y aurait que des Noirs, c'est pas une équipe de France. [...] Ce n'est pas une question de Noirs ou de Blancs, la France est faite de Blancs, de Noirs, de Jaunes. [...] Mais manifestement, ce n'est plus une équipe équilibrée aux couleurs de la France. C'est une évidence. Ce n'est pas une évidence raciste. Mais on n'a pas le droit de le dire...». En suivant la logique frêchienne, faut-il rétablir des quotas "raciaux" au sein de l'équipe de France pour qu'elle soit plus représentative des "Français de souche blanche" ou bien "black blanc beur"? Peut-être faudrait-il soumettre ce projet au parti socialiste ou à sa candidate Ségolène ? Elle appréciera sûrement cette idée citoyenne populiste ? Puis toujours sellon Libération : "En passant, le président de la région Languedoc-Roussillon a reconnu «dans l'affaire des harkis» qui lui a valu d'être exclu temporairement des instances du PS, avoir dit «un mot de trop. J'ai employé un mot [«sous-homme», ndlr ] qui habituellement», ne poserait «aucun problème. Mais il se trouve que du fait de la Seconde Guerre mondiale, ce mot a une connotation telle que j'ai dû m'excuser». Frêche a malheureusement raison, habituellement cela ne pose aucun problème. Au Beau Temps des colonies cela ne posait pas de problèmes, les indigènes étaient considérés comme une "race inférieure", comme des "sous-hommes", un chaînon intermédiaire entre le singe et l'homme...et cela ne posait pas de problèmes hier. Ni aujourd'hui d'ailleurs, où l'on peut sortir des disques avec des chansons vantant les zoos humains coloniaux , où l'on peut faire une loi valorisant la colonisation comme un bienfait positif votée à une écrasante majorité de droite comme de gauche avant d'être retirée par Nôtre bon président. Oui un racisme ordinaire qui est entré dans les moeurs. Des représentations coloniales, qui parce qu'elles n'ont jamais donné lieu à une dénonciation officielle sans ambiguïté, codifient les représentations collectives de l'altérité exotique. L'organisation culturelle de l'amnésie permet toute les mystifications et le formatage des consciences selon les lignes directrices fixées par l'empire à l'aune de la "race" ou de l'origine. Il n'y a jamais eu de construction d'une culpabilité collective dans notre culture à l'égard de ceux qui furent considérés comme des "sous-hommes" sous la coloniale pendant plusieurs siècles, tout au plus du mépris. Un mépris salvateur qui nous immunise de tout acte de repentance ou de réparation. Une culture fondée sur l'ingratitude à l'égard des descendants de ceux que l'on considère encore un peu comme des " sauvages, sauvageons, barbares, racailles..." et autres termes appartenant au lexique colonial. N'y a-t-il pas une continuité entre les dénominations de "race inférieure", de "sous-hommes" et des "sauvageons" ou autres "racailles"? Surdétermination du champ lexical et de l'imaginaire collectif par des représentations archaïques issues de la colonisation qui demeurent impensées. Représentations impensées motrices des défenses réactionaires à l'égard de ceux qui nous rappellent une page sombre de notre Histoire ! |