Retour page d'accueil

 PRESSAFRIQUE 21.11.06
France - Rwanda : que lumière soit faite !

 L'instrumentalisation des médias par les autorités françaises et rwandaises sur le génocide rwandais doit cesser. Il est grand temps que les autorités de ces deux pays cessent de jouer avec l'opinion publique en apportant aucun élément de preuve patent des responsabilités des uns ou des autres tout en désignant à la vindicte populaire un tel. Depuis plus de 12 ans rien n'avait filtré des enquêtes menées dans ces deux pays. Le Rwanda promettait une enquête sur la responsabilité française dans le génocide rwandais mais qui était toujours reportée aux calendes grecques jusqu'à ce que cette commission soit mise en place et dont les résultats comme par enchantement devraient être connus aux environs d'avril 2007. Une commission d'enquête rwandaise mène actuellement des recherches sur le rôle de la France avant, pendant et après le génocide de 1994.

Il faudrait arrêter de se moquer du monde sur un fait aussi grave qui nécessite que toute la lumière soit faite sur les responsabilités de chacun dans ce crime des crimes au moins pour les victimes et accessoirement pour l'humanité. Il y en a assez de ces enquêtes ou pseudo-enquêtes qui fleurissent à la une de nos journaux comme par enchantement au mois d'avril. Il est temps que lumière soit faite sur ce carnage. Pendant ce temps l'enquête de Bruguière n'avait toujours pas abouti sauf au travers de relais médiatiques dévoués à cet usage. Une enquête qui comme par enchantement ressortait dans les médias à la date de commémoration du génocide.

Cette fois-ci cette enquête semble enfin aboutir au moment où Kigali a fait savoir que la commission pourrait être amenée à interroger en France des responsables politiques et militaires français dans le cadre de son travail. Bruguière après plus de 8 années d'attente a fini par dégainer en demandant vendredi des poursuites contre Kagame devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de M. Habyarimana. Parallèlement, le magistrat a demandé l'avis du ministère public sur les arrestations de neuf membres de l'entourage de M. Kagame dans le cadre de l'enquête, dont l'actuel chef d'état-major de l'armée rwandaise James Kabarebe. Le parquet aurait enfin donné son avis favorable alors qu'il vient de refuser selon Le Figaro que des mandats d'arrêts soient lancés contre les présumés responsables du bombardement de Bouaké qui a tué neuf militaires français. Les mystères des décisions du parquet sont impénétrables.

Nonobstant le fait que cette enquête ait mis plus de 8 ans avant d'être instruite comme il se doit, nonobstant le fait que la fameuse boîte noire de l'avion n'a jamais été retrouvée dans les placards de l'ONU contrairement à ce que titrait un grand quotidien sur foi des instructions Bruguériennes, nonobstant le fait que Pierre Péan a évoqué la mystification de l'enquête bruguière sur l'attentat du DC10 UTA au Congo-Brazzaville en 1989 (Péan semble depuis avoir fait volte-face et rejoint la croisade bruguière pour probable cause idéologique commune), nonobstant que l'instuction porte sur l'attentat terroriste qui a coûté la vie à Juvenal Habyarimana et non sur la responsabilité de génocide, nous ne pouvons que nous féliciter de la décision du parquet afin que cette enquête soit sur la place publique et que l'on puisse enfin juger de quoi il retourne sur le fond.

Au Rwanda, indéniablement, cela a été un choc au point que le ministre de la justice rwandais ait déclaré que son gouvernement ne serait pas entraîné dans "une mauvaise situation où nous devrions aussi engager des jeux similaires en inculpant (le président français Jacques) Chirac ou d'autres hauts responsables français" (AFP) tandis que les autorités de Kigali avaient fait savoir  bien avant la décision du parquet que la commission rwandaise pourrait être amenée à interroger des responsables politiques et militaires français dans le cadre de son travail et si besoin à les déférer devant la Cour pénale internationale de la justice de la Haye.

LIBERATION 24.10.06 
La France sous la menace d'une procédure judiciaire au Rwanda

Le bras de fer judiciaire se poursuit entre la France et le Rwanda. La commission d'enquête rwandaise sur le rôle de la France avant, pendant et après le génocide de 1994 au Rwanda a débuté mardi à Kigali une série d'auditions publiques. Cette commission d'enquête, qui a entamé ses travaux en avril, est officiellement «chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide», qui a fait quelque 800000 morts parmi les Tutsi et les opposants hutus.

Composée de juristes et d'historiens, elle doit auditionner au total 25 témoins d'ici la fin octobre et rendre ses conclusions dans les six mois. «Le rapport déterminera s'il faut ou non engager une procédure judiciaire devant la Cour internationale de justice [de La Haye]» , selon le président de la commission, Jean de Dieu Mucyo, ex-ministre dela Justice et ex-procureur général...


A cela s'ajoute l'Ometa à la française. La réponse du berger à la bergère ne s'est pas faite attendre et Bruguière a ressorti son enquête qui traînait dans les tiroirs depuis 8 ans. Il y a des indices concordants pour dire que Paris craint au plus haut niveau les décisions de Kigali et l'enquête menée par sa propre justice sur les exactions de soldats français au Rwanda en plein génocide, mais aussi d'autres indices pour dire que Kagame n'est pas si tranquille que cela.   

On attend des autorités rwandaises comme des autorités françaises qu'elles cessent de jouer au chat et à la souris et cessent de prendre en ôtage l'opinion publique. Toute la lumière doit être faite sur les responsabilités de chacun dans cette horreur de la fin du XXème siècle. Et que justice soit rendue.