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 PRESSAFRIQUE 06.11.06
Oxfam demande à l'entreprise US Starbucks d'arrêter de "brimer les pauvres" en Ethiopie

 Selon Oxfam, la chaîne états-unienne du café Starbucks (Starbucks est leader mondial de vente au détail de café et de boissons à base de café, 7.500 points de vente répartis dans 34 pays avec 25 millions de clients par semaine) après avoir aidé les fermiers éthiopiens refuse de signer un accord reconnaissant le nouveau label éthiopien regroupant les trois cafés les plus fameux d'Ethiopie. Addis-Abeba tente de labelliser ses trois variétés les plus connues afin que ses producteurs soient mieux rémunérés et la chaîne américaine s'y oppose (Libération 26.10.06, Un café nommé Ethiopie). En effet afin de commercialiser son café à un prix plus élevé et plus rentable pour les paysans éthiopiens le gouvernement d'Ethiopie a créé un label protégé par la propriété intellectuelle regroupant ses plus fameuses marques de café : Sidamo, Harar, Yirgacheffe.  Le mastondote du café Starbucks, numéro un du café muffin, refuse pour l'instant de reconnaître le nouveau label et fait tout pour torpiller les accords qui avantageraient les paysans éthiopiens selon Oxfam. En effet si un tel accord avait lieu avec la multinationale du café cela permettrait, selon l'ONG britanique, aux agriculteurs éthiopiens cultivant le café d'obtenir des rentrées d'argent d'un montant global de 88 millions d'euros.

«Sécuriser la propriété de l'Ethiopie sur ces appellations permettrait au secteur du café, producteurs et coopératives inclus, de gagner plus», argumente, à Addis-Abeba, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Solomon Abebe. Autant d'argent qui reviendrait aux 15 millions d'Ethiopiens vivant du café. Cet «or noir» représente près de 60 % des exportations nationales, et l'Union européenne, le Japon, l'Arabie Saoudite et les Etats-Unis sont ses principaux clients (Libération 26.10.06, Un café nommé Ethiopie).

Selon le gouvernement éthiopien et Oxfam, Starbucks fait tout pour bloquer cette labellisation. «Starbucks est intervenu par le biais de l'association nationale américaine du café, dont il est un membre très important, auprès du Bureau américain des marques et des brevets, ce qui a provoqué la décision de cette organisation de refuser à l'Ethiopie sa demande sur les appellations sidamo et harar», accuse Solomon Abebe.

Rappelons que l'Ethiopie est classé dans les dix derniers pays à l'index de développement des Nations unies, que 25% de la population éthiopienne vit avec un euro par jour et 80% de la population avec moins de 2 euros par jour, que 15 millions d'éthiopiens dépendent de la culture du café, que 40 à 50 % des exportations éthiopiennes sont constituées par le café (Source Oxfam).

Alors qu'attendent les multinationales et les grandes chaînes de distribution pour reconnaître le droit légitime des pays producteurs africains à labeliser leurs produits manufacturés ?  Alors que le Nord a toujours  protégé ses intérêts et la propriété intellectuelle pourquoi ne pas le reconnaître aux habitants des pays du Sud ? Un deux poids deux mesures qui ressemble à s'y méprendre à la loi du plus fort et qui répond à une logique mercantile prédatrice insatiable ? 

Oui qu'attends donc la chaîne américaine Starbucks ?


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Source :
OXFAM 03.11.06
Oxfam Calls on Starbucks to Stop Bullying the Poor

OXFAM 27.10.07
Oxfam Responds to National Coffee Association and Starbucks

OXFAM 26.10.06
Starbucks opposes Ethiopia's plan to trademark speciality coffee

Dans la presse :
LIBERATION 26.10.06
Un café nommé Ethiopie

THE GUARDIAN 26.10.06
The bitter taste of hypocrisy