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Selon Oxfam, la chaîne états-unienne du café Starbucks (Starbucks est
leader mondial de vente au détail de café et de boissons à base de café,
7.500 points de vente répartis dans 34 pays avec 25 millions
de clients par semaine) après avoir aidé les fermiers
éthiopiens refuse de signer un accord reconnaissant le nouveau label
éthiopien regroupant les trois cafés les plus fameux d'Ethiopie. Addis-Abeba tente
de labelliser ses trois variétés les plus connues afin que ses producteurs
soient mieux rémunérés et la chaîne américaine s'y oppose (Libération
26.10.06, Un café nommé Ethiopie). En effet afin de
commercialiser son café à un prix plus élevé et plus rentable pour les
paysans éthiopiens le gouvernement d'Ethiopie a créé un label protégé par
la propriété intellectuelle regroupant ses plus fameuses marques de café :
Sidamo, Harar, Yirgacheffe. Le
mastondote du café Starbucks, numéro un du café muffin, refuse pour
l'instant de reconnaître le nouveau label et fait tout pour torpiller les
accords qui avantageraient les paysans éthiopiens selon Oxfam. En effet si un tel accord avait lieu avec la
multinationale du café cela permettrait, selon l'ONG britanique, aux
agriculteurs éthiopiens cultivant le café d'obtenir des rentrées d'argent
d'un montant global de 88 millions d'euros.
«Sécuriser la
propriété de l'Ethiopie sur ces appellations permettrait au secteur du
café, producteurs et coopératives inclus, de gagner
plus», argumente, à Addis-Abeba, le porte-parole du ministère
des Affaires étrangères, Solomon Abebe. Autant d'argent qui reviendrait
aux 15 millions d'Ethiopiens vivant du café. Cet «or noir» représente près
de 60 % des exportations nationales, et l'Union européenne, le Japon,
l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont ses principaux clients
(Libération 26.10.06, Un café nommé Ethiopie).
Selon le gouvernement
éthiopien et Oxfam, Starbucks fait tout pour bloquer cette labellisation.
«Starbucks est intervenu par le biais de l'association nationale
américaine du café, dont il est un membre très important, auprès du Bureau
américain des marques et des brevets, ce qui a provoqué la décision de
cette organisation de refuser à l'Ethiopie sa demande sur les appellations
sidamo et harar», accuse Solomon Abebe.
Rappelons que
l'Ethiopie est classé dans les dix derniers pays à l'index de
développement des Nations unies, que 25% de la population
éthiopienne vit avec un euro par jour et 80% de la population avec
moins de 2 euros par jour, que 15 millions d'éthiopiens dépendent de la
culture du café, que 40 à 50 % des exportations éthiopiennes
sont constituées par le café (Source Oxfam).
Alors qu'attendent
les multinationales et les grandes chaînes de distribution pour
reconnaître le droit légitime des pays producteurs africains à
labeliser leurs produits manufacturés ? Alors que le
Nord a toujours protégé ses intérêts et la propriété intellectuelle
pourquoi ne pas le reconnaître aux habitants des pays du Sud ? Un deux
poids deux mesures qui ressemble à s'y méprendre à la loi du plus fort et
qui répond à une logique mercantile prédatrice insatiable
?
Oui qu'attends donc la chaîne
américaine Starbucks ?
Vous souhaitez réagir, faites comme
Pressafrique, envoyez un fax ou un mail à Starbucks avec Oxfam. cliquez ici
Source : OXFAM
03.11.06 Oxfam Calls on Starbucks to Stop
Bullying the Poor
OXFAM
27.10.07 Oxfam Responds to National Coffee Association and
Starbucks
OXFAM
26.10.06 Starbucks opposes Ethiopia's plan
to trademark speciality coffee
Dans la presse : LIBERATION 26.10.06 Un café nommé Ethiopie
THE GUARDIAN
26.10.06 The bitter taste of
hypocrisy |