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Il n'est un secret pour personne pas
même pour les journalistes désinformateurs que l'inimitié entre le
président Jacques Chirac et le président Laurent Gbagbo date d'au moins la
période de la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 menée par
les rebelles ivoiriens à partir du territoire Burkinabé terre
françafricaine s'il en est. Certains journalistes bien informés
émettent même l'idée que la Françafrique voir les autorités françaises
auraient été jusqu'à soutenir implicitement la tentative de coup d'Etat
des rebelles ivoiriens contre le président Gbagbo pour le moins très mal
élu. C'est ce qu'a laissé sous-entendre Antoine Glaser sur France Inter
dans l'émission le téléphone sonne de 19h30 à 20h00 ce vendredi
03.11.06. Selon lui des dirigeants français auraient conseillé à Gbagbo de
ne pas rentrer dans son pays dans la période se situant aux alentours
du coup d'Etat de septembre 2002 qui plus est le ministre de la
défense aurait refusé d'apporter l'aide militaire au gouvernement
loyaliste de Gbagbo. Gbagbo n'aurait pu utiliser les hélicoptères à sa
disposition et n'aurait pu disposer selon l'expression de Glaser que
de "caisses de munitions". D'autres informations vont dans ce sens et mentionnent un
soutien explicite de la Françafrique chiraquienne aux rebelles
ivoiriens à partir du territoire du néogouverneur Blaise Compaoré
(Inprecor Une guerre civile.
néocoloniale et française). Mais à ce jour en dépit des
demandes des socialistes et du parti des Verts il n'y a jamais eu de
commissions d'enquête parlementaire dans un pays où le parlement n'a qu'un
rôle croupion depuis l'avènement du Général en 1958.
Il n'est un
secret pour personne que ni les rebelles ni les forces dites loyalistes
n'ont intérêt à ce que la situation change fondamentalement. Les rebelles
vivent de la rente des diamants du sang tandis que les forces loyalistes vivent
de la rente du cacao soutirée à vil prix aux agriculteurs ivoiriens. Il
n'est un secret pour personne que la population ivoirienne paye le prix
fort de cette situation inique où ceux qui tiennent les
armes pillent le pays et où les entreprises sud-africaines,
australiennes, états-uniennes, chinoises, françaises et indiennes
font des profits faramineux. Les Etats-unis détiennent 70% du marché
ivoirien du cacao, la France a de beaux restes avec Bolloré, Bouygues and
co et la Chine avance à grand pas. Il n'est pas si sûr que la communauté
internationale dans son ensemble soit si unie pour rétablir la paix en Côte
d'Ivoire et sanctionner les criminels.
Accusée d'être le pompier
pyromane de la crise ivoirienne par de
nombreuses sources, la France est amenée à éteindre le feu que
d'aucuns lui reprochent d'avoir attisé dans une politique
typiquement gaulliste
qui semble être d'un autre âge ou
pour reprendre les termes d'Antoine Glaser sur France inter (03.11.06)
"une politique archaïque". Une politique archaïque qui ne
semble pas avoir tenu compte de l'évolution du monde, de l'effondrement du
bloc communiste et qui continue à travers ses prédateurs
françafricains une politique à la hussarde qui décrédibilise le
rayonnement de la France aux yeux du monde et lui fait perdre
sauvagement son pré-carré comme au Rwanda, en
RDC... Obligée à maintenir les beaux restes de son
pré-carré par la force militaire directe comme au Tchad ou en Centrafrique ou
indirecte comme au Congo.
On aura compris que dans cette logique
d'un autre âge la volonté de la Françafrique chiraquienne était de
contrôler la constitution ivoirienne via une résolution onusienne taillée
sur mesure par les croupiers françafricains à savoir imposer son
droit de regard et d'ingérence sur la politique ivoirienne au travers de
l'ONU. Du moins c'est ce qu'escomptait Jacques Chirac et ses sbires en
défaisant les pouvoirs du président "élu" par les Ivoiriens pour les
transférer au premir ministre nommé par l'instance onusienne, mais il
en a été autrement. Le conseil de sécurité de l'ONU a renforcé
considérablement les pouvoirs du Premier ministre qui ''doit
pouvoir prendre toutes les décisions nécessaires, en Conseil des ministres
ou en Conseil de gouvernement, par ordonnance ou décret-loi, et disposer
également de toute l'autorité nécessaire sur les Forces de défense et de
sécurité de Côte d'Ivoire''. Mais en même temps le conseil
de sécurité a amendé le projet français selon certaines
orientations imposées notamment par la Chine et les USA qui ont de très
gros intérêts en Côte d'Ivoire qui ne sont pas forcément en synergie
avec les intérêts français. En effet ces deux pays ont fait pression
pour que le président Gbagbo soit prolongé à son poste pour un an de telle
sorte que celui-ci peut se prévaloir des prérogatives de la constitution
ivoirienne contre celles imposées par l'ONU. La résolution initiale proposée par la France prévoyait la
primauté (de sa résolution) sur la constitution ivoirienne, d'une part,
et stipulait, d'autre part, que le Premier ministre pouvait nommer aux
fonctions civiles et militaires de l'Etat mais les réserves émises par la
Chine et les USA membres du Conseil de sécurité ont abouti à la
suppression de ces dispositions. Réagissant jeudi à la
résolution, dans un message radiotélévisé à la nation, le président Gbagbo
a souligné : "Au regard de notre constitution, le Premier ministre de
Côte d'Ivoire, nommé par le président de la République, par décret, ne
peut lui-même nommer par décret". Aussi bien les
rebelles que les loyalistes interprètent ce projet selon leurs intérêts.
Les rebelles se félicitent des pouvoirs élargis du premier ministre tandis
que les loyalistes se félicitent que le président Gbagbo est son dernier
mot à dire selon la constitution ivoirienne. En clair dans cette
histoire le dindon de la farce pourrrait être français : obligé de
maintenir sur place une force militaire qui aurait coûté à ce jour plus
d'un milliard d'euros sans obtenir en échange de contre-partie sur
l'évolution politique en Côte d'Ivoire. Qui plus est Gbagbo a tout intérêt
à jouer la montre car il sait que la françafrique chiraquienne qui
lui a été très hostile pourrait assez rapidement péricliter après les
prochaines élections et voir ses amis politiques revenir au pouvoir avec
le risque pour la Chiraquie de l'ouverture d'une commission d'enquête
parlementaire sur les agissements françafricains sous Chirac
en Côte d'Ivoire et d'un renforcement du pouvoir de Gbagbo. Mais omerta
médiatico-politique oblige, il n'en sera sans doute rien. L'attente des
élections présidentielles françaises risque néanmoins de se faire dans un
climat fébrile en Côte d'Ivoire.
Quant à la Côte d'ivoire et à son peuple ils s'enfoncent
chaque jour un peu plus dans la gabégie depuis septembre
2002.
PRESSAFRIQE 18.09.06 La Côte
d'Ivoire bientôt sous tutelle ?
PRESSAFRIQUE 20.02.06 Qui arme la Côte d'Ivoire?
PRESSAFRIQUE 23.01.06 L'ONU marche-t-elle dans les pas de la France en Côte d'Ivoire
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