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 PRESSAFRIQUE 07.12.06
Le président de la République française soutiendrait-il l'enquête Bruguière ?

 Il n'est un secret pour personne que Jean-Louis Bruguière souhaite entrer en politique comme encarté à l'UMP. Un juge est un citoyen comme les autres qui a le droit de faire de la politique. Par contre une démocratie est sensée autoriser une certaine indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique. Selon François Soudan du journal Jeune Afrique , Jacques Chirac soutiendrait Jean-Louis Bruguière dans ses investigations et ses démarches. A un tel point que "c'est d'ailleurs en concertation avec un Jacques Chirac en fin de mandat que le juge Bruguière a fixé la date de délivrance des neuf mandats d'arrêt internationaux". On ne peut raisonnablement penser que dans une démocratie digne de ce nom la justice entre en collusion étroite de quelque manière que ce soit avec le politique. Y a-t-il une influence de l'exécutif de la Françafrique sur les instructions judiciaires et les décisions du parquet ?  Cela paraît peu probable tant cela paraît exorbitant. Enfin une chose est sûre la Françafrique a toujours une influence de premier ordre comme le sous-entend François Soudan et n'a pas disparu avec Foccart contrairement à ce que certains veulent nous faire croire ici ou là.

  JEUNE AFRIQUE/L'INTELLIGENT 27.11.06
Rwanda - L'escalade


...Ce « révisionnisme » à la sauce Bruguière satisfait, on s'en doute, les défenseurs de l'honneur de l'armée française - dont le rôle très controversé pendant et avant le génocide fait en ce moment l'objet de diverses plaintes, enquêtes et auditions publiques, tant à Kigali qu'à Paris. Comme dans l'affaire Borrel, le gouvernement français se réfugie derrière l'indépendance de la justice et le côté incontrôlable des juges d'instruction pour minimiser l'impact de ce dernier épisode. Mais autant Paris semble disposé à monter au créneau pour défendre le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh, autant nul ne paraît avoir l'intention de lever le petit doigt en faveur de Kagamé. De l'Élysée au ministère de la Défense, le président rwandais a toujours été considéré comme un ennemi irréductible de la « Françafrique » - au point de passer aujourd'hui pour l'un des rares chefs d'État amis de l'Ivoirien Laurent Gbagbo. C'est d'ailleurs en concertation avec un Jacques Chirac en fin de mandat que le juge Bruguière a fixé la date de délivrance des neuf mandats d'arrêt internationaux, lesquels devraient être transmis au secrétaire général de l'ONU afin qu'il saisisse à son tour le TPIR, qui a le pouvoir de juger un chef d'État en exercice. Alors, Kagamé-Milosevic, même destin ? Il y a très loin des désirs de Jean-Louis Bruguière à la réalité. Pour une bonne raison : on voit mal la justice internationale avaliser une enquête solitaire qui discrédite son propre et minutieux travail. Et qui tend in fine à transformer les accusés en victimes...

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