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L'instrumentalisation des médias par
les autorités françaises et rwandaises sur le génocide rwandais doit
cesser. Il est grand temps que les autorités de ces deux pays cessent de
jouer avec l'opinion publique en apportant aucun élément de
preuve patent des responsabilités des uns ou des autres tout en désignant
à la vindicte populaire un tel. Depuis plus de 12 ans rien n'avait
filtré des enquêtes menées dans ces deux pays. Le Rwanda promettait
une enquête sur la responsabilité française dans le génocide rwandais
mais qui était toujours reportée aux calendes grecques jusqu'à ce que
cette commission soit mise en place et dont les résultats comme par
enchantement devraient être connus aux environs d'avril
2007. Une commission d'enquête rwandaise mène actuellement des recherches
sur le rôle de la France avant, pendant et après le génocide de 1994.
Il faudrait arrêter de se moquer du monde sur un fait aussi grave
qui nécessite que toute la lumière soit faite sur les responsabilités de
chacun dans ce crime des crimes au moins pour les victimes et
accessoirement pour l'humanité. Il y en a assez de ces enquêtes ou
pseudo-enquêtes qui fleurissent à la une de nos journaux comme par
enchantement au mois d'avril. Il est temps que lumière soit faite sur ce
carnage. Pendant ce temps l'enquête de Bruguière n'avait toujours pas
abouti sauf au travers de relais médiatiques dévoués à cet usage. Une enquête
qui comme par enchantement ressortait dans les médias à la date de
commémoration du génocide.
Cette fois-ci cette enquête semble enfin aboutir
au moment où Kigali a fait savoir que la commission pourrait être
amenée à interroger en France des responsables politiques et militaires
français dans le cadre de son travail. Bruguière après plus de 8 années
d'attente a fini par dégainer en demandant vendredi des poursuites contre Kagame
devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa
"participation présumée" à l'attentat contre l'avion de M. Habyarimana.
Parallèlement, le magistrat a demandé l'avis du ministère
public sur les arrestations de neuf membres de l'entourage de M. Kagame
dans le cadre de l'enquête, dont l'actuel chef d'état-major de l'armée
rwandaise James Kabarebe. Le parquet aurait enfin donné son avis favorable
alors qu'il vient de
refuser selon Le Figaro que des mandats d'arrêts soient
lancés contre les présumés responsables du bombardement de
Bouaké qui a tué neuf militaires français. Les mystères des décisions
du parquet sont impénétrables.
Nonobstant le fait que cette
enquête ait mis plus de 8 ans avant d'être instruite comme il se doit,
nonobstant le fait que la fameuse boîte noire de l'avion n'a jamais été
retrouvée dans les placards de l'ONU contrairement à ce que titrait un
grand quotidien sur foi des instructions Bruguériennes, nonobstant le fait
que Pierre Péan a évoqué la mystification de l'enquête bruguière sur l'attentat du DC10
UTA au Congo-Brazzaville en 1989 (Péan semble depuis avoir fait
volte-face et rejoint la croisade bruguière pour probable cause
idéologique commune), nonobstant que l'instuction porte sur l'attentat
terroriste qui a coûté la vie à Juvenal Habyarimana et non sur la
responsabilité de génocide, nous ne pouvons que nous féliciter de la
décision du parquet afin que cette enquête soit sur la place publique et
que l'on puisse enfin juger de quoi il retourne sur le fond.
Au
Rwanda, indéniablement, cela a été un choc au point que le ministre de la
justice rwandais ait déclaré que son gouvernement ne serait
pas entraîné dans "une mauvaise situation où nous devrions aussi
engager des jeux similaires en inculpant (le président français Jacques)
Chirac ou d'autres hauts responsables français" (AFP) tandis que les autorités de Kigali avaient
fait savoir bien avant la décision du parquet que la commission
rwandaise pourrait être amenée à interroger des responsables politiques et
militaires français dans le cadre de son travail et si besoin à les
déférer devant la Cour pénale internationale de la justice de la Haye.
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LIBERATION 24.10.06 La France sous la menace d'une procédure judiciaire au
Rwanda
Le bras de fer judiciaire se poursuit entre la
France et le Rwanda. La commission d'enquête rwandaise sur le rôle
de la France avant, pendant et après le génocide de 1994 au Rwanda a
débuté mardi à Kigali une série d'auditions publiques. Cette
commission d'enquête, qui a entamé ses travaux en avril, est
officiellement «chargée de rassembler les preuves de l'implication
de la France dans le génocide», qui a fait quelque 800000 morts
parmi les Tutsi et les opposants hutus.
Composée de juristes
et d'historiens, elle doit auditionner au total 25 témoins d'ici la
fin octobre et rendre ses conclusions dans les six mois. «Le rapport
déterminera s'il faut ou non engager une procédure judiciaire devant
la Cour internationale de justice [de La Haye]» , selon le président
de la commission, Jean de Dieu Mucyo, ex-ministre dela Justice et
ex-procureur général... | A cela s'ajoute
l'Ometa à la française. La réponse du berger à la bergère
ne s'est pas faite attendre et Bruguière a ressorti son enquête qui
traînait dans les tiroirs depuis 8 ans. Il y a des indices concordants
pour dire que Paris craint au plus haut niveau les décisions de Kigali et
l'enquête
menée par sa propre justice sur les exactions de soldats français au
Rwanda en plein génocide, mais aussi d'autres indices pour dire que Kagame
n'est pas si tranquille que cela.
On attend des
autorités rwandaises comme des autorités françaises qu'elles cessent de
jouer au chat et à la souris et cessent de prendre en ôtage l'opinion
publique. Toute la lumière doit être faite sur les responsabilités de
chacun dans cette horreur de la fin du XXème siècle. Et que justice
soit rendue. |