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PRESSAFRIQUE
20.11.06 | |||||
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Le moins que l'on puisse dire c'est que
cela bouge sur les bancs de l'Assemblée nationale où certains de nos
représentants élus brillent par leur intervention et leur question au
sujet de l'Affaire Borrel. Cette fois-ci c'était au tour du député
socialiste de l'Eure membre de la commission des Affaires étrangères,
François Loncle, d'interpeller le gouvernement sur l'Affaire Borel.
Son intervention du mercredi 15.11.06 fut ponctué par une salve
d'applaudissements dépassant les clivages politiques. _________________________________ Note de
l'ARDHD_______________________ C'est
Brigitte Girardin, Ministre déléguée à la Coopération qui lui
répondra. A noter que François Loncle a été applaudi par une
majorité des parlementaires français et qu'il a reçu des
félicitations personnelles à l'issue de la séance, de la part de
nombreux députés, y compris de la majorité
présidentielle. Assemblée
nationale Questions au gouvernement
Affaire du juge Borrel
M. le président.
Vous devriez écouter : ma
question vous concerne tous puisque l'ensemble des familles
politiques ont souscrit au comité de soutien dont je vais parler.
Le 19 octobre 1995, voilà
déjà plus de onze ans, un magistrat français de grande qualité, le
juge Bernard Borrel, a été assassiné à quatre-vingts kilomètres de
Djibouti, où son corps, à demi calciné, a été retrouvé.
Pendant de longues
années, tout a été tenté pour maquiller cet assassinat en suicide,
tout a été fait, de manière souvent ignoble et cynique, pour
enterrer le dossier, intimider, menacer les défenseurs de la vérité.
Pressions, manipulations
se sont multipliées, cela au nom - on s'en doute, hélas ! - de la
raison d'État et des intérêts qui lient notre pays à Djibouti. En
effet, de hautes personnalités djiboutiennes sont fortement
soupçonnées d'avoir commis ou commandité cet assassinat.
Fort heureusement, le
courage et la résistance exceptionnels de Mme Élisabeth Borrel, la
veuve du magistrat, a empêché que cette affaire ne soit étouffée.
Avec elle, des milliers de citoyens et des centaines de
personnalités de toutes tendances, dont de nombreux parlementaires,
de toutes professions, demandent que la vérité soit connue et que
justice soit faite. Il est plus que temps. Or les blocages
judiciaires et politiques demeurent. Du côté de Djibouti, on refuse
de coopérer. Allez-vous, pour l'honneur de notre pays, tout mettre
en oeuvre, lever rapidement les obstacles pour que la mémoire du
juge Borrel soit réhabilitée une fois pour toutes, que sa famille
ait droit à la vérité et que la procédure judiciaire aille à son
terme ? (Applaudissements sur tous les bancs.)
M. le
président. Monsieur le député, bien
évidemment, sur le fond de l'affaire, comme sur les procédures
judiciaires en cours, il ne m'appartient pas de faire des
commentaires. Toutefois, je dois vous
dire que le Gouvernement est tout à fait déterminé à ce que toute la
lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès du juge
Borrel en octobre 1995. Nous espérons que la procédure en cours et
que l'instruction, qui dure depuis près de dix ans, puissent enfin
aboutir. Les autorités de Djibouti
nous ont fait savoir qu'elles étaient prêtes à rouvrir ce dossier,
qu'elles avaient classé, si nous étions en mesure d'apporter des
éléments nouveaux. Nous avons des
difficultés avec Djibouti pour mettre en oeuvre la convention
d'entraide judiciaire entre Djibouti et la France.
Nous souhaitons que
l'instruction puisse se faire sereinement, à l'abri des pressions
médiatiques, dans le respect des droits de chacun, de la présomption
d'innocence et du secret de l'instruction. Compte tenu des
difficultés que nous rencontrons dans la mise en oeuvre de cette
convention d'entraide judiciaire, Djibouti a décidé de saisir la
Cour internationale de justice de ce différend. Nous avons accepté
que la Cour internationale de justice de La Haye se prononce.
Une première réunion
s'est tenue le 16 octobre dernier. Nous coopérerons avec la Cour
pour qu'aucune ombre ne demeure sur cette affaire éminemment
douloureuse. Le Gouvernement souhaite
vraiment connaître toute la vérité, je tiens à vous en assurer,
monsieur le député. |