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"Comprendre qu'à Djibouti ce
sont l'armée et la diplomatie française qui gouvernent, dans l'ombre du
chef de l'Etat, Ismaël Omar Guelleh, despote patenté, soupçonné d'être
compromis dans de multiples trafics" Sylvie Veran in Le Nouvel
Observateur 23.11.06
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LE NOUVEL OBSERVATEUR
23.11.06 Nouvelles révélations sur l'assassinat maquillé
de Bernard Borrel - Le juge qui en
savait trop
...En 1994, année de l'arrivée du juge Borrel, promu conseiller
technique du ministre de la Justice de Djibouti dans le cadre de la
coopération avec Paris, près de 5 000 soldats français vivaient là
et 200 coopérants civils. Tous accompagnés de leur famille. La
location de la plate-forme militaire rapportait à Djibouti 18
millions d'euros par an (somme portée à 30 millions en 2005). Une
broutille pour la France, une manne pour cette contrée désertique
qui comptait seulement 500 000 habitants. Environ 1 700 Français y
étaient établis à demeure et prospéraient dans l'import-export, la
construction ou le commerce. Parmi eux, des individus au passé
trouble tenaient le milieu de la nuit et des jeux, en bonne entente
avec une mafia locale, corse, italienne et libanaise. Camorra à
l'africaine, baptisée par les Djiboutiens le « clan d'IOG ». Le
cland'Ismaël Omar Guelleh - alors chef des services secrets et homme
fort du régime (il sera élu président en 1999, succédant à Hassan
Gouled). Un nid de ripoux inféodés au pouvoir, des banques
blanchisseuses d'argent sale, des bars louches et des bordels à
soldats, des trafics de conteneurs bourrés d'armes à destination du
reste de l'Afrique, d'alcool et de cocaïne destinés au golfe
Persique. Un bastion du RPR, version « Françafrique », et de
certaines obédiences maçonniques. C'est ça, Djibouti, quand débarque
Bernard Borrel, 40 ans, avec épouse et enfants. Un pays à la logique
illisible pour ce magistrat réputé intègre et droit. Psychorigide,
selon certains. Le juge Borrel à Djibouti ? Une erreur de casting.
Chargé de la refonte du Code de Procédure pénale djiboutien, il
découvre avec stupeur les difficultés que rencontrent ses collègues
du cru pour faire aboutir leurs procédures - quand ils ne sont pas
eux-mêmes corrompus. Il s'intègre mal au petit milieu des « expats
». Les petits arrangements avec le pouvoir en place le choquent.
Comme le train de vie de nababs que mènent certains hauts gradés de
l'armée. Et puis il y a toutes ces magouilles au coeur de la base
française. Ces militaires arrosés par des entreprises locales contre
des commandes de matériel ou de chantiers. Le pays est petit, tout
se sait. Le juge Borrel ne tarde pas à être au courant. S'est-il
trop répandu ou montré imprudent ? A-t-il ainsi signé son arrêt de
mort ? ..." Lire l'article en
entier dans Le Nouvel
Observateur | Selon une enquête menée par une journaliste du Nouvel Observateur , de nouvelles expertises et
témoignages inédits confirment que derrière la mort du magistrat, à
Djibouti, se profile tout un réseau d'intérêts politico-mafieux
françafricain où se cotoyaient certains expats français et
des autochtones djiboutiens. Le juge français aurait mis son nez dans
leurs affaires de pots de vin, de corruption et autres trafics ayant pour
objet les marchés alloués à la base militaire française de
Djibouti. La volonté du juge Borrel de faire la lumière sur ce
système mafieux françafricain aurait été à l'origine de son assassinat.
Selon les témoignages et ces nouvelles expertises les commanditaires ne se
cantonneraient pas seulement au président Djiboutien mais aussi à des
membres français de la Françafrique.
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LE NOUVEL OBSERVATEUR 23.11.06 Nouvelles révélations sur l'assassinat maquillé
de Bernard Borrel - Le juge qui en
savait trop «Ce dossier
restera un serpent de mer, prophétise l'homme des services secrets
(DGSE, ndlr) déjà cité. Mme Borrel est un grain de sable qui ne
grippera jamais la machine. Les Etats ont tout leur temps. Le jour
où elle ne sera plus là pour se battre, cette affaire sera
définitivement enterrée. Et quand IOG (Ismaël Omar Guelleh)
disparaîtra à son tour, on fera savoir que le responsable de la mort
du juge Borrel, c'était lui...» | Tout est-il possible en Françafrique ? |