Retour page d'accueil PRESSAFRIQUE 08.11.06 BAKCHICH 07.11.06 BAKCHICH 07.11.06
Du
nouveau dans l'affaire Ben Barka ?
Aux dernières nouvelles, le juge français Ramaël
serait bien décidé à faire la lumière sur la disparition et l'assassinat
de Ben Barka. A un tel point que les services secrets de sa majesté le
fils d'Hassan II commencent à se faire du souci. Preuve de son efficacité
il a laissé filtrer des premières informations sur la manière dont Mehdi
Ben Barka - figure marocaine historique de l'opposition au roi Hassan II,
au colonialisme et à ses formes déguisées néocoloniales - avait été enlevé
et assassiné. Ces informations figurent dans la commission
rogatoire transmise au Maroc et publiée en extrait dans
Bakchich.info.
Affaire
Ben Barka : grincements de dents et couinements à
Rabat
L'exposé des faits figurant dans la
commission rogatoire transmise au Maroc est limpide : « Le 29 octobre 1965, vers midi, Mehdi Ben Barka, opposant
marocain, était accosté devant la Brasserie Lipp, bvd St-Germain, à
Paris par deux policiers de la Brigade mondaine, messieurs Souchon
et Voitot, et conduit vers une voiture où se trouvaient Antoine
Lopez, inspecteur principal d'Air France et correspondant des
services secrets français (le SDECE) et Julien Le Ny, truand
notoire. Il était emmené en région parisienne dans la villa d'un
voyou, Georges Boucheseiche, à Fontenay-le-Vicomte. D'autres truands
avaient participé à cet enlèvement maquillé en opération de
police : Georges Figon, Jean Palisse et Pierre Dubail. La trace
de Mehdi Ben Barka se perdait ensuite dans la villa d'Ormoy
appartenant à Antoine Lopez. Depuis, il n'a pas réapparu. (.) René
Midhat Bourequat, entendu comme témoin le 14 décembre 2005, a relaté
que durant sa détention au PF3, il y avait aperçu trois des truands
(Dubail, le Ny et Boucheseiche qui par la suite seront inhumés au
PF3) et que Dubail avait raconté à son frère Ali l'implication dans
l'enlèvement et la mort de Mehdi Ben Barka de messieurs Oufkir,
Dlimi, El Hassouni et du surnommé Chtouki. Selon Dubail, après le
décès, la tête aurait été détachée du corps et ramenée à Rabat pour
être présentée au roi Hassan II avant d'être enterré au
PF3. »
On y apprendrait donc
qu'au propre comme au figuré, que le très françafricain roi
Hassan II (et très apprécié dans les milieux gaullistes et néogaullistes)
réclamait sa tête. Le juge Ramaël qui visiblement est décidé à aller plus
loin que ses prédécesseurs a même réclamé l'audition de certains témoins
haut gradés comme le patron de la gendarmerie Hosni Benslimane et a
confondu le fameux Touni alias Chouki à l'aide de preuves
scientifiques irréfutables. Du coup c'est un peu la panique au Maroc et le
fameux Chouki qui a eu des véllléités de dire ses vérités ou
contre-vérités sur l'affaire se retrouve bien entouré au Maroc selon
Bakchich.info.
Affaire
Ben Barka : grincements de dents et couinements à
Rabat
...Il y a dix jours, la chaîne de télé France 3
balançait en exclu le contenu de la dernière commission rogatoire
envoyée fin septembre par la justice française au Maroc dans le
cadre de l'affaire Ben Barka. D'où une certaine agitation au royaume
qui jouait les belles au bois dormant depuis presque un mois. On en
serait à même... Le juge français Ramaël continue de réclamer
l'audition de certains témoins haut gradés comme le patron de la
gendarmerie Hosni Benslimane. Il insiste aussi que des fouilles
soient effectuées au fameux camp PF3 où se trouve peut-être le corps
de Ben Barka. Et, pour être sûr que la justice marocaine ne se
défile pas de nouveau, prétextant ignorer les coordonnées des
témoins à interroger ou celle du PF3, le juge a élégamment précisé
les adresses de tout ce beau monde ainsi que celle du sinistre camp
dans sa commission...
Affaire à suivre...
du moins on ose espérer aussi que les collusions internationales ayant
permis d'éliminer Ben Barka seront révélées. Ce ne serait que rendre
justice à sa famille, aux Marocains et aux Africains ainsi qu'au
droit international et plus généralement au genre humain.
A ne pas
rater la semaine prochaine pour ceux qui ont le cable sur Cine
Cinéma Premier, le mardi 14.11.06 à 20h45, l'excellent film de S. Le
Péhon et S. Smihi "J'ai vu tuer Ben Barka" avec un très bon Charles Berling
incarnant le truand Georges Figon à l'âme d'artiste et une Josiane Balasko
assez convaincante en Marguerite Duras désabusée. On n'ose même pas penser
que la sortie du film en 2005 ait relancé l'enquête. Dans un pays où un
président prétend avoir été ému aux larmes après avoir vu "Indigènes" et
semble en apparence privilégier la passion émotionnelle pour régler à bon
compte les pensions des tirailleurs et de leurs familles, tout
est-il possible ? De l'impact du cinéma sur les consciences et de
l'intérêt du contrôle des médias et des productions artistiques grand
publique ?
Lire aussi chez Pressafrique (30.10.06)
:
Le 29 octobre 1965 : assassinat de Mehdi Ben Barka. Basta
!