Quarante cinq ans plus tard, le
massacre de manifestants franco-algériens en plein Paris par la police de
Maurice Papon à l'époque du Général de Gaulle n'a toujours pas été reconnu
par l'Etat français. Hormis l'initiative privée du maire de Paris, à
l'heure où il est question de donner des leçons d'humanisme et de
morale bien senties à la Turquie sur son passé criminel
génocidaire, il ne semble pas que l'Etat français ait montré le moindre
exemple en ce qui concerne les crimes contre l'humanité commis en plein
Paris ce 17 octobre 1961 et de nombreux autres crimes
coloniaux... Charité bien ordonnée commence par soi-même !
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LIBERATION 20.10.06 17 octobre 1961 : un
silence qui dérange
Cette année, la trentaine de vieux Algériens
présents aux côtés de cinq cents personnes à la quarante-cinquième
commémoration du 17 octobre 1961 y voient une symbolique
particulière. «C'était aussi un mardi», disent-ils en évoquant la
terrible journée. C'était en pleine guerre d'Algérie. En famille,
des milliers d'Algériens avaient afflué des banlieues pour
manifester pacifiquement contre le couvre-feu que leur avait imposé
le préfet de police Maurice Papon. Les forces de l'ordre avaient
ouvert le feu et matraqué avec une violence inouïe les 30 000
personnes qui avaient répondu à l'appel de l'organisation
clandestine du FLN. Bilan : de 50 à 200 morts. Tous Algériens, tous
massacrés en plein Paris ou précipités dans la Seine. Pendant des
jours, le fleuve a charrié des cadavres. Fatigués mais fidèles.
Quarante-cinq ans plus tard, la reconnaissance officielle de ce
massacre, commis par l'Etat par sa police et sa gendarmerie
interposées, se fait toujours attendre. Certes, la plaque
commémorative, déposée en 2001 par le maire de Paris Bertrand
Delanoë sur le pont Saint-Michel, à une encablure de la préfecture
de police, marqua le début de la prise en charge par la mémoire
collective française et plus seulement par des militants
parisiens ou par les enfants de l'immigration de ce pan
d'histoire longtemps occulté. Mais, depuis, les choses
piétinent...Cette année, l'amertume était palpable dans la petite
foule présente. Aucune parole officielle n'est venue alors que
l'Assemblée nationale vient de pénaliser la négation du génocide
arménien et que Jacques Chirac, visant la Turquie, affirmait-il y a
deux semaines à Erevan : «Tout pays se grandit en reconnaissant ses
erreurs et ses drames.» Du coup, nul ne comprend ici le silence de
ce même président de la République sur le «drame de 1961». «Dès lors
qu'il s'agit des Algériens et de leurs descendants, les droits de
l'homme n'existent plus sous prétexte que la reconnaissance du
massacre du 17 octobre n'est pas consensuelle. Comme si le racisme
hérité de cette période restait ancré», s'irrite Mehdi
Lallaoui... |
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SAPHIR NEWS
17.10.06 Massacres du 17 octobre 1961
: « Les politiques savaient ce qui était en train de se passer
» Interview d'Olivier LE COUR
GRAND MAISON
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| Historien,
auteur entre autres de l'ouvrage « Coloniser, exterminer », Olivier
Le Cour Grandmaison est également le président de l'association « 17
octobre 1961-17 octobre 2001 contre l'oubli ». Il revient pour nous
sur les circonstances tragiques qui ont présidé les massacres du 17
octobre 1961 dans les rues parisiennes.
Saphirnews.com : Que
s'est-il passé le soir du 17 octobre 1961 ?
Olivier Le Cour Grandmaison : Ces soirs là,
puisque les massacres perpétrés par les force de l'ordre, agissant
sous l'autorité du Préfet de police de l'époque, qui n'est autre que
Maurice Papon, se sont déroulés à la fois le 17 octobre,
c'est-à-dire le soir de la manifestation pacifique organisé par le
FLN et les jours qui ont suivis, dans un certain nombre de lieux et
notamment le Palais des sports où plusieurs milliers de manifestants
qui ont été raflés, ont continué à être soumis à ce que l'on peut
appeler aujourd'hui des traitements inhumains et dégradants, alors
même que les autorités policières et politiques savaient
pertinemment ce qui était en train de se passer.
Il faut
également rappeler, et c'est décisif, qu'il s'agit d'une
manifestation pacifique appelée par le FLN contre un couvre-feu
raciste et discriminatoire puisque ce couvre-feu ne portait en effet
que sur ceux qu'on appelait les français musulmans d'Algérie et
qu'il ne concernait pas les autres français de la métropole.
Il s'agit donc à mes yeux et aux yeux de beaucoup d'autres
historiens, d'un couvre-feu raciste applicable à une catégorie de la
population à part, et pour laquelle on pouvait mobiliser des
dispositifs juridiques d'exception et par ailleurs utiliser des
méthodes de violences extrêmes qui vont déboucher sur des
massacres... |
Lire chez Pressafrique :
PRESSAFRIQUE 21.10.05 17 octobre 1961- 17 octobre 2005 - la banalisation d'un
crime contre l'humanité par l'Etat
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